Etape 24 : De La Romieu à Condom par le GR65

En garde, Messieurs!

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

 

Nous quittons la Lomagne pour la Ténarèze, une terre de passage qui a emprunté son nom à une des anciennes voies mythiques de la Gascogne. C’était le Chemin de César, dit aussi Ténarèze, une voie sans pont des Pyrénées à Bordeaux, entre les bassins de la Garonne et de l’Adour.

Le chemin nous conduit aujourd’hui en Ténarèze, plus particulièrement dans le Condomois, un pays peu boisé qui passe sans transition de son voisin le Lectourois. Le chemin part en direction du sud-ouest, direction les Pyrénées. C’est un paysage de petits plateaux, d’altitude moyenne et une vallée ample, ondulée autour de la rivière Baïse. Plus on va à l’Ouest, plus les vignes se développent en direction du Bas Armagnac. La Ténarèze compte 38% de la surface de vignes et des vergers du Gers. C’est le second terroir de production d’armagnac. Flocs et vins de pays n’ont pas une grande réputation. L’élevage bovin, autrefois fort répandu, est devenu très discret, pour ne pas dire absent. Mais, c’est encore, comme en Lomage voisine, une mosaïque de parcelles plus ou moins vastes, où s’épanouissent les céréales, le tournesol, les vergers et les cultures maraîchères. On y fait pousser aussi l’ail et le melon. Les meilleures terres sont dévolues au blé et au froment, les terres plus ingrates plutôt réservées à la vigne. Sur les terres les plus incultes, le plus souvent au bas des ruisseaux, se développent aussi quelques garrigues. En Ténarèze, le relief est moins élevé qu’en Lomagne. Les bosquets s’éclaircissent encore pour céder leur place pour à des paysages dénudés couverts de grandes cultures.

L

 

 

a Ténarèze est un peu la clef de voûte de l’éventail gascon. Un éventail, vous avez dit? Il n’est qu’à situer les rivières qui traversent le Gers pour le comprendre. La plupart de rivières qui naissent dans l’arrière-pays ou plus loin dans les Hautes Pyrénées traversent le Gers, pour rejoindre la Garonne plus au nord ou l’Adour à l’ouest. Nous avons déjà franchi l’Arrats près de Miradoux et le Gers près de Lectoure. Aujourd’hui, nous gagnons le bassin de la Baïse.

Les dénivelés sont très faibles (+207 mètres/-306 mètres) aujourd’hui. L’étape est courte, très courte. Mais, il en est souvent ainsi dans cette région, où les logements sont rares en dehors des bourgades principales. Du reste, Condom mérite qu’on s’y arrête. Le parcours se déroule sans grande difficulté majeure. Ce ne sont que de petites montagnes russes, d’une colline à l’autre, d’un petit vallon à l’autre, où les pentes ne dépassent que très rarement 10%, si ce n’est autour de Castelnau-sur-Auvignon. Le trajet coupe un moment le très beau lac de Bousquètara.

Dans cette étape, vous marcherez un peu plus sur les chemins que sur le goudron:

Goudron: 5.5 km

Chemins: 7.7 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-la-romieu-a-condom-par-le-gr65-30707857/

Section 1: Dans les blés et les tournesols.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: sans aucune difficulté, si ce n’est pour passer la petite bosse de Rampbuc.

Quand le pèlerin chemine d’une traite sur le Chemin de Compostelle du Puy-en-Velay jusqu’à St Jacques, il ne peut être que sujet aux variations du temps. Il n’a aucun choix. Ayant fait plusieurs fois le chemin, l’auteur de ces lignes a pu aussi faire des étapes plus courtes en choisissant des périodes de météo plus favorables. Dès lors, les étapes ne se succèdent pas forcément dans la chronologie, avec parfois des décalages. Vous aurez ainsi des images de céréales du début de mai à la mi-septembre. Mais même lorsqu’on se fie aux prévisions météorologiques, il arrive des surprises. Ici, l’auteur de ces lignes a rencontré deux fois le mauvais temps!

Le GR65 quitte La Romieu et ses chats, hélas aujourd’hui sous la pluie. Cela vous permettra de flouter le paysage, de relativiser un peu plus la réalité du Chemin.

Pour un troisième passage ici, le temps était au beau fixe, en fin de mois de juin. Sitôt la sortie du village, le GR65 s’engage sur un chemin près de la départementale D41.
Ici, le chemin passe sous les chênes et les érables, avec quelques charmes aussi. Il traverse les champs de céréales et des prairies. La plupart du blé a déjà été moissonné et il ne reste souvent plus que de l’avoine sur pied et quelques blés de printemps.
Plus loin, à une intersection, une petite route quitte la départementale. Le GR65 continue le long de la petite route entre sous-bois et campagne.
A la sortie du sous-bois, le GR65 trouve une route qu’il suit jusqu’à une simple croix au bord d’un carrefour. Nous sommes ici en pleine campagne.
Le GR65 continue sur le goudron à travers champs jusqu’à trouver une bâtisse, le Château Maridac.

