29: Aire-sur-Adour à Miramont-Sensacq

Encore un peu de canard, messieurs, dames!

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Pour un grand nombre de touristes, le département des Landes se résume à de larges rangées de pins dans un paysage horizontal près de la mer. Mais, en réalité, le département présente trois grands types de paysage assez différents: le littoral, le plateau landais et les territoires de l’Adour à l’est formés des régions de la Chalosse et du Tursan, un pays de collines essentiellement. Si le plateau landais est un sol pauvre, ne permettant guère plus que la poussée des pins, les sols limoneux et argileux du Tursan, où le parcours passe aujourd’hui, sont plus riches. Certes, ce ne sont pas des terres à blé, mais le maïs ici trouve une grande expression. Dans ces territoires, ponctués de bosquets, de chênes surtout, la densité de la population est faible, avec de nombreuses petites fermes isolées et de petits bourgs. Le canard est présent partout, le long des immenses champs de maïs. Le département des Landes est le plus gros producteur de foies de canards au monde.

Avec un léger parti pris, on dira que ce n’est pas la plus belle étape du Chemin de Compostelle, à moins que l’on ne soit un admirateur inconditionnel des champs de maïs. Mais voilà, parfois il y a des passages de transition inévitables. Il est presque couru d’avance que s’il existait des moyens de transport public en France dignes de ce nom, de nombreux pèlerins escamoteraient ici ces étapes longues et sans âme. D’ailleurs, entre Aire-sur-L’Adour et Arthez-de-Béarn, nous ne sommes passés qu’une seule fois, et loin de nous l’idée d’y repasser un jour. Ceci ne remet nullement en cause le dur travail des paysans qui habitent et travaillent dans ces contrées. Les possibilités de logement deviennent plus difficiles, à mesure que l’on se rapproche des Pyrénées. Ici, de nombreux pèlerins vont en une seule étape depuis Aire-sur-Adour à Arzacq-Arraziguet. Mais, c’est une étape de près de 35 kilomètres. Dès lors, il y a possibilité de couper la poire en deux, en faisant halte à Miramont-Sensacq, vers la moitié du parcours, ou un peu plus loin à Pimbo. Mais attention aux logements. Ils sont portion congrue.


Les dénivelés (+223 mètres/-77 mètres) sont insignifiants aujourd’hui. C’est une étape presque plate, qui ne présente aucune difficulté sur le parcours, une journée de repos en quelque sorte.

Voilà une journée sur le goudron!:

Goudron: 14.1 km

Chemins: 3.9 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-aire-sur-adour-a-miramont-sensacq-par-le-gr65-30926819/

Section 1: En passant par le lac de Brousseau.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La pente est sévère pour quitter Aire-sur-L’Adour et monter à l’église de Ste Quitterie. Mais si vous avez visité l’église la veille, vous connaissez déjà le chemin. D’ailleurs, une grande partie des gîtes est sur cet axe.
Quelle que soit l’importance de la cité, il y a quasi toujours ce passage monotone, rarement affriolant, où le parcours longe des quartiers de villas neuves, sans caractère, et leurs petits jardins, où l’urbanisme n’a jamais été le leitmotiv des constructeurs.
Le GR65 transite encore assez longuement sur les hauts du bourg, passant par un petit parc, puis quittant progressivement les derniers lotissements conséquents du haut de la cité.
Nous sommes au début de l’automne, et les tournesols, chargés de graines, commencent déjà à baisser la tête, le long des lotissements qui traînent sur le haut plateau.
Au bout de la Rue du Jardinet, les maisons s’estompent et la route se resserre. La journée va pouvoir commencer, mais cela été long pour quitter la cité.

La route descend alors dans le sous-bois de feuillus vers le lac du Brousseau. La pente est assez prononcée mais la descente est brève.

Le lac de Brousseau dessine un ruban d’eau placide, immobile entre ses berges arborées, où croissent de nombreux peupliers. Ici, il y a plus d’interdictions que de permissions.
On dit ici que c’est une réserve ornithologique où passent les colverts, les cormorans, les poules d’eau et les hérons. Les charmants volatiles aujourd’hui avaient hélas replié leurs ailes. Un charmant chemin de terre ondule alors dans le sous-bois, flânant le long de la rive, au milieu des châtaigniers chétifs, des érables, des frênes et de la charmille. Les grands chênes sont devenus plus discrets.

Section 2: Sur le goudron, à travers les champs de maïs.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La terre est rouge sur le chemin qui ondule, avec ici de nombreux chênes verts et des pins très déplumés.
Le chemin reste dans le sous-bois jusqu’à rejoindre au bout du lac une petite route goudronnée qui passe sous l’autoroute A65, l’autoroute occitane du Sud-Ouest qui relie Bordeaux à Pau. La circulation ne semble pas effrénée sur cet axe. Aucun ronflement intempestif de gros camions ne vient troubler la sérénité du lieu.
Un chemin de terre caillouteux contourne l’autoroute et remonte alors doucement vers Bégorre. Chemin faisant, un silo à grain et un de ces nombreux et terrifiants tunnels de stockage ou de gavage, voilà une partie du menu du jour!

Au sommet de la douce crête, la route pénètre alors dans l’univers du maïs, de ces bras articulés prêts à faire bénéficier les précieux grains. Il n’y a pas de hameaux ici, que de rares fermées isolées, souvent éloignées de la route.

