Etape 20b: De Moissac à Auvillar par la variante du GR65

Le long des canaux de la Garonne par la voie des touristes

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, il y a deux façons de rejoindre Auvillar. Les pèlerins, en grande majorité se disent qu’il est grand temps de faire une journée calme, pour soulager un peu leurs articulations meurtries. Alors, ils se passeront à l’aise d’aller voir si le Tarn et la Garonne sont de plus beaux fleuves du sommet des collines. Ils ont lu leur carnet de route, et constaté qu’il n’y a pas un mètre de dénivelé important pour aller jusqu’au pied d’Auvillar si on suit la variante du canal.


Sur la variante du canal, les dénivelés (+86mètres/-50 mètres) sont en effet inexistants. Il n’y a que la montée sur Auvillar, mais elle est brève. Le bonheur total, quoi!

Tout dépend de ce qu’on appelle goudron. Le chemin au bord du canal, ce n’est que de l’asphalte, mais il n’y a aucune circulation de véhicules. Ce n’est qu’à partir de Pommevic, que vous marcherez sur la route:

Goudron: 19.3 km

Chemins: 0 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-moissac-a-auvillar-par-la-variante-du-gr65-54803443/

Section 1: Une belle balade sur le canal des Deux Mers jusqu’à L’Espagnette.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: sans difficulté, avant la montée sur La Roquette.

Ce matin, il ne fait pas un temps éclatant sur Moissac, et la place près de l’abbaye est vide. Nous sommes en début juillet, plus tôt dans la saison que la dernière fois où nous sommes passés par ici au début de l’automne.

Le GR65 quitte Moissac près de la gare et rapidement rejoint le Canal des Deux Mers.

Le GR65 entre alors sur le véloroute des Deux Mers, qu’il va suivre pendant de nombreux kilomètres sous les grands arbres. L’eau est presque toujours verdâtre dans le canal.

Le canal s’étire comme un long ruban, le long des majestueux arbres. On a coutume de dire qu’il n’y a que des platanes le long du canal. Ce n’est pas vrai. Certes, ils sont présents en nombre, mais on peut aussi trouver, quelques grands érables sycomores, qui s’étirent vers le ciel, torturés et silencieux, façonnés par le temps et les vents. Faites attention tout de même. Les feuilles des érables et des platanes se ressemblent étrangement. Seuls les fruits sont très différents. On trouve aussi parfois de grands frênes.

Ce matin, la vie est calme le long du canal. Seuls des promeneurs de chiens et des joggeurs défilent. Il y a plus d’activité par contre sur la départementale, signe des déplacements des gens vers leur lieu de travail en ville.

On ne voit que rarement le Tarn qui coule parallèle, à gauche du chemin. De l’autre côté du canal défilent les voitures le long de la voie de chemin de fer.

A gauche du canal, se succèdent les champs de tournesol. Ici le chemin passe à une certaine distance du Tarn.
Plus loin on a planté des arbres fruitiers au devant d’une armée de peupliers.
Au bout d’une douce balade le long du canal, le chemin arrive au pont-écluse de l’Espagnette. C’est l’écluse No26. On numérote les écluses et les distances sur le Canal des Deux Mers.
C’est l’écluse du choix. Par le GR65, le trajet est de 18 kilomètres, sur la variante de 16 kilomètres pour rejoindre Auvillar. Mais, ce n’est pas la différence de kilomètres qui est l’objet ici, c’est le parcours. Sur le GR65, le parcours est assez sportif. Sur la variante, il suffit de suivre le canal. C’est ici qu’aujourd’hui nous suivrons le chemin. L’autre parcours a été traité dans l’étape annexe.
Sur la variante, c’est toujours la Chemin de la Pointe que l’on suit. D’ici, il faudra marcher près de 6 kilomètres pour rejoindre le GR65 à Malause.
Et toujours ces majestueux platanes, alignés comme des pions sur un jeu de dames. Sur le bas-côté, les prairies et les champs de tournesol se partagent le pays.
Aujourd’hui, aucun bateau de croisière ne vient troubler l’eau verdâtre du canal, qui bouge à peine, à se demander même parfois si l’eau coule et dans quelle direction. Le silence est si présent que l’on entend sans peine les roues des bicyclettes qui arrivent derrière vous. Pas besoin de klaxonner, le pèlerin se range de lui-même.