Ce n’est pas Fontainebleau! Ce n’est en fait qu’une grande ferme, mais une grande et belle ferme. Dans le Gers, les maisons de pierre sont en majorité faite de moellons de calcaire, souvent dissimulés sous les enduits à la chaux qui ne laissent paraître que les belles pierres de taille des encadrements. Ici, rien de cela. Les pierres éclatent partout de leur belle nudité. La ferme est comme une grosse masse carrée sous sa toiture enveloppante. Une grande tour carrée à l’extérieur du corps des bâtiments est peut-être un ancien pigeonnier.

Après la ferme, un chemin étroit descend en pente douce dans un bosquet assez dense. Ici, les érables dépassent en nombre les chênes, ce qui est rare sur le Chemin de Compostelle.
Plus bas, le sous-bois se fait moins dense et apparaissent alors des clairières.
Ici, le GR65 rejoint une route goudronnée qui descend au fond du vallon le long des tournesols, pour traverser le Marcasson et remonter aussitôt sur le flanc d’une autre colline.
La pente est assez rude, à plus de 10%. Ici, sous les érables et les frênes, un troupeau de Blanches d’Aquitaine est accroché à la pente.
Au sommet de la montée, le GR65 passe au lieudit Rampbuc, là où il rejoint la départementale D41. En face pointe Castelnau-sur-L’Auvignon au sommet d’une autre colline.
Un large chemin de terre descend alors à travers les tournesols et le soja au fond du vallon. Au départ, la pente n’est pas très éloignée de 25%.
Sur le chemin, un gîte donativo est disponible, où on paie en fonction de ses moyens financiers.
Aujourd’hui, tout est tournesol par ici. Lors de notre dernier passage tout était céréales. Un autre pays, quoi!
Au fond du vallon, le chemin traverse le ruisseau de Mourelot, qui ne s’exprime guère.
La remontée sur l’autre versant du vallon se fait au départ de façon douce sur un large chemin d’herbe qui court dans les tournesols. Ici on a déjà récolté les blés.

Section 2: En passant chez les résistants de la dernière guerre.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: le passage à Castelnau requiert un peu de sueur, avec des pentes souvent à près de 20%, surtout en montée.

Plus haut, la pente se fait plus soutenue, entre 10% et 20%, dans le sous-bois, où ce sont toujours les chênes et les érables qui dominent le jeu.

Plus haut encore, le long du sous-bois, on retrouve les tournesols.

Au sommet de la montée, le GR65 arrive à Castelnau-sur-l’Auvignon sur la route goudronnée.

Le propret et charmant village martyr de Castelnau-sur-L’Auvignon (175 habitants), c’est une rue pavée qui a vu défiler de nombreux héros de la résistance durant la Deuxième Guerre. On peut se loger dans le village. Jadis, le GR65 ne faisait pas le détour au site de mémoire et descendait directement sous le village vers la rivière. Depuis, cela été une généreuse et bonne idée de rappeler aux pèlerins de passage certains gestes héroïques des ténébreux de la dernière guerre.

En 1942, le major britannique George Reginald Starr, dit colonel Hilaire, officier du SOE (Special Operations Serbice), installe son réseau dans le village, arme les maquisards locaux, auxquels se sont joints des guérilleros espagnols, des anciens de 1936, convaincus de continuer leur lutte contre le fascisme.

Le 21 juin 1944, au matin, une colonne allemande venue de Lectoure, encercle le village. Il y a une grande résistance, mais la poussée allemande devient irrésistible. La population du village est alors évacuée. Les derniers résistants, avant de s’enfuir, feront sauter la tour du château médiéval ce qui provoquera des pertes parmi les soldats allemands. On comptera aussi de nombreux morts et blessés chez les français et les espagnols. Par représailles, les allemands détruisirent presque entièrement le village. Aujourd’hui, le village est titulaire de la Croix de guerre 1939-1945.

En quittant le village, la pente est très marquée, parfois à près de 20% dans le sous-bois d’érables au-dessous du village jusqu’à un plan d’eau. C’est ici qu’arrive la variante du GR65 qui, depuis Marsolan, évite La Romieu.

Le chemin prend alors la direction de la Chapelle Ste Germaine sous la dense frondaison des feuillus, dont de nombreux érables et frênes, en passant le pont sur l’Auvignon, une petite rivière, disons plutôt un gros ruisseau, trouble comme tous les cours d’eau de la région.

Depuis la rivière, le chemin sort rapidement dans les clairières, au pied des champs.

