15: Limogne-en-Quercy à Vaylats

La sérénité et l’hospitalité d’un couvent niché au milieu du causse

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

L’étape du jour se passe toujours dans le causse de Limogne, dans le Parc naturel régional des Causses du Quercy. On voyage encore sous les chênes serrés près des murets de pierre sèche au bord des chemins. Parfois les chemins deviennent plus pierreux qu’auparavant, comme si on changeait progressivement de géologie des sols. On appelle ici “grèzes ou castines”, ces éboulis calcaires qui encombrent les fonds de vallons.
Le parcours file toujours vers le Sud du département du Lot. Demain, nous arriverons à Cahors.

 

Ici, encore que la majesté du causse, et juste un gros village, Varaire, sur le chemin qui mérite un petit détour de moins de 300 mètres hors du GR. L’étape se termine chez les sœurs à Vaylats. Cependant, de nombreux pèlerins ne passent pas par Vaylats et s’arrêtent à Bach pour continuer directement sur le GR65. On ne saurait qu’encourager le détour par Vaylats pour le charme, la sérénité et la convivialité des gens qui gèrent le couvent des sœurs à la retraite. Cependant, de nombreux pèlerins ne passent pas par Vaylats et s’arrêtent à Bach pour continuer directement sur le GR65. On ne saurait qu’encourager le détour par Vaylats pour le charme, la sérénité et la convivialité des gens qui gèrent le couvent des sœurs à la retraite. Habituellement, les pèlerins sont au rendez-vous ici, comme ils le sont à Conques chez les Prémontrés.

Les dénivelés (+149 mètres/-146 mètres) sont aujourd’hui insignifiants. Ce n’est que de la balade, une journée de repos en quelque sorte.

Voici une belle étape où les chemins prennent nettement l’avantage sur l’asphalte:

Goudron: 4.2 km

Chemins: 12.0 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-cajarc-a-limogne-en-quercy-par-le-gr65-30151400

Section 1: Dans les sous-bois de chênes.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Pour sortir de Limogne-en-Quercy, le GR65 gagne la périphérie sur les hauts du village.

La route gagne le lieudit Bel-Air, près d’une croix.
Là, le GR65 va suivre le Chemin du Joncas, le Chemin des Dolmens, en sous-bois.
En Limogne, l’architecture vernaculaire de pierre sèche se remarque partout: dans les champs, dans les enclos, sur les murets au bord des chemins, sur cette belle “gariotte” dissimulée au coin du bois.Dans la région de Cahors, on dit plutôt “gariotte” que“caselle”.
Le chemin est magnifique, très caillouteux, à plat ou en très légère descente. Les chemins de muletiers se ressemblent tous. Ce sont des cailloux en abondance qui maltraitent les pieds. Et de petits chênes tout autour. Le chemin trouve alors une bifurcation pour le dolmen du Joncas.

De nombreux signes du passé surgissent de temps encore plus reculés. Le dolmen de Joncas est un peu à l’écart du chemin. Il règne toujours une ambiance atemporelle autour de ces grandes tables de pierre qui cachent toujours de nombreux secrets et autant de légendes. Certains ne verront ici qu’un endroit très ombragé pour le pique-nique. Rêver, ou manger, ou faire les deux, à votre choix.

De retour sur le GR65, le spectacle est toujours au rendez-vous. Depuis deux jours, vous êtes devenu le spectateur éphémère d’une nature immuable, éternelle. Il y règne toujours une atmosphère de “bout du monde”, là où le silence est le maître mot, et qu’on n’entend que le bruit de ses pas crissant sur les cailloux, là où on se sent libre au milieu des chênes qui donnent le tournis. Certains pèlerins tentent de rivaliser avec la nature en créant des cairns, d’éphémères statues, si chargées de symboles.

 

Parfois, le pays s’ouvre un peu sur des prés. Il n’y a aucune culture dans cette terre ingrate, aride, sèche. Parfois, les murs s’élèvent un peu plus, comme s’il y avait quelque chose à protéger par ici.
Peu près, la forêt s’ouvre, et le GR65 rejoint la route près de Ferrières Bas.
Il y a un embryon de vie ici, dans une ferme, où les lapins ont déserté le clapier.
Pour les admirateurs d’Obélix, d’autres dolmens gisent sur le causse. Parfois, on les indique. Les signes religieux, de quelque religion que ce soit, sont toujours là pour signer le chemin. La croix ici s’est patinée avec le temps. On est allé chercher loin dans ce pays de calcaires, du granite pour rendre les croix plus pérennes, éternelles.
La route hésite alors à nouveau entre la forêt, les prés et les collines touffues. A la lisière du bois, dans une combe herbeuse, quelques Aubrac paisibles broutent l’herbe sèche. Il n’y a pour ainsi dire que des Aubrac dans les causses.