Section 2: La balade sur le canal se prolonge.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Rares sont les gens qui vivent sur la rive gauche du canal. Seule la rive droite, où passe la départementale, est habitée, et encore de manière minimale.
Ici, il n’est que de garder les pieds sur la terre et le regard vissé vers les silhouettes droites des arbres, comme fondues dans un paysage où le vert des feuilles épouse l’eau du canal.
Vous pourriez vous imaginer que ce paradis de rêve n’appartient qu’aux promeneurs et aux cyclistes du dimanche. Que nenni! L’EDF, la compagnie d’électricité, ne tient pas à ce qu’on vienne marcher sur ses plates-bandes. Une centrale nucléaire est présente à deux pas d’ici.
Ce n’est pas que la monotonie de cette longue balade sur le canal puisse déranger la rêverie, mais le cerveau apprécie les changements. Que voulez-vous, il est construit ainsi. Alors, il apercevra peut-être une présence humaine sur la rive opposée.

Le paysage est rarement laid sur le chemin. Mais, il est des moments d’exception, où tout se fond dans l’harmonie, les arbres, l’eau et le ciel.

Puis, on aperçoit devant soi une barre métallique qui barre le canal. En se rapprochant on voit grandir un pont.

Le pont mène à la base de loisirs de St Nicolas de la Grave, et de là à l’intérieur des terres.

Mais, c’est aussi du pont, que vous pouvez assister aux épousailles des deux rivières, l’eau de la Garonne remontant assez loin dans le Tarn. C’est si vaste que l’on ne sait plus qui est qui, mais peu importe. C’est juste magique. Ce que l’on sait, c’est que le Tarn est maintenant bien mort et que nous longerons dorénavant la Garonne. Les gros mangent presque toujours les plus petits.
Maintenant, c’est comme si le Tarn-et-Garonne s’était enfin réveillé, le train passe à grande vitesse de l’autre côté du canal.
Et le canal continue de distiller sa magnificence. De l’autre côté des arbres coule impassible la Garonne que l’on ne voit jamais et dont on ne perçoit aucun murmure.
Les joggeurs ne sont pas très nombreux sur le chemin. C’est un jour de semaine. Pour eux, il n’y a pas de circuit ici. Ils doivent revenir par le même chemin, ou alors prendre l’omnibus à Malause.
Sur la gauche du chemin, il y a bien la Garonne qui coule. Mais c’est à peine si l’EDF vous a laissé un droit de regard pour vous permettre de vérifier que le fleuve n’a pas disparu derrière les frênes qui osent parfois prendre la place des platanes.
Plus loin, le chemin arrive au Pont-écluse du Petit Bézy. Ne croyez pas que l’on ne gère pas le canal, même si vous aurez le sentiment que personne ne passe ici. Cela doit dépendre des jours et des saisons. Lors de notre passage, un employé de la voirie débarrassait les feuillages pris dans l’engrenage de l’écluse.

Section 3: Jusqu’au bout du canal pour aujourd’hui.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

.

Ici, les champs paraissent un peu plus diversifiés le long du canal, avec des céréales.
Parfois, les platanes sont si majestueux que ce serait un grand malheur que ces géants multi centenaires disparaissent du pays comme leurs frères plus bas sur le Canal du Midi, infectés par un mauvais champignon, dont le seul remède est la tronçonneuse.
Ici, les trains circulent. Ce n’est pas comme dans le centre de la France sinistré où on parfois conservé de vieux rails rouillés pour se donner l’illusion qu’un jour on pourrait faire repasser le train.
Plus loin, un pont apparaît dans le lointain. Ici, l’EDF na pas mis de panneau d’interdiction. On peut donc mesurer la largeur de la Garonne, mais il n’y a pas d’accès à la rivière.
Bientôt, le chemin arrive près des accès de pêche, près du Pont de Malause sur la rivière.
Maintenant, nous nous approchons assez rapidement de Malause. Et pour notre bonheur, le beau temps qui s’annonce promet une meilleure lumière pour la suite du voyage.
Le chemin arrive alors au pont-écluse de Malause, un premier pont qui permet de rejoindre le village.
Alors, momentanément, le GR65 change de registre, abandonne le ruban d’asphalte et passe dans l’herbe près du canal, dans une partie du village qui s’est développée ici près du canal.
Mais, le gros du village est sur l’autre rive, au-delà de la voie de chemin de fer.
Au bout du lotissement, le chemin arrive au Pont Palor. C’est ici que la variante rejoint le GR65 qui redescend des hauteurs.
Alors, le chemin reprend ses droits, sur la bande d’asphalte, sous les grands platanes. Ici, les péniches sont alignées les unes derrière les autres. Elles ont augmenté en nombre depuis notre dernier passage. Est-ce parce qu’elles se déplacent sur le canal ou est-ce la crise qui offre des demeures meilleur marché?
Le spectacle reste toujours aussi ébouriffant, sur ces rectilignes sans fin, sous ces énorme platanes qui projettent leur ombre dans l’eau verdâtre du canal.
Des deux côtés du canal, l’activité est agricole, mais vous ne voyez jamais de bétail gambader dans les prés.