Un chemin herbeux remonte alors, d’abord doucement, puis en pente soutenue dans les oléagineux. Dans le Gers, on a souvent rasé les sous-bois pour développer les cultures. Alors, il n’y a guère que près des rivières que les sous-bois persistent. La plupart du temps, on ne fait que croiser des arbres isolés, des chênes et des érables surtout.

C’est ici que la pente est la plus raide, lorsque le chemin herbeux frôle le hameau de Prevail et arrive sur une route à deux pas de la Chapelle Ste Germaine.

La Chapelle Ste Germaine, un haut lieu de quiétude et de simplicité, est blottie au fond d’un agréable parc. Les légendes sont tenaces, ici comme ailleurs. Un ermite du nom de Arnold Sans était retiré dans la région, accompagné de deux sœurs bénédictines Prima et Hermana. Lorsque Hermana fut assassinée par les Normands, elle imprima en tombant sur le rocher avec sa tête une marque qui devint lieu de pèlerinage. Après neuf passages dans ce lieu divin, les maux de tête et les coliques disparaissaient comme enchantement. Avec le temps, Sancta Hermana devint Sancta Germana, puis Sainte Germaine. Une association de bénévoles essaie de rénover le site.

Les pèlerins aiment faire un arrêt dans les chapelles et les cimetières. Il est des raisons religieuses, certes. Sont-ils nécrophages? Que nenni! Dans ce type d’endroit, le robinet d’eau fraîche est toujours à disposition pour arroser les fleurs, mais aussi les gosiers.

La route quitte la chapelle dans les vignes. Nous nous rapprochons à grands pas des vins de Gascogne et de son célèbre Armagnac.

Mais, il n’y a pas que de la vigne qui pousse ici. Dans ce délicieux et harmonieux paysage, on a aussi planté du blé, du moins cette année.

La route continue à monter en pente légère pour arriver à l’entrée du hameau de Le Baradieu, près d’un bijou de plan d’eau dissimulé sous les frênes.

Ici, de belles maisons arborent fièrement leurs moellons de pierre.

Puis, la route traverse un grand plateau, entre blés et tournesols…

… jusqu’à bifurquer sur un large chemin de terre qui descend blé vers le sous-bois. Aujourd’hui, ici, il n’y a que du tournesol et du soja, et de grands champs ensemencés d’engrais vert.

Mais voyez comme le pays change chaque année. Lors d’un de nos passages ici sous la pluie, une pèlerine descendait dans les blés, jouant au petit Chaperon Rouge, sans doute pour aller porter des galettes à sa grand-mère.

Le GR65 arrive alors au lieudit Moras, où il traverse un nouveau sous-bois…

…pour se trouver nez-à-nez avec une imposante et magnifique bâtisse de pierre qui surgit au coin du bois. Le palais de la Belle au Bois Dormant perdu dans la nature, en quelque sorte.

Ici, le GR65 reste en sous-bois, souvent dense où dominent les érables champêtres, jusqu’à trouver un ruisseau que l’on passe sur des pierres, un obstacle plus difficile à franchir par gros temps.

Section 3: Départ vers les Mousquetaires en passant par un paisible lac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le chemin sort rapidement du sous-bois pour traîner dans la lande en direction d’un lac.

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Le GR65 atteint alors le lac de Bousquètara. Le lac est tout en harmonie et paix paisible, relaxant au possible. On n’entend pas un bruit, comme au bord d’une solitude heureuse.

Cette année, l’eau n’est pas abondante, nous avions connu ce lac plus rempli. Ici, c’est le royaume de la carpe, mais le pêcheur nous dit que la prolifération des silures devient un problème sérieux ici.

Au milieu du lac, le GR65 remonte sur le goudron en entrant dans la région de Armagnac-Ténarèze.

La montée s’achève au hameau de Fromagère et de sa grande ferme, nichée sous les grands chênes. Avec un tel nom de hameau, il ne peut qu’y avoir des vaches ici. Elles étaient très discrètes, lors de notre dernier passage.

Une route goudronnée redescend du hameau, sous les chênes, les érables sycomores et les charmes, jusqu’au ruisseau de Lassos.

Qui-a-t-il de plus beau qu’un petit coin de verdure, près d’un petit étang blotti sous les grands arbres où règnent la tranquillité et la magie, pour se détendre, savourer son plaisir et laisser vagabonder son imagination?

Mais, on ne s’attarde jamais de longues heures sur le Chemin de Compostelle, car la route devant vous vous rappelle à la réalité, le long des sous-bois de feuillus et les prairies.

Peu après, la route commence à monter de manière plus soutenue vers le sommet d’une colline.

Là-haut, au sommet de la crête, sous les grands frênes sont alignés les ceps. Cela sent presque déjà les effluves d’Armagnac par ici.