Un peu à l’écart, un taureau massif, à l’œil sévère lorgne du côté de ses compagnes. La race ne représente pas les plus élégants spécimens mâles de France.

Plus loin, le GR65 quitte la route pour un chemin de terre. Ici, les rares champs cultivés ne sont pas plantés de blé, mais d’orge, d’avoine et de triticale. Le triticale est un hybride de blé et de seigle, utilisé comme plante fourragère.
Le chemin ici repart dans des sous-bois plus épars, avec de nombreux frênes et des cornouillers, le long des haies de ronces.

Section 2: Dans les sous-bois jusqu’à Varaire.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Dans cet univers de lande et de sécheresse, ce sont toujours les mêmes arbres que l’on croise, ceux des causses. Le chêne reste l’arbre dominant, le roi extrêmement puissant. Mais, l’érable champêtre et l’érable de Montpellier y font aussi leur place, ainsi que le frêne quand le pays s’ouvre un peu. Les charmes et les châtaigniers sont rares dans la région, si ce n’est parfois un peu de charmille le long des haies.

Puis, miracle! Un petit plan d’eau, dont on ne sait si c’est un ancien lavoir, une fontaine avec source, ou simplement de l’eau croupie. Mais, c’est de l’eau,oui.

Et les murs de pierre sèche défilent à nouveau, les uns après les autres. Dans cette magnifique ruine uniforme, qui tient encore debout, peut-être une grange, un peu plus grande qu’une “gariotte” ordinaire, même le toit est fait de pierres de calcaire gris.

Sur de minimes oscillations du terrain, file toujours le chemin de terre ocre et caillouteux, entouré de magnifiques murets couverts de mousse. Longtemps, la marche a été injustement associée aux vagabonds, aux va-nu-pieds. Après des siècles de négation, la marche s’est offerte une renaissance. Tous les randonneurs ne vont pas à Santiago. Il n’est que de voir les visages réjouis des marcheurs qui rêvassent ici, dans ces paysages d’exception, pour beaucoup d’entre eux, pour le simple plaisir de mettre un pied devant l’autre et de recommencer.

Parfois, les chênes se tordent, poussent souvent de travers pour trouver un peu de lumière, et les futaies imposent des pénombres de silence. Ici, la “gariotte” n’a su résister aux affres du temps.

A la sortie de la forêt, la grande ferme de Pech Canot jalonne le chemin.

Ici, la compagnie d’électricité du Lot, prend le pari du développement durable.Bravo

Alors, le GR65 va suivre quelques instants une petite route goudronnée. Ici, ce ne sont que de petites routes à l’usage des paysans. En dehors des grands axes, vous ne rencontrerez que rarement un véhicule.

A quelques encablures de là, le GR65 quitte la route pour retrouver un large chemin de terre battue.

Et rien ne change, le long de cette grande avenue. Rien de superflu par ici, n’écouter que le silence des arbres, voilà le programme.

Plus loin, après quelques maigres champs de céréales, le chemin retourne vers un sous-bois plus fourni.

Tout s’orchestre alors à nouveau dans l’harmonie sereine et calme de la forêt paisible, dans la symphonie de couleurs que la lumière jette sur les chênes aux branches noueuses, ou sur la mousse fanée des murets de pierre.

Qu’ajouter de plus à cette petite merveille que les anciens ont érigée de la profondeur de leur âme?

La forêt reste un des derniers bastions de liberté à ne pas toucher. Le silence et la solitude pour l’instant ne se vendent pas. Sait-on si un jour on devra les payer à prix d’or?

Puis, le GR65 retrouve une petite route goudronnée.

Ici, nous sommes à 1 kilomètre de Varaire et le GR65 suit la route qui y mène.

La route monte un peu dans la campagne jusqu’au village.

Section 3: Un petit détour, si vous voulez visiter les phosphatières.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

En montant, on aperçoit le clocher du village, et la route atteint le carrefour des Ecoutilles.

Le GR65 frôle Varaire (311 habitants), mais ne s’y arrête pas. Faites le détour. Le bourg le mérite. On peut se loger à Varaire, où on trouve aussi à se restaurer, ce qui mérite d’être signalé, car ce type d’infrastructure n’est pas abondant sur l’étape.

Au cœur du village repose un divin “lavoir à papillons”, dans lequel les canards barbotent dans l’eau verdâtre. C’était le vivier des Cardaillac, une célèbre famille tentaculaire, qui a essaimé dans de nombreux endroits des causses. Ici à Varaire, il y avait autrefois un hôpital joint à une église, connu sous le nom de St Jacques de Peyronèse, qui accueillait les pèlerins, au bord d’une ancienne voie romaine, appelée ici “Cami Gasco”, celle qui précède le “Cami Ferrat”, après Bach. L’histoire relève aussi que deux auberges recevaient les voyageurs au Moyen-âge.

