Etape 22: De Miradoux à Lectoure par le GR65

Une journée en Lomagne

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, nous traversons une bonne partie de la Lomagne gersoise, le territoire le plus au Nord du Gers.


La Lomagne gersoise se caractérise par de larges vallées qui ont creusé un vaste socle calcaire, avec aussi d’amples coteaux surmontés de crêtes et petits plateaux. Le paysage ressemble souvent à de grandes étendues dénudées, avec ci et là quelques affleurements calcaires blancs et quelques bosquets épars, où le chêne domine encore, que l’on appelle ici “canteros”. Les terres de Lomagne sont très fertiles, le calcaire ayant enrichi les argiles, donnant de formidables terres à blé.

Les anciennes constructions sont faites souvent de moellons, la plupart du temps dissimulées sous la chaux qui ne laissent paraître que les belles pierres de taille des encadrements de portes et de fenêtres. Les bastides, comme Lectoure, Flammarens, Miradoux ou Auvillar, semblent figées dans le temps. D’allure fortement médiévale, elles sont perchées sur des promontoires stratégiques. Tours, remparts, fossés, chemins de ronde, tout y est. Mais ces bourgs et ses villages ont nettement souffert de l’exode rural et sont aujourd’hui grandement désertés. Souvent, le tissu urbain s’est dégradé, de nombreuses maisons restent vacantes ou en ruine. Groupé autour de Lectoure, capitale historique et culturelle de la Lomagne, le Lectourois est à lui seul un concentré des paysages lomagnols.

Les dénivelés du jour (+229 mètres/-262 mètres) sont encore très faibles, d’autant que nous avons choisi de couper la longue étape que font certains pèlerins ente Auvillar et Lectoure. Car, à Lectoure, on prétend que les pèlerins arrivent ici sur les genoux, étant donné la longueur de l’étape et la dernière montée vers le bourg. L’étape du jour ne propose aucune grande difficulté de parcours. On ne dépassera guère les 200 mètres d’altitude, et seules quelques petites montées ou descentes marquent le parcours. On traverse une grande campagne parsemée ci et là de petits bosquets.

Les parcours du jours sont nettement à l’avantage des chemins, bien que ce soit parfois des chemins dessinés le long des routes:

Goudron: 3.8 km

Chemins: 11.7 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-auvillar-a-lectoure-par-le-gr65-30586915/

Section 1: : Dans la campagne de Lomagne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le GR65 quitte Miradoux depuis la place des petits commerces, près de l’église où trône l’habituelle Vierge, toute habillée de bleu et de blanc.

Il descend au bas du village le long de la route départementale.

Puis, à la sortie du village, il longe dans l’herbe la départementale, sous les jeunes érables qui ont été plantés en nombre dans la région.

Attention ici! Le chemin a été modifié. Auparavant, il suivait la route. Maintenant, il s’en va sur une petite route vers le hameau de Caouze.

Cela vous donne alors la possibilité d’admirer encore la vaste et belle campagne gersoise et le moulin qui trône sur la colline, qui ne doit pas être désœuvré par ici.