La région est habitée ici, et la route descend le long de maisons d’habitation cachées derrière des haies.

Et c’est toujours dans ce même décor que la route traverse le village étendu de La Sablière. Ce n’est pas à vrai dire un village, plutôt des maisons dispersées sur les deux bords de la route. D’ici, on aperçoit déjà Condom dans la plaine.

Ici, les champs sont à nouveau très étendus des deux côtés de la route, avec des messages de convivialité à l’égard des pèlerins. Aujourd’hui, c’est du maïs, une fois précédente, c’était du blé.

La route goudronnée s’achève en cul-de-sac près d’une grande ferme.

Alors, un chemin s’en va contournant les sous-bois d’érables et de chênes au-dessus des énormes champs de tournesols et de maïs.

Condom n’est plus très loin. Un large chemin de terre y descend.

La large route de terre battue descend dans les cultures jusque  à se trouver à l’entrée d’un bois.

Ce qui est assez étonnant ici, c’est qu’un chemin descend dans les taillis, comme si on était en pleine nature, pour dire que l’on arrive à deux pas d’une cité de près de 7’000 habitants. Au bas de la descente, on aperçoit devant soi l’église St Barthélémy, aujourd’hui un musée d’art sacré.

Quelques dizaines de mètres plus bas, la cathédrale se dresse au loin derrière la végétation dense. Le chemin arrive alors aux portes de la cité.

Section 4: A Condom.

 

Le GR65 passe alors, dans le quartier de l’hôpital, traversant la Gèle, une des deux rivières qui coulent ici. La ville est située sur un lieu de confluence des deux rivières, et c’est de cette particularité qu’elle tire son nom Condomagos, un terme gaulois signifiant marché de la confluence.

Un peu plus loin le monument aux morts et la mairie se dressent sur une grande terrasse. C’est gigantesque. On se dirait dans une ville de plus d’un million d’habitants.

Le centre-ville est à deux pas, nettement plus discret. Une rue très commerçante amène sur la place de la cathédrale.

Sur la place de la cathédrale, la statue de d’Artagnan et de ses fidèles Athos, Portos et Aramis croisant le fer, est récente. Elle fut offerte en 2100 par un sculpteur russe, amoureux des mousquetaires.

L’église St Pierre est un bel édifice du XVIe siècle. C’était le siège d’un évêché aujourd’hui disparu. La nef lumineuse est particulièrement remarquable. Le tympan est aussi d’une sobriété et d’une grande majesté.

Une partie de la ville offre aussi un grand intérêt. C’est en dessous, au niveau de la Baïse. On y passe le lendemain en continuant le chemin. On peut emprunter des ruelles étroites et pittoresques pour y accéder, le long de maisons conservant leur structure de moellons de pierre.

Le Pont Barlet fut édifié au XIIIe siècle. Il fut souvent remanié en raison de sa fragilité. Une petite activité fluviale règne encore aujourd’hui au port sur la Baïse, Un autre pont coupe la rivière un peu plus loin.

Deux anciens moulins se font face par-dessus les deux berges de la Baïse. Malgré leur apparence aujourd’hui assez dissemblable, ils furent construits à la même époque au XIIIe siècle. Un des deux moulins de Barlet a gardé pratiquement intact son aspect original. Par contre, les grands moulins de Barlet ont été remaniés avec le temps.

Le cours de la rivière fut canalisé, il y a longtemps, pour assurer l’exportation de l’armagnac vers Bordeaux, une activité qui explique la grandeur et la prospérité de la ville d’autrefois. Mais, ce que peu de gens savent est que le renom de l’armagnac, on le doit en fait aux pèlerins de Compostelle. L’armagnac est aussi vieux que le pèlerinage. Les pèlerins l’utilisaient pour soigner leurs plaies, et aussi pour se remonter le moral. Ils emportaient, à l’aller comme au retour, des fioles du précieux liquide, faisant la publicité de la liqueur médicinale à travers le monde. Aujourd’hui encore, vous rencontrerez des caves dans la ville même si le centre de l’armagnac est plus bas dans le sud-ouest.

La cité est toute baignée par le pèlerinage. L’installation d’un premier hôpital pour pèlerins remonte au début du XIVème siècle, suivie un siècle plus tard de la création d’un deuxième, près de la petite église de St Jacques de la Bouqurie, à deux pas du Pont Barlet. Tous ces édifices ont maintenant disparu.

Mais, nous ne saurions quitter la cité sans mentionner la Table des Cordeliers et son bijou de restaurant, niché dans une ancienne chapelle. Cet établissement fut, il y a des décennies, une des meilleures tables de France. Puis, il y eu un déclin et le restaurant a tenté de se refaire une réputation. Lors de notre dernier passage, nous avons appris que tout était terminé ici, du moins pour le moment.

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