L’église St Barthélemy, du XVème siècle, agrandie au XIXème siècle, est très lumineuse, dans ses calcaires gris et roses. On a ici d’assez belles statues de saints.

Certains pèlerins seront surpris par le côté kitch de la Vierge qui repose dans une alcôve près de l’église. Serrées autour de son église, de belles maisons de pierre, certaines en allure de forteresse, s’enroulent autour de la seigneuriale demeure des Cardaillac et de son gigantesque pigeonnier.

Il faut retourner aux Ecoutilles, pour continuer le chemin.

Le GR65 sort des Ecoutilles sur le goudron, le long de ces magnifiques murs de pierre couverts de mousse, qui longent chemins et routes sur les causses. Si dans le haut de causses, ce sont surtout de petits chênes pubescents qui hantent les forêts, dès que l’on descend plus bas, la végétation est plus complexe. Les grands chênes blancs sont plus nombreux, mais on retrouve en assez grande quantité le noyer, le frêne, l’érable champêtre et l’érable de Montpellier, ces deux derniers arbres étant très communs dans les causses.

Le GR65 passe encore sur la route près d’une sorte de petit château perdu dans les arbres, puis gagne le chemin de terre, sous les haies de chênes et d’érables.

Encore une belle maison de pierre au bord du sous-bois, et le chemin retrouve la majesté du causse. Peu à peu le chêne reprend son rôle de maître des causses.

Alors, le chemin, toujours magnifique, défile pendant des kilomètres, au milieu des arbres, dans une forêt assez clairsemée, cernée des murets de pierre. Comme toujours, la magie opère en ces lieux.

Plus loin, arrive alors une bifurcation. En effet, le GR36/46 et le GR65, qui sont communs depuis Varaire, se séparent à nouveau, le premier pour remonter vers le Nord, le second pour gagner Bach au Sud. Ici un choix s’impose, soit si on veut loger à Les Moulins, ou mieux encore visiter les anciennes mines de phosphate de Cloup d’Aral. Dans ce cas, il est recommandé alors de prendre la route qui mène à travers les sous-bois vers Les Moulins.

Tout près de là, sur la D19 qui va de Varaire à Bach, se trouvent les anciennes mines. Le site de Cloup d’Aral est magnifique et mérite le détour. On peut y visiter les phosphatières abandonnées, flâner sur le site, visiter le parc à thèmes, descendre les Escaliers du Temps qui donnent accès au gouffre, dans une ambiance tropicale entre la lumière et le monde souterrain des fossiles. Renseignez-vous sur les horaires si vous tenez à descendre au fond des mines.

Sinon, il vous faudra vous contenter de voir les charriots de la mine. Un sentier didactique explique la naissance du phosphate.

Section 4: En route pour le monastère des Filles de Jésus.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Si vous avez fait le crochet par Les Moulins ou Cloup d’Aral, la meilleure solution est de gagner Bach par la route (moins de 1 kilomètre). Aux Moulins, on trouve à se loger.

Mais bien évidemment, le phosphate cela ne dit pas grand chose à la majorité des pèlerins, si ce n’est que d’être un additif malheureux des produits de lessive. Alors, ils préféreront musarder encore un peu sur le chemin du causse.

On retrouve alors rapidement une petite route goudronnée qui s’en va vers Bach.

De belles demeures de pierre sont présentes le long de la route. Ces demeures, qui sont l’âme des causses, respirent le passé et le silence.

Pour des raisons de caméra, nous serons plus discrets sur la suite du voyage vers Vaylats. Nous empruntons quelques images faites lors d’un lointain passage sur ce chemin, à la lumière un peu trop vive pour refléter la réalité des choses.

Quel que sera votre choix, sur le GR ou par le détour, vous arriverez à Bach, un village grand comme un mouchoir de poche (170 habitants). Les pèlerins, qui ne vont pas à Vaylats, se logent à Bach ou aux Moulins.

L’église Notre Dame de l’Assomption, remonte au XVème siècle, amendée jusqu’au siècle dernier.

Un point d’eau est disponible pour les assoiffés au centre de Bach. Près du point d’eau, un panneau annonce Vaylats à 3 km. Le GR65 emprunte alors la D19, qui sort du village.

Il suit la route quelques centaines de mètres, puis bifurque dans les champs sur un chemin de terre, parfois herbeux, au milieu des buissons et de la campagne verdoyante, jusqu’à trouver la bifurcation entre le GR65 et le raccourci qui va à Vaylats, à l’orée de la forêt.