Cependant, ne vous laissez pas trop absorber par le paysage qui défile sous les allées de chênes. Il y a ici, sur votre droite, un signe très discret qui vous dit de ne pas aller plus loin. C’est souvent dans ce genre d’endroit que l’on se perd, si on n’est pas attentif.
En effet, il y a bel et bien un écriteau, indiquant le chemin sur votre droite, un chemin qui s’en va dans les champs.
Le chemin transite le long des champs de blé récoltés aujourd’hui et une haie de chênes, d’érables, de noyers et de prunelliers sauvages, jusqu’à rejoindre la route départementale. Tout ça pour ça! Mais, vous le savez bien, les organisateurs du chemin détestent voir passer les pèlerins sur les départementales.
Le GR65 redescend alors de sa petite escapade campagnarde pour gagner un carrefour de départementales, et continue le long de la départementale qui se dirige vers Castet Arrouy, sur une petite butte herbeuse, parallèle à la route.
Il va le faire, à l’ombre des frênes et des érables jusqu’à une petite réserve d’eau, avant de se décider, résolument cette fois, pour les champs.
Un large chemin monte alors dans l’herbe, à la limite des champs de céréales, sur une colline où se dresse un château d’eau.
La pente est soutenue, le long des jeunes érables champêtres que l’on a plantés, sans doute pour marquer un chemin qui est fait pour durer.
A mi-montée, vous pourrez vous mettre à l’ombre de vénérables tilleuls, don on ne sait jamais l’âge et dont on ne se lassera jamais d’en vanter la beauté.
Le chemin continue alors son ascension de la colline dans les herbes hautes des jachères.
Au sommet de la colline, l’horizon s’ouvre sur l’immensité de la campagne du Gers. Devant vos yeux se dresse un château dont vous n’avez pas fini de faire le tour, mais à distance. Il s’agit du Château de Gachepouy, un nom venant du gascon gachar, signifiant guetter, et pouy, désignant une hauteur. Ce château aurait été construit au XIVème siècle, dans un but défensif. Il passa par la suite dans de nombreuses familles, fut aménagé au cours des siècles pour être encore habité au début du XXème siècle. On l’abandonna durant la première guerre mondiale, et aujourd’hui, ce n’est plus qu’un tas de ruines, dont on récupéra les pierres avec le temps.
Ici, quelques fermes égayent la colline ronde, au milieu des blés. Le pays est si vaste et si dépeuplé, que seules quelques rares fermes s’égrènent sur le chemin. On dit ici que de nombreux paysans cultivent plus de 150 hectares de terre. Miradoux est la région la moins peuplée et la plus agricole du Gers. Mais vous serez sans doute étonné d’entendre parler anglais dans les villages. Les retraités anglais sont venus s’y installer, à bas prix, comme en général dans le Sud-Ouest.
On l’a déjà dit de nombreuses fois, les paysans bouleversent chaque année, ou presque, les paysages avec leurs cultures. Alors voici deux images d’un voyage précédent au printemps. Dans la montée aujourd’hui en jachère, c’était du blé, et ici devant le château, c’était du soja.
Un large chemin descend entre les champs de céréales et les jachères. Une retenue d’eau en contre-bas coupe la monotonie d’un paysage qui n’en finit pas de se traîner dans les champs. Les champs ondulent en souplesse, comme de vagues, caressés par la brise. Et si c’était le bonheur? Allez! La campagne est très belle et reposante ici.
La descente de la colline est longue. Au loin, avec l’habitude, on arrive presque à donner des noms à ces cultures qui se dessinent comme un patchwork de surfaces ondulées, de couleurs différentes. Le chemin contourne le château, de l’autre côté, qui reste tout seul là-haut sur la colline.
D’une haie à l’autre, d’un champ de tournesol à un champ de blé, on se rapproche peu à peu du bas de la descente, près de la retenue d’eau, dont on sait qu’ici elles servent à l’irrigation des champs.
La descente s’achève sur une petite route goudronnée qui rejoint la route départementale.
Le GR65 traverse alors l’Auroue, une petite rivière à l’eau trouble perdue dans les herbes folles.
Il s’enfonce alors dans les broussailles dans un petit chemin parallèle à la route. Si vous passez ici durant la période adéquate, vous pourrez vous gaver de prunes sauvages, assez abondantes dans la région.

Section 2: Des longueurs près de la route départementale.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté

Le chemin va encore visiter quelques champs de céréales pour arriver dans les prés à la périphérie de Castet Arrouy.
Une petite route musarde dans les quartiers périphériques, avant de pénétrer dans le village de Castet-Arrouy (180 habitants), traversé par une rue charmante.
Sur la place de l’église, charmante et accueillante, le restaurant, souvent est pris d’assaut par les pèlerins.
L’église Ste Blandine du XVIème siècle, remaniée depuis, très sombre et un peu trop chargée, porte un joli clocher octogonal.
A la sortie du village, la route croise à un carrefour une Vierge, qui elle aussi veille sur le village. Décidément, dans tous ces villages, les statues sont identiques, comme si elles avaient été confectionnées par le même auteur, toutes vêtues du même uniforme bleu et blanc, conforme.
A partir d’ici, vous allez entrer dans une partie du chemin qui ne déclenchera sans doute que peu d’enthousiasme. Vous êtes à 10 kilomètres de Lectoure, et le GR65 s’en va sur la bande herbeuse le long de la route départementale.
Ici, le jeu consiste à passer alternativement d’un côté à l’autre de la route. Dangereux de traverser la route, tu parles! Un véhicule doit passer ici tous les quarts d’heure. Le chemin, lui, est une longue artère dans les broussailles.
Rien ne se passe alors, si ce n’est de jeter un coup d’œil aux broussailles sur une longue rectiligne. Puis, soudain, un petit bois qui se tord dans les chênes et les érables, cela va changer, non?
Oui, c’est le signal que le chemin va passer de l’autre côté de la route, près d’un petit lac au lieudit Ste Marie du Gajan. Ici, les cultures paraissent moins gigantesques, et souvent quelques prairies pointent leur nez, là où la terre est sans doute moins fertile.
Rien ne change dans la monotonie du paysage, si ce n’est que maintenant les tournesols ont pris la place des broussailles dans un terrain qui paraît assez marécageux. La route s’étire dans une campagne plate comme une crêpe, où alternent les tournesols, et les champs en jachère, recouverts d’engrais vert.
Puis, soudain à l’intersection d’une route paysanne, voici un panneau qui vous incite à sortir du chemin, pour cause de danger. Il y a eu un fort orage, deux jours auparavant, et toute la région a été ravinée, avec le ruisseau du Pitrac qui a débordé à de nombreux endroits. Le message était déjà donné à Miradoux, et on conseillait de suivre la route. Avec de tels messages, certains pèlerins ont obéi aux consignes et nombreux sont ceux qui ont fait la route, depuis ici sur plus de 8 kilomètres jusqu’à Lectoure. Mais pas tous, évidemment, Certains pèlerins n’ont aucun scrupule à patauger dans la boue. Il suffi de laver ses chaussures à la fin de l’étape. Danger, il n’y a rien de dangereux. On prend souvent les pèlerins pour les enfants des écoles. Mais, au moins, ils sont avertis. D’ailleurs, les organisateurs des chemins sont vigilants, puisqu’ils ont placé ici ce panneau d’avertissement, en temps direct. Bravo pour eux!
La dernière fois que nous sommes passés par ici, c’était la pluie battante. Alors, un peu plus de boue, cela n’allait pas modifier la face de l’univers. Nous sommes tout de même sortis un moment du chemin herbeux pour transiter sur la route. Qui sait? Mais, quelques centaines de mètres plus loin, le chemin semblait parfait.
Nous avons donc, à nos risques et périls, continué sur le chemin qui quitte la route départementale. Il n’y avait d’ailleurs pas de panneau ici. Pourquoi? Vous comprenez la difficulté de signaler les chemins en temps direct. Les magnifiques et généreux volontaires, qui organisent ces chemins, ne sont pas toujours disponibles.
Le GR65 continue son petit bonhomme de chemin pour monter en pente douce, dans les érables et les chênes, au lieudit La Peyronelle. Un panneau, au bord du bosquet, raconte l’histoire de cet ancien hôpital de campagne du XIIème siècle, dont il reste quelques vestiges de maçonnerie et de colonnettes, incluses dans une grande ferme sur le coteau.
Le chemin traverse le sous-bois, puis continue dans les tournesols vers le ruisseau du Pitrac. Doit-on s’attendre au pire aujourd’hui?

Section 3: Par monts et par vaux le long du ruisseau de Pitrac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: un peu de montée, tout de même, mais rien de difficile, du moins par beau temps!