Section 4: Encore quelques pas sur le Canal des Deux Mers.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Le chemin se rapproche d’un pont sur le canal. Ici, un pêcheur vient poser ses lignes. On pêche la carpe, la brème, le gardon, la perche, et le poisson-chat. Ce dernier, avec ses moustaches, le poisson fétiche des tables asiatiques, est arrivé en France à la fin du XIXème siècle. Il est maintenant très commun dans les rivières. Nuisible, mais comestible, Il fait partie de la même famille que les silures, ces énormes et hideux poissons, la peste des rivières.

Le chemin atteint alors dans ce décor de rêve le Pont du Capitaine.

Le chemin appartient aux promeneurs, aux cyclistes et aux pèlerins. La seule chose qui les distingue est le poids du sac sur le dos. Les joggeurs et les cyclistes filent. Le pèlerin, lui prend son temps, musarde, le nez en l’air.
Peu après, une écluse s’annonce sur le chemin. Même si, à première vue, la région paraît plate comme un sou neuf, il y a tout de même quelques accidents de terrain qui nécessitent la présence de ces installations.
C’est l’écluse No28, l’écluse du Braguel, la dernière que l’on rencontrera aujourd’hui sur le chemin.
Profitez encore un peu de ce décor somptueux, car le chemin va bientôt quitter la magie du canal.
Le chemin arrive alors au dernier pont, le Pont de Pommevic. Nous aurions bien continué plus loin dans ce décor si gracieux, ce calme si incomparable. Le GR65 va faire ici un léger crochet à Pommevic, en franchissant le pont sur le canal.
Le village est à deux pas du canal, sur la grande départementale, avec ci et là ces demeures si caractéristiques de la région, des maisons de calcaire blanc et rose, avec des briques imbriquées, noyées dans la chaux.
Il y a tout près un lavoir d’un autre âge. Aujourd’hui, sur la terrasse du café, l’activité est plus débordante que lors de notre denier passage.
La route traverse alors le village sur la départementale jusqu’à un carrefour, à la sortie du village. Aujourd’hui, nous n’irons pas dans le centre du village, qui n’offre pas un grand intérêt, on le dira ainsi sans être trop disgracieux pour les locaux qui habitent ici.
Depuis le carrefour, le GR65 s’en va sur la départementale qui mène à Auvillar. Il traverse successivement le Canal latéral de la Garonne, puis le canal de Golfech, une dérivation de la Garonne qui va à la centrale nucléaire. Ici, la Garonne à bifurqué dans la plaine. On la retrouvera à Auvillar.

Devant vous apparaissent alors les monstrueuses tours de la centrale nucléaire de Golfech. Monstrueuses, ce n’est pas peu dire. Ce site à deux réacteurs nucléaires, possède les tours de réfrigération les plus hautes d’Europe, culminant à 170 mètres de hauteur. Dans tout le pays, dès que l’on monte au sommet d’une colline, on ne voit que ces deux énormes verrues et leur chapelet de vapeur d’eau défigurant le paysage. Elles sont tout autant terrifiantes par beau temps, comme par temps plus maussade, comme lors d’un de nos derniers passages dans la région.

Jusqu’à Espalais, ce n’est pas la joie pour les marcheurs. Il n’y a qu’à suivre à plat une petite route goudronnée en pleine campagne sur de nombreux kilomètres.
Aujourd’hui, c’est le tournesol et le maïs qui couvrent les champs. Une autre fois, ce sera peut-être du blé.
Un peu plus loin, les organisateurs du chemin ont dessiné quelques centaines de mètres un chemin dans l’herbe, sans doute pour nous permettre de frôler un petit lac. De nombreux lacs et étangs parsèment la plaine, bien arrosée ici.
Mais, vous ne ferez pas de vieux os ici. Il n’y a pas de place pour le pique-nique ni pour aller tremper ses pieds dans l’eau, et le GR65 retrouve aussitôt le goudron.

Section 5: Sur la morne plaine de la Garonne avant d’arriver à Auvillar.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: sans difficulté, si ce n’est la rampe vers le bourg.