De là, à travers champs, sur un sentier herbeux, nous arrivons à Vaylats. Vaylats, c’est 250 habitants et son église St Pierre, une église néo-romane qui se dresse, isolée, au bord de la route.

Il y a aussi une boulangerie-épicerie, mais surtout un immense et splendide couvent construit à la fin du XIXème siècle, à l’emplacement d’un ancien château détruit à la révolution. C’est le magnifique Couvent des Filles de Jésus, qui sert aussi de gîte.

En 1820, le Père Jean Lausiu, prêtre à Vaylats, fonda une communauté et une école pour l’enseignement des filles et le soin des pauvres. Ce fut l’origine de la congrégation des Filles de Jésus, une congrégation qui compta jusqu’à 600 religieuses au XXème siècle. Aujourd’hui, les sœurs sont surtout présentes dans le sud-ouest de la France. A Vaylats, ce sont des sœurs âgées, à la retraite. Elles sont aidées par des laïcs qui partagent leur charisme. Les sœurs ne s’occupent plus des pèlerins.

A l’intérieur du couvent, une grande cour arborée mène aux chapelles, au réfectoire ou aux appartements des sœurs.

Ce n’est pas l’espace pour les pèlerins qui fait défaut. Il y a 15 chambres de 1 à 4 lits et un grand dortoir pour des groupes. On accueille ici ânes et chevaux, s’ils sont munis d’une clôture mobile. Par contre, les sœurs n’apprécient pas la compagnie canine. Ici, tout est fait pour aider le pèlerin. Une grande laverie est à disposition. Par contre, il est n’est pas possible de cuisiner. L’intendance vous fait la visite des lieux. On conseille au pèlerin d’assister à l’office à 6 heures précises. Vous aurez peut-être le privilège d’entendre les sons fêlés qui sortent de l’harmonium ou des glottes fatiguées des vielles sœurs.

7 heures tapantes, c’est l’heure du repas, partagé avec les sœurs. Il y a souvent plus de 50 personnes dans le réfectoire. Surprise! Les sœurs boivent du vin rouge. Le repas commence par une soupe claire et peu de légumes. On voit des sourires se dessiner sur les lèvres d’une grande majorité de pèlerins. Suivent des plats d’une très grande simplicité, servis par les bénévoles avec une très grande gentillesse et en toute communion. C’est aussi cela le Chemin de Compostelle.

Le soir descend sur Vaylats. Il est temps de faire une promenade digestive dans le magnifique parc qui jouxte le couvent. Au cimetière, les sœurs sont enterrées, côte à côte, par groupes de trois. Il n’y a ni patronyme ni dates de naissance ou de décès. Seul le nom des sœurs apparaît gravé sur les pierres tombales.

L’heure du couvre-feu approche. Il est temps de gagner les dortoirs. Les portes du couvent vont se fermer pour la nuit. Il est 8 heures du soir. Bonne nuit! Mais il faudra être à l’heure pour le petit déjeuner. A 7h1/4 précises. On ne badine pas avec l’horaire dans les couvents.

Gastronomie locale

 

Au Couvent de Vaylats, on ne vous servira pas du très réputé “diamant noir” que l’on déguste dans le Lot et le Périgord. La truffe est un des précieux fleurons de la gastronomie française.

La truffe est souterraine et vit en étroite relation avec les racines des chênes, parfois des noisetiers. Elle naît au début du printemps, mais c’est seulement 7 à 10 mois plus tard qu’elle arrive à maturité. Elle se développe de 0 à 20 cm de profondeur autour des arbres. Comment devine-t-on s’il y a des truffes ? Par la présence d’un “brûlé”, c’est à dire une zone sur laquelle la végétation pousse avec difficulté. Par l’observation des mouches qui volètent au-dessus du champignon, comme enivrées et presque immobiles, pour y déposer leurs œufs. Mais, il vaut mieux posséder un cochon ou un chien truffier pour dénicher ces précieux trésors.

En Limogne, il y a deux grands marchés de la truffe: Limogne-en-Quercy et son grand concurrent Lalbenque, juste à côté. C’est la grande tradition locale. Les truffes se vendent au panier. Le 21 janvier 2014, au marché de Limogne-en-Quercy, 19 paniers se sont vendus pour un total de 9 kg de truffes. Le tarif: entre 300 et 500 euros le kilo. Une bagatelle, quoi! Mais il y a plus cher encore. Ces dernières années, la truffe blanche d’Alba se vendait à 375 Euros les 100 grammes, 10 fois plus chère que la truffe noire du Quercy.

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