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Et du peu agréable, nous en avons avalé sur près d’un kilomètre. Non seulement, le ruisseau avait débordé dans les champs, mais l’orage avait lessivé les sols meubles. Certes, le sol boueux ne dépassait pas les chevilles, mais la difficulté était de ne pas perdre ses chaussures dans la boue collante.
Il n’était pas plus facile de marcher dans l’herbe spongieuse que sur la terre inondée des champs. Par endroits, le ruisseau, d’habitude si sage et que l’on voit à peine, formait de véritables petits lacs, utiles en tout cas pour décrotter partiellement ses chaussures devenues lourdes, comme emmitouflées par de véritables moignons de terre collante. Ce n’est pas notre habitude de nous plaindre. Nous vous montrons la plupart du temps des étapes faites par beau temps. Mais, tout le monde le sait, ce n’est pas la réalité coutumière du chemin. C’est pour cette raison que, pour une fois, nous décrivons un chemin pas toujours pavé de roses. Aujourd’hui, nous avons mis un bon quart d’heure à décrotter et à laver à grande eau nos chaussures, qui n’étaient pas sèches le lendemain.
Ici, le chemin cavalcade le long des sous-bois du ruisseau, avec des champs tout autour. La difficulté quand on marche ici dans des conditions difficiles, est qu’il n’y a pas de grosses pierres sur le chemin. Car, ces dernières sont alors très utiles, pour y déposer ses chaussures, dans des chemins qui se transforment en ruisseaux par fort temps de pluie.
Plus loin, le chemin commence à monter sur la colline. Alors dans notre malheur du jour, cela annonçait une diminution potentielle du risque d’un enlisement possible, mais peu probable.
Le chemin alors gagne un joli petit lac perdu, sous les frênes, dans les roseaux et les hautes herbes, où passe le ruisseau.

Plus haut, le chemin passe en dessous d’une très belle maison de maître, qui joue les châteaux, perchée sur la colline. Maintenant, la boue a disparu.

Peu après, le GR65 rejoint une route de terre battue, où il y a une direction pour Boué, où un gîte est disponible.
Mais, il ne suit pas longtemps la route qui devient une impasse. Aussitôt un chemin caillouteux monte dans le sous-bois où aujourd’hui on voit quelques signes dévastateurs du récent orage.
Le chemin monte alors de manière un peu plus soutenue dans les chênes, les châtaigniers et la charmille.
A la sortie du bois une large route caillouteuse monte à près de 15% de pente, aujourd’hui entre les tournesols et les blés. Ici, le chemin traverse une grande ferme maraichère. Nous sommes passés ici récemment lors d’une mauvaise épidémie, et les cultures étaient au minimum.

 

Mais, quand nous sommes passés ici dans des conditions normales, cela regorgeait de légumes et de petits fruits, notamment les fraises, les courgettes ou même les artichauts. Pourtant, le Gers est fort éloigné de la Bretagne!
Au bout de la ferme, le chemin traverse la nationale N 21, la route qui descend d’Agen et va vers le sud en passant par Lectoure, passe par le lieudit Tarissan.

Le GR65 va alors musarder à plat ou en très légère descente sur un grand plateau. D’ici vous apercevrez Lectoure et le clocher de la cathédrale tout proche. Ne vous y fiez pas, ce n’est qu’une illusion. Vous avez apprécié l’approche interminable de Lauzerte. Ici, c’est encore plus long. Il faudra encore marcher environ 5 km pour arriver à Lectoure. Il suffit d’augmenter le zoom des photos pour favoriser l’illusion d’une délivrance toute proche. Pour les pieds, il n’en va pas de même!

On se balade alors dans l’herbe, aux bords des champs et des prairies, le long de jeunes érables plantés pour marquer le chemin. Il y a même des vaches ici, que nous n’avons plus guère rencontrées depuis des jours. Le Gers n’est pas un département d’élevage.

Si vous passez dans ces régions un autre jour, vous pourriez avoir des cultures très différentes, par exemple traverser des cultures de melon charentais, une des grandes spécialités de Lectoure. S’il n’y avait pas les bâches, on pourrait se dire dans les dunes d’un désert. Ici, les melons sont cultivés en “tunnel ”ou en “chenille”, protégés sous des arceaux ou des bâches en plastique, ou de toile en tissu. D’autres sont cultivés en plein champ, selon la saison.

Section 4: A travers les grands champs de Lectoure.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours aisé avant la pente assez sévère qui mène à la citadelle.