Dans cette large plaine qui se traîne au milieu des oléagineux et des céréales, le maraichage est aussi une partie importante du travail agricole. Mais, les pèlerins ne s’attardent pas pour admirer le paysage.
La route se rapproche progressivement de Espalais. Là-haut, devant vous, sur la colline pointe Auvillar, au-dessus de la morne plaine. Espalais est attendu un peu comme une sorte de délivrance.
A l’entrée du village, vous pouvez faire halte ou séjourner au Par’Chemin, un des plus beaux gîtes “donativo”, si ce n’est le plus magnifique, sur le Chemin de Compostelle. Ici, vous payez tout selon votre bourse. L’accueil et l’ambiance sont hors du commun.
A Espalais, ni une feuille ni un papier ne traînent. On pourrait manger sur la chaussée. Il est fort à parier que l’EDF, pour se faire pardonner, donne ici de précieux subsides. De nombreux employés de la centrale nucléaire doivent habiter ici. L’usine occupe un millier d’employés. L’église St Orens est relativement récente. De nombreux pèlerins s’arrêtent dans le petit parc attenant à l’église. Puissent la Vierge et le Christ protéger la population d’ici d’un hypothétique problème nucléaire!
A la sortie du village, le GR65 se dirige vers le pont sur la Garonne.
Auvillar est juste de l’autre côté du pont, sur la hauteur du fleuve. Du pont, la vue est imprenable sur la centrale de Golfech. La vapeur d’eau de la centrale monte dans le firmament azur comme une prière vers le Ciel.
Le chemin arrive au bas du bourg d’Auvillar, près du port, passe près de l’ancienne chapelle Ste Catherine du Port. L’origine du port d’Auvillar remonte très loin dans le temps, dès que l’on savait organiser des transports sur les fleuves. Ici, on fait remonter la présence d’un péage avant le XIIème siècle, et les bateliers y étaient nombreux. Les auberges devaient aussi y fleurir car le péage était obligatoire.
Au Moyen-âge, les bateliers avaient construit dans toutes les cités de péage des chapelles dédiées à Ste Catherine, patronne des gens de la rivière et des philosophes. L’église ici remonte presque certainement à l’époque carolingienne, donc bien avant le Xème siècle. Bien que les dates soient floues pour cet édifice, elle fut partiellement reconstruite au XIVème sur les ordres du Pape Clément V.
Il n’en demeure pas moins qu’avec l’état des murs, elle ne date pas du siècle dernier. Elle porte cependant l’empreinte des constructions en briques de la région. Un fait curieux à noter: la présence de l’allée de la villa qui jouxte l’édifice, curieux et anachronique, non?
Comme pour la chapelle, on retrouve près du port de nombreuses maisons avec l’architecture en briques de la région mais les pèlerins n’en ont cure. Ils sont arrivés pour aujourd’hui à bon port.
La montée au centre de la cité est très sévère ici, mais c’est le seul effort de la journée.
Sur la route, vous croiserez un très beau site, comme accroché à la muraille. C’est un vieux lavoir, qui a été restauré en partie, il y a quelques années.
Au sommet de la rude montée, la route passe sous la magnifique bâtisse du gîte communal, et par des ruelles étroites et pavées arrive au centre du bourg le long de hauts murs et de maisons d’un autre âge, dont les couleurs hésitent entre le jaune, le rose, le blanc et l’ocre.
Auvillar (1 millier d’habitants) fait partie de la catégorie des plus beaux villages de France. Et avec raison, car il y a de nombreux villages qui ont aussi droit à l’appellation, mais qui ne présentent pas l’unité globale et le charme de ce dernier. Au milieu de la place centrale pavée trône une magnifique halle circulaire datant de1825, un vrai bijou, sans doute la plus belle halle de la région du sud-ouest qui en compte de nombreuses. L’harmonie règne en maître ici.

Tout autour de la place sont rangées les belles maisons de briques et de chaux sous les arcades, qui remontent à des siècles, même si elles ne sont pas nées dans le haut Moyen-âge.
En face de la halle, se dresse la belle Tour de l’Horloge, porte monumentale datant du XVIIIème siècle, qui marque l’entrée de la vieille ville. Dans une ruelle adjacente, un petit musée présente une collection de faïences, qui a fait la réputation du lieu aux XVIIIème et XIXème siècles. Des bateaux partaient du port pour livrer la précieuse vaisselle.

Et que dire de plus que de célébrer la majesté de l’hôtel de l’Horloge qui jouxte la tour?

L’église Saint-Pierre, un ancien prieuré bénédictin du XIIème siècle, restaurée plus tard, est un mélange d’art roman et gothique. Ici, les architectes ont respecté les additions de briques rouges si présentes dans la région. L’église est belle et assez lumineuse.

Il ne vous reste qu’à flâner dans les ruelles et aller jeter un coup d’œil à la Garonne qui file dans la plaine vers Bordeaux et la Gironde, et que vous ne reverrez plus pour la suite du chemin.

Logements