Au sommet de la crête, d’interminables bouts droits sur le goudron défilent le long des champs de maïs. Sur la route pas un canard à l’horizon. Seuls de petits groupes de pèlerins traînent leurs semelles par ici. Les éleveurs et gaveurs sont à l’abri derrière la laideur verte de leurs tunnels.

Section 3: Sur le goudron, à travers les champs de maïs.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Il n’y a pas grand-chose à dire ou à montrer dans une telle étape. Ainsi va la vie du pèlerin, où on le fait parfois passer aussi dans des endroits plutôt insipides. Alors, près des Landes de Mouneton, le GR65 quitte le goudron pour les chemins de terre bordés d’herbes sauvages, cachant parfois la profusion des maïs. Mais il rejoint assez rapidement la route goudronnée, lorsqu’il traverse le petit ruisseau de Pélauze.
La route arrive alors au carrefour du Plantier et ses gigantesques silos à grains. Mais les canards, que les bons éleveurs disent passer tout de même plus de la moitié de leur vie active en plein air à mâchonner la bonne herbe ou à barboter dans les flaques ne sont pas au menu ici.
Désolé pour vous et pour nous, il n’y a pas grand chose à dire sur le paysage, qui ne varie pas d’un iota. Toujours le goudron et les immenses champs de maïs qui se perdent à l’infini.
Parfois un bosquet le long des champs. Ici, les chênes verts ont pris le pouvoir, et on ne trouve plus de grands chênes.

Nous sommes maintenant vers la mi-septembre. Le soja a poussé et coupe parfois la morne monotonie des champs de maïs. De rares champs de betteraves font de même.

Section 4: Toujours la même ritournelle.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Ici, on sautera allégrement quelques kilomètres de monotonie dans les maïs, de vie absente, pour gagner Lafosse où quelques fermes marquent le paysage. Il y a de l’eau et de l’herbe ici. Pourtant, les canards n’y ont pas droit. Triste destin!
Depuis Lafosse, le GR65 continue sur le goudron au milieu des maïs et des tournesols ployant sous le poids de leurs graines et penchant déjà leurs corolles dorénavant tristes vers la terre. La seule distraction est de suivre du regard la progression des autres pèlerins qui avancent sur la route. On sent qu’aujourd’hui tout le monde est pressé d’en finir.
Près du lieudit Cordonnier, un aimable propriétaire permet aux pèlerins d’étancher leur soif, même, s’il faut le dire, le parcours ici est fort reposant. Merci tout de même à ces amis du Chemin de Compostelle.

Puis soudain, révolution sur le parcours. En se rapprochant du sous-bois de Douelle, le goudron cède sa place à la terre battue.

Alors certains regards de pèlerins se ragaillardissent de fouler à nouveau la vraie terre battue, de retrouver une partie de leur âme, des arbres, dans ce bois où se dressent de nombreux fûts de châtaigniers au milieu des chênes verts.

C’est ici que le chemin traverse le gros ruisseau du Bahus.

Le chemin longe les berges du ruisseau le long des haies et des fougères et ressort du bois dans les tournesols. Toujours des chênes, parfois quelques rares frênes, et beaucoup de broussailles.

Section 5: Une halte à Miramont-Sensacq.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.


Pourtant ici, on a le sentiment que le pays change. Il y a même des vaches mangeant de l’herbe, de la vraie herbe, car dans la région les prairies sont rares.

Le chemin gagne alors le hameau de Charitole. L’occasion est donnée de pouvoir jeter un œil sur de magnifiques vieilles maisons. Ce type de construction, assez rare ici, est très présent dans le Dauphiné, en Isère. Ce sont des galets roulés jointoyés avec de la chaux.

Mais, si vous aviez imaginé avoir changé de pays, vous en êtes pour vos frais. Dès la sortie du hameau, la route repart dans les champs de maïs, avec parfois un bouquet de chênes verts qui pointe sur la colline.
Plus loin, la route cède sa place à nouveau à un chemin de terre. Mais cela ne change guère. Longue vie au maïs! Ils se dorent sur les vallonnements et se perdent dans la ligne d’horizon, et avec eux votre regard.
Le large chemin de terre monte progressivement vers Miramont-Sensacq. A l’approche du village, une direction est donnée pour un logement en dehors du chemin.
Le GR65 traverse alors une petite départementale, puis grimpe plutôt sèchement vers le village. Pour dire vrai, c’est assez pentu, quand on a passé sa journée à folâtrer à plat!
Le GR65 arrive bientôt au-dessus du village.
Au sommet de la crête, où se dresse une très belle maison de galets jointoyés, une direction est aussi donnée pour un logement en dehors du chemin. Comme, il y a si peu de possibilités de logements dans la région, vous devez retenir ces adresses, si vous voulez vous arrêter ici.
La route arrive bientôt aux abords du village. Il y a d’assez belles maisons perdues dans la nature par ici.

La route transite vers le château d’eau et le petit cimetière.
Elle passe devant l’église, avant de gagner le village un peu en dessous.
Bienvenue! Quand on vous dit que les pèlerins sont la providence de ces petits villages! L’épicière, qui tient aussi le bar tabac et la boulangerie, doit remercier le ciel tous les jours de leur passage.
De belles et cossues maisons de pierre ornent un village plein d’harmonie et se sérénité, où il vous faudra organiser vos loisirs.

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