Peu après, le chemin descend, en pente soutenue, aujourd’hui dans les blés et les camps couverts d’engrais vert, une autre année peut-être dans le tournesol et le soja. Il y a peu de maïs dans le Gers. Le maïs, c’est pour plus tard sur le chemin, mais vous en verrez jusqu’à la nausée. Patientez un peu…
Au fond du vallon, le GR65 trouve une route qui remonte, aussi en pente soutenue, dans les champs de céréales sur la colline.
La route croise des fermes et des lotissements. On se rapproche de Lectoure, que l’on voit pointer sur une colline distante. On sait alors qu’il faudra bien descendre le vallon que l’on devine pour remonter à la cité.
Ce qui est bien le cas. Aussitôt, le GR65 quitte la route pour un chemin qui descend dans un sous-bois de feuillus, où dominent encore et toujours les chênes et les érables. Ici, les noyers sauvages ont remplacé les châtaigniers.
Mais ici, ce n’est pas un sous-bois dense, ce sont plutôt des haies qui bordent les champs, où les céréales restent sur les hauteurs et les tournesols au bas.
Le chemin longe alors les haies, où on peut mesurer l’intensité de l’orage récent, à voir les feuilles hachées sur le chemin.
Au bout du chemin de terre, le GR65 rejoint une petite route goudronnée qui descend vers le fond du vallon.

Ici, le chemin, friand de ces détours inutiles, vous emmène visiter à nouveau le sous-bois, pour rejoindre, une centaine de mètres plus loin, la route. Vous pouvez continuer à l’aise sur la route. D’ici, vous avez devant vous Lectoure, qui se rapproche de plus en plus. On va finir par y arriver.

Au fond du vallon, la route passe à La Mouline de Belin, où on trouve à se loger. Ici nous sommes sous la ville de Lectoure. On a beau lever le regard, les murailles de la cité au-dessus restent encore invisibles.
Ici, aussi on a dessiné un chemin inutile dan l’herbe au-dessus de la demeure pour ne pas laisser les randonneurs passer sur la route. Mai, ici, il n’y a aucune circulation. Vous pouvez rester sur la route. D’ailleurs le GR65 ne tarde pas, à contrecœur, de rejoindre aussitôt la petite route. Et la route monte ici, à près de 15% de pente. La côte est sévère, heureusement pas très longue. A Lectoure, on prétend souvent que les pèlerins qui viennent d’Auvillar en une étape, à plus de 32 kilomètres d’ici, y arrivent sur les genoux.
La délivrance, c’est un petit banc à côté d’un magnifique cimetière qui se perd en descendant de la colline.

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Lectoure est juste au-dessus du cimetière, derrière ses murailles. Lectoure est alors à vous.
La cité de Lectoure (3’700 habitants) est traversée de part en part par la Route Nationale, ancienne rue royale et impériale, où on note de ci et de là de beaux hôtels particuliers datant du XVII-XVIIème siècle. La ville est entourée de remparts, mais les portes d’accès ont toutes disparu aujourd’hui. Ici, la ville semble plus animée que celle que l’on a visitées ces derniers jours.
De la Rue Nationale partent de petites ruelles sombres qui vont jusqu’aux remparts tout autour de la ville.
La cathédrale St Gervais et St Protais a une longue histoire. La nef romane a été remaniée avec le temps jusqu’à épouser le gothique flamboyant. La tour octogonale, rabotée avec le temps à la Révolution, ne porte hélas plus de clocher. L’église conserve les reliques de St Clair d’Aquitaine, évêque d’Albi et de Lectoure.
Notons encore dans cette belle cité la Tour du Bourreau du XIVème siècle, la seule tour conservée de l’origine, et le Carmel qui abrite encore quelques religieuses carmélites. Il y a encore quelques merveilles en descendant des murailles, que nous visiterons dans la prochaine étape.

Gastronomie locale

Oui, nous sommes dans le Gers, donc dans le Sud-Ouest. Le réseau du Gers comprend une grande trentaine d’exploitations où on produit des volailles, des oies et des canards, notamment les foies gras. Ce sont tout de même plus de 500’000 volatiles qui passent à la casserole chaque année, soit 1’300 par jour! Bon appétit! Alors, du canard, vous allez en manger, c’est évident. C’est la nourriture de base du Sud-Ouest. En aiguillettes, en foie gras, en salades de gésier, avec le cassoulet, en confit la plupart du temps.

Mais, à Lectoure, en saison, n’oubliez pas de déguster le melon. Pour de nombreux connaisseurs, il est plus fin, plus sucré que le melon de Cavaillon, qu’on le mange nature ou accompagné d’un trait de floc, une liqueur produite à partir de l’Armagnac voisin.  Une autre grande spécialité locale est l’ail blanc. Alors forcément, allons-y gaiment pour un foie gras sauté à l’ail de Limogne.

Logements