Etape 02: De St Privat d’Allier à Saugues par le GR65

Sous le pont Eiffel coule l’Allier

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Les Gorges de l’Allier sont la frontière naturelle entre les couleurs sombres basaltiques du Devès à l’est et les teintes granitiques claires de la Margeride, à l’ouest. Aujourd’hui, nous sommes en Haut-Allier, un pays de transition entre les monts du Velay et la Margeride. L’Allier est un cours d’eau sauvage dont les gorges donnent au paysage un cachet aussi magnifique que vertigineux. La vallée du Haut-Allier se présente ainsi avec ses paysages creusés dans de profondes découpures.

Le chemin file direction sud-ouest et traverse le bassin de l’Allier. L’étape est entièrement en Haute-Loire. La nature est profondément torturée ici. L’étape est courte mais très exigeante, une ses étapes les plus pénibles du Chemin de Compostelle en France.

Entre Loire et Allier, sur les pentes du Mont Devès, les volcans ont répandu leurs coulées de laves modifiant les lits des rivières. Ils ont modelé le paysage, pour obtenir parfois de profondes entailles et des fonds de vallée très étroits, comme à Monistrol-d’Allier. L’Allier a taillé dans le granite de la Margeride, les roches les plus anciennes du Massif Central. Les méandres complexes du Haut-Allier sont le résultat des efforts qu’a fait la rivière pour contourner les obstacles occasionnés par les coulées volcaniques du Devès qui sont venues barrer son lit.

Des forêts épaisses de résineux et de feuillus ont poussé sur les versants moins exposés des vallées. On trouve surtout le pin sylvestre et le chêne commun, parfois des saules et des aulnes près des rivières. L’Allier est, à certains endroits, presque inaccessible. De l’autre côté des vallées, des prés ou des landes de bruyères et de genêts ont tapissé les falaises de basalte et les replats, formant des balcons suspendus au-dessus de la rivière, qui ont permis aux hommes de s’implanter. Les villages, petits et isolés, hésitent entre les basaltes mats et les granites brillants. Le chemin de fer a marqué aussi la vallée. Le train Paris-Marseille, baptisé le Cévenol en 1955, traverse la Haute-Loire par les gorges de l’Allier.

Avant de prendre la route, un petit mot de géographie. Les rivières ne font-elles pas partie intégrante du paysage rencontré sur le chemin? Comme nous allons suivre ou traverser nombre d’entre elles, entrons un peu dans les détails. De cette région de confrontation entre le granite du Massif Central et les coulées de basaltes que vomirent les volcans, des grandes rivières de France ont pris naissance ici. Il est assez curieux de constater que de très grandes rivières de France ont leurs sources dans une région de petites montagnes. La Loire, le Lot, l’Allier, la Truyère, toutes naissent au sud du Velay et dans les Cévennes lozériennes, près de Mende. L’Allier, où nous sommes aujourd’hui prend sa source au Moure de la Gardille, puis coule vers le Nord, en passant par Brioude, Issoire, Clermont-Ferrand, Moulins et Vichy, pour se jeter dans la Loire près de Nevers. Il faut noter aussi que cette région est la ligne de partage des eaux entre l’Atlantique et la Méditerranée. En fait, seule l’Ardèche gagnera le bassin méditerranéen.

Lot, Tarn, Allier, mais aussi de fleuves moins conséquents comme le Bès ou la Truyère ont leur source en Lozère. Seule la Loire naît un peu plus à l’est.

 

L’étape est courte mais éprouvante, avec des dénivelés importants (+678 mètres/-606 mètres) pour une étape si courte. La journée commence par une légère montée vers Rochegude. De là-haut, on admire la faille remarquable que présente la vallée profonde du Haut-Allier. Puis suivra une descente sévère dans les rochers et les racines vers Monistrol, où le chemin traverse la rivière Allier. Quand le chemin descend vers Monistrol d’Allier, le regard ne peut s’empêcher de voir en face Escluzels, surplombant la falaise, où il faudra monter. Et c’est vrai! D’aucuns prétendent que cette ascension est un des efforts les plus redoutables du Chemin de Compostelle. Heureusement, à partir de Montaure, la pente se fait plus douce. On entre alors en terre de mystères, le Gévaudan, cette région de la Margeride longtemps hantée par la terrible bête du Gévaudan.

Les passages sur route goudronnée ou sur chemins de randonnée sont assez voisins:

Goudron: 10.0 km

Chemins: 9.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, encore 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-privat-dallier-a-saugues-par-le-gr65-29678071

Section 1: A flanc de coteau avant de plonger sur l’Allier.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: de la pente, il y en a partout ici, d’abord au-dessus de St Privat, puis de manière intermittente vers Rochegude. C’est là que commence la sévère descente sur Pratclaux.

 

Le GR65 quitte St Privat d’Allier en montant au-dessus du village, sans doute pour nous permettre de mieux admirer le bourg et l’exubérante trouée du Haut-Allier en-dessous. C’est un peu un trajet de dupes. Expliquons-nous. Car, après la montée du Calvaire au-dessus du village, voilà qu’on redescend aussitôt pour rejoindre la D301 qui sort presque à plat du village!

Et au-dessus du village, il n’y a pas grand chose à voir. Alors, ici, vous pouvez simplement sortir du village par la route qui va à la Chapelle de Rochegude et rejoindre le GR65 à la sortie du village.

Insensiblement, nous quittons le Velay pour un autre univers, celui de la Margeride et du Gévaudan. La marche n’en est cependant pas modifiée pour autant. Il faut s’y faire, le Chemin de Compostelle est ainsi. A toute descente succède une montée qui elle-même engendre une nouvelle descente.

Le chemin de Compostelle aime à jouer les farceurs. Quelques centaines de mètres plus loin, c’est le même refrain. A la sortie de St Privat d’Allier, le GR65 quitte le goudron pour descendre abruptement dans un mauvais chemin de grosses pierres, qui peuvent être très glissantes en cas de pluie. Un panneau annonce qu’il vaut mieux y renoncer par temps humide. Tout cela pour se tremper les pieds dans un ruisseau sans importance, le ruisseau de la Planchette, puis remonter en pente raide pour rejoindre la route. N’hésitez pas ici. Suivez la route.
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Mais que vous soyez descendu au ruisseau ou ayez suivi la route, plus loin, le GR65 quitte la petite route pour monter en pente prononcée vers Combriaux.
C’est un chemin fort caillouteux que vous allez rencontrer dans un sous-bois dominé par les hêtres ou les charmes. A la sortie du sous-bois, le chemin arrive au hameau de Combrieux.
Combriaux, c’est une poignée de maisons massives construites en pierres volcaniques. Lorsque l’on entend “roche volcanique” on voit une roche sombre. Ces roches sombres, on les appelle basaltes au sens large. Mais, c’est de la simplification, car même les basaltes comprennent une famille de roches très variées. De plus, de nombreuses roches volcaniques sont claires ou prennent des teintes variées, loin de l’idée qu’on s’en fait au départ. Les tufs, les dacites et les trachytes, que l’on voit ici, au milieu des pierres noires de basalte, en sont un bon exemple. Si vous voyez ces maisons de loin, vous pourriez même vous imaginer qu’elles sont faites de calcaire, ce qui n’est pas le cas.
Derrière les dernières maisons d’un hameau qui paraît presque désert, un chemin continue à monter dans les sous-bois, dans les noisetiers et la charmille.
Au sommet de la montée, où on voit apparaître de plus en plus les conifères, le chemin rejoint dans les genêts la petite route qui mène à Rochegude.
Toujours la même chanson! La route conduit en montée légère vers Rochegude. On n’y rencontre pour ainsi dire aucun véhicule. Seuls quelques ramasseurs de champignons hantent ces lieux. Mais, non! Le chemin fait des yoyos constants, en haut de la route, au bas de la route, sur la route. Si vous aimez l’exercice, prenez le chemin. Sinon, suivez la route. Les deux voies conduisent au même endroit, à Rochegude. Si vous suivez la route, une large bande herbeuse vous permettra d’éviter le goudron. Faites donc selon votre envie.
Quelque sera votre choix ici, vous n’éviterez pas un peu plus loin de vous retrouver sur un petit tronçon de goudron. Puis, le chemin se décide de passer au-dessus de la route. Pour changer.
Que vous soyez sur le chemin ou sur la route, c’est toujours la forêt que vous traversez. La Haute-Loire est un département très boisé, avec 40% du territoire recouvert de forêts. On compte 75’000 propriétaires de forêts en Haute-Loire, et 90 % des forêts sont privées. On dit même que certaines personnes ne savent même pas qu’ils en sont propriétaires.

Alors, un petit tour sur le chemin, et on retrouve la route.

Alors, en route pour un peu de goudron, puis à nouveau le chemin, cette fois à nouveau en-dessous de la route. Pour changer encore.
La forêt est dense ici. Les grands hêtres rivalisent de hauteur avec les chênes, les pins et les épicéas. Pour de nombreuses personnes, charme et hêtre, c’est le même arbre. C’est un peu vrai. Mais si vous avez l’oeil avisé, vous verrez la différence, surtout au niveau des feuilles, moins au niveau des troncs. Ici, les deux espèces coexistent, mais généralement sur le Chemin de Compostelle, les hêtres dominent les charmes. Les charmes, c’est avant tout de la charmille, et non de grands charmes. Il en est de même pour les épicéas et les sapins qui se ressemblent, mais si vous voyez des pives par terre, ce sont des épicéas, non des sapins. Ici, dans cette forêt vous verrez surtout des épicéas, les grands sapins blancs et les douglas étant plus rares. Et tout ce grand monde dialogue avec la mousse, les grandes fougères et les herbes folles. Le rêve pour les champignons, quoi!
Peu après, le chemin sort de la forêt et arrive près d’une place de pique-nique et un WC à sec à l’entrée de Rochegude.

Rochegude est à un jet de pierre, un ancien village fortifié, qui a longtemps joué le rôle de sentinelle avancée pour détecter des ennemis potentiels venant du Gévaudan. Rochegude se limite à quelques maisons de pierre adossées à la montagne. Ici, vous pouvez fouiller à votre aise la bouche entrouverte des granges, tenter de découvrir derrière une fenêtre ou dans un jardin un quelconque signe de vie. Vous ne croiserez que rarement une présence humaine dans ces hameaux qui semblent désertés pour la plupart. Un silence de plomb plane au-dessus des toits, troublé uniquement par le glouglou d’une fontaine, dont l’eau n’est pas toujours potable. Vous aurez sans doute plus de chance de croiser d’autres pèlerins comme vous, arrêtés pour le pique-nique. Les maisons sont pratiquement soudées les unes aux autres, recroquevillées et courbant l’échine sous la puissance de la montagne qui surplombe le village.

Pourtant, il fut une époque où Rochegude devait fourmiller de monde, lorsqu’elle jouait son rôle de sentinelle. Rochegude pourrait tirer son nom de “roca aguda” (roche aigue). Autrefois, le donjon, attesté du XIIIème siècle, était la propriété de la famille auvergnate des Montlaur. Seule une tour reste du château qui était une halte incontournable pour les pèlerins de Compostelle au Moyen-âge. La tour, vaniteuse mais touchante de détresse, se lève encore sur une aiguille rocheuse qui surplombe les gorges de l’Allier. Une petite chapelle romane, construite au début du XIVème siècle et dédiée à St Jacques, domine aussi le village, perchée aussi sur le belvédère rocheux. Dans le coin, il vaut mieux prêter attention à cause des précipices dangereux qui caractérisent l’endroit. Mais le coup d’œil en vaut la peine.
La vue sur le Haut-Allier est à couper le souffle. L’horizon est barré de forêts sans fin. L’espace s’ouvre sur la trouée de l’Allier, avec ses hautes falaises et sa vallée étranglée. En face, il faudra bien y monter bientôt pour ressortir du goulet de l’Allier.
A partir de Rochegude, le chemin dévale sévèrement (plus de 100 mètres de dénivelé) dans les rochers et les racines. Au début, le chemin descend sous la chapelle dans les buissons, les frênes, le long des murets et des ronces.
Puis on voit poindre les pins, les chênes et les hêtres quand le chemin s’approche de la descente vertigineuse, avec des pentes par endroits dépassant nettement les 40%.
La forêt est magnifique ici, terrifiante diront certains. Le vallon devient gorge, parfois même abîme, défilé sauvage. Le sentier serpente au milieu de pins secoués par les vents, aux allures trapues de multi centenaires, le long de barres de granite couvertes de mousse. Même les érables et les châtaigniers, rares dans la région, ne veulent pas être de la revue. Tout autour, le taillis est touffu, parfois inextricable.

Parfois, on même le sentiment que les pins ont été plantés à même les dalles torturées de granite. Vous croiserez peut-être ici des adeptes de VTT qui adorent ce type de terrain de jeu. Entre la vie et la mort.

Section 2: Monistrol d’Allier, entre descente et montée éprouvantes.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: au fond de la difficile descente, quelques ondulations sans problème, et la pente redevient plus sévère à l’approche de Monistrol d’Allier. Dès la sortie du village, débute la pénible montée vers Escluzels.

Parfois, la pente semble se réduire un peu, mais modestement. Le chemin continue de descendre, tantôt sur une sente étroite, tantôt sur le granite.
Nombreux sont les pèlerins qui poussent un grand soupir en apercevant au bas de la descente sur une dernière rampe difficile de granite la petite route qui passe en dessous.
A Pratclaux, nous sommes à mi descente. Les rochers font place à la campagne. Le GR65 continue sa course d’abord sur le goudron, puis monte visiter le hameau, en passant dans une allée de hauts frênes et de majestueux érables. Ici encore, si vous êtes pressé, vous pouvez continuer sur la route. Vous reprendrez le GR65 qui redescend un peu plus loin du village.
Mais vous manquerez alors les maisons massives où rutilent les pierres volcaniques. Personne, ou pas grand monde à première vue, doit vivre ici, derrière les volets clos.
Mais, au fait, est-ce si vrai que cela, à voir le parc automobile? En France, certains paysans, amateurs d’art, ont pris la détestable habitude d’ériger ces monuments éphémères au bord des routes.
Le GR65 rejoint plus bas la route de tout à l’heure. Il traverse la plaine à travers un chemin herbeux, parfois embourbé par mauvais temps. Il y a peu de cultures ici, dans la campagne bardée de hauts pylônes.
Puis arrive une sente étroite dans les hautes herbes, un passage difficilement praticable par mauvais temps. Les grands arbres ont presque disparu et ne subsistent ici que de rares frênes perdus dans la nature. Par bonheur, le passage est bref, et le chemin retrouve la route qui descend de Praclaux vers Monistrol d’Allier.
Quelques dizaines de mètres sur le goudron et, à l’angle d’une majestueuse ferme en pierre, le GR65 retrouve un chemin. Une petite famille fait ici un bout de Compostelle. L’âne a dû souffrir auparavant dans les hautes herbes. La petite a pris place sur le bât, et les autres enfants avancent les mâchoires serrées, en attendant peut-être leur tour.
Un large chemin de terre traverse alors le plateau. Puis, les champs s’amenuisent, s’effilochent.
Au bord du plateau, le chemin plonge à nouveau vers le fond de la vallée. A partir d’ici, la pente deviendra sévère, parfois à plus de 20% d’inclinaison. Ici, ce sont de grosses pierres sur un chemin difficile, au milieu des buissons.
Dans ces sols où règne la pierraille, le sol est si pauvre que seuls de petits chênes rabougris poussent. Les frênes ont fondu.
Le chemin rejoint bientôt la route de Praclaux au lieudit Le Vivier, à près d’un kilomètre de Monistrol d’Allier.
Le GR65 suit alors la route, en pente, qui fait un grand virage peu après.
Rapidement, on aperçoit le village en contre-bas. Le petit village de Monistrol est caché sur le bord de la rivière, à l’entrée d’une gorge profonde. Il n’y a qu’à suivre la route rectiligne sous les chênes et les hêtres.
La route arrive au-dessus du village. En dessous on voit la ligne de chemin de fer. Aussi étonnant que cela puisse paraître, on peut prendre le train ici. La ligne ferroviaire des Cévennes, qui va de Clermont-Ferrand à Nîmes, passe ici.
La route descend jusqu’à traverser l’Allier au fond de la gorge. On voit en face Escluzels, où il faudra monter bientôt.
Monistrol d’Allier est un petit bijou de village, à califourchon sur L’Allier. Hélas, c’est aussi un barrage et une usine électrique. Le village, cerné de gorges vertigineuses, dans une région difficilement accessible, s’étire le long de la rivière. La route, le rail, et la rivière se rejoignent ici. La départementale D589 ne passe pas dans le village, passant sur un pont neuf au-dessus de l’Allier. Un autre pont va au village. En 1887, une année avant la construction de la Tour Eiffel à Paris, Gustave Eiffel construisit ici un élégant pont de métal vert.
Le village, qui ne compte guère plus de 200 habitants, se niche dans de belles maisons de pierre, le long de l’Allier et de ses falaises. L’église paroissiale est de style roman auvergnat. On y trouve de belles statues de bois, polychromes, dédiées à St Pierre.
Depuis Monistrol c’est une montée presque continue de 6 kilomètres jusqu’à Montaure. La sortie de la vallée est décrite comme une épreuve difficile, parmi les plus marquantes de la Via Podiensis. Quel plaisir! Ici, pour commencer, plus de 150 mètres d’ascension sur un kilomètre jusqu’à Escluzels, avec parfois des pentes à peine supportables pour des retraités. Ici, pas d’ondulations de terrain, ce n’est que de la montée sur le goudron et sur un sentier pierreux le long des bords de la gorge.

Au début, cela n’a l’air de rien. On traverse l’Anse, une petite rivière qui se jette ici dans l’Allier.

Un léger hors-d’œuvre est offert sous la forme d’une rampe goudronnée où un chemin quitte la route sur laquelle peu de véhicules doivent passer.
Le chemin zigzague en pente sévère sur le bord de la falaise, sur de gros cailloux qui glissent sous le pied, au milieu des buissons, des chênes rabougris, des frênes, des hêtres et des rejets de châtaigniers. Mais, il n’y a aucun danger ici, même si le chemin passe au bord de la falaise.

Le chemin offre un panorama vertigineux, surplombant la vallée, sur le village, ses ponts, sur les eaux de l’Allier au fond de la gorge, et sur les gigantesques forêts sur le versant opposé de la vallée.

Section 3: Dans une des parties les plus éprouvantes du Chemin de Compostelle.

Aperçu général des difficultés du parcours: que du plaisir, à parfois près de 30%-40% de pente, près d’Escluzels. Il faut passer Montaure pour reprendre son souffle.

Plus haut, le chemin se livre à un joli gymkhana sur les pierres anguleuses, dans la végétation luxuriante, jusqu’à presque toucher les éboulis de la falaise volcanique.
Peu après, le chemin change de direction. Alors devant soi, au-dessus d’une barrière on aperçoit les premières maisons d’Escluzels, bien au-dessus des arbres.
Après la barrière, la pente se calme pour un moment et le chemin rejoint la petite route que nous avons suivie au départ du village. Nous ne sommes jamais très éloignés de la falaise.
La pente se fait alors à nouveau rude sur la route, sous les chênes, les épicéas et les rejets de hêtres et de châtaigniers, jusqu’à trouver une croix de fer plantée sur le talus.
D’ici la vue est encore ouverte sur Monistrol d’Allier. Au-dessus, on distingue maintenant Escluzels, qui semble à une portée de fusil. Mais, détrompez-vous. Vous n’êtes pas encore arrivé là-haut.
Encore une petite barrière, lorsque le GR65 quitte la route pour trouver un large chemin se dirigeant vers la Chapelle de la Madeleine au-dessus. C’est depuis la barrière que la pente devient sérieusement sévère. Les pentes vont bientôt avoisiner les 30 à 40%!
Le chemin atteint la chapelle troglodyte de la Madeleine. Une chapelle dédiée à Ste Marie Madeleine est mentionnée dans un texte ancien daté de 1312. Est-ce ici dans cette faille du rocher que l’on croit aussi avoir été une habitation celtique? Au XVIIème siècle, on construisit un fronton pour boucher le trou et le transformer en chapelle, qui gagna rapidement en notoriété. Des colonnes de basalte dominent la chapelle troglodyte. Placée ici sur le chemin du pèlerin, elle est une halte bienvenue après une sévère montée.
A partir d’ici, jusqu’à Escluzels, que du bonheur! Un chemin encore plus pentu, à plus de 40% de déclivité sur de grossières marches d’escalier, conduit le marcheur un peu plus haut au hameau d’Escluzels avec ses maisons de pierre au bord de la gorge. Évidemment, certaines fois, la montée ou la descente, c’est selon, peut être encore plus mouvementée, surtout s’il s’agit de faire passer par ici son âne.
Escluzels possède de remarquables maisons faites de tous les tons des pierres volcaniques. Comme un nid d‘aigle, le hameau s’enroule fièrement sur l’éperon rocheux. On se demande comment il tient par miracle, suspendu au-dessus du vide.
Le GR65 traverse le village et suit une route, toujours en pente soutenue, au-dessus du village, dans les vergers et les noyers. Après Escluzels, la montée n’est pas terminée. Peu s’en faut.
La route se rapproche petit à petit de la forêt, et on retrouve les grands frênes au bord de la route.
Au lieudit Les Varennes, à une dizaine de kilomètres de Saugues, le GR65 quitte la route pour un large chemin de terre. Apparaissent alors à nouveau les conifères, les pins en particulier.
Après une grande épingle dans les bois, la traversée à nouveau de la petite route, le chemin rejoint la D589, qui a un parcours presque aussi tortueux que le chemin pour arriver à Saugues.
Le chemin passe alors de l’autre côté de la route. Commencent alors les épingles dans la forêt. Ici, il faut compter près de deux kilomètres pour arriver à Montaure.
La pente est rude ici, parfois nettement supérieure à 15%, mais la forêt est magnifique. Les pins sont droits comme des asperges ou alors tortueux comme des serpents, étendant leurs bras pour capter un peu de lumière. Les épicéas et de très rares sapins blancs se cachent. Mais, c’est une forêt mixte. Les frênes sont encore présents en pagaille, les érables rares, mais ils rivalisant de hauteur avec les vénérables hêtres, qui se font de la place.
TLe chemin va faire de nombreux zigzags dans la forêt, sortant parfois dans de rares clairières où s’expriment les fougères, presque aussi hautes que de petits arbres.
Cette région du Haut-Allier n’a rien de brutal, d’héroïque. Ce n’est pas de la montagne sévère. Parfois, la lumière ne pénètre guère dans la forêt. Le chemin se dissimule sous les grands arbres. C’est que les épicéas ont pris le pouvoir et se serrent les uns contre les autres. Encore une famille et un âne. Ici, l’âne tire une charge en moins, le petit-dernier dort dans le cacolet. Les loueurs d’ânes doivent être contents de voir arriver l’été.
Bientôt la forêt s’ouvre sur un coteau où verdissent quelques maigres pâturages et quelques champs. Les clairières annoncent Montaure.
La pente est rude, parfois excessive et le pied peut manquer d’assurance sur les talus raides. La montée doit être rude pour de nombreux marcheurs, étant donné le nombre de places de piquenique et de débits de boissons qui vont fleurir dans les hameaux traversés. Des panneaux annoncent un bonheur proche. Le pèlerin en salive d’avance.

Une buvette était présente jadis dans le hameau, elle est aujourd’hui fermée, mais d’autres panneaux annoncent déjà des buvettes plus loin sur le parcours. Ici, les pèlerins épongent souvent leur sueur et font une pause, après une montée que certains jugeront interminable. Montaure, c’est une poignée de vieilles maisons au bord du chemin. Ici, les pierres volcaniques font encore la loi, une loi qui sera bientôt remise en question par le granite de la Margeride.

A partir d’ici, la région se bombe sur une géométrie ondulée, aplatie, surbaissée. Et au milieu de cette nature apaisée, le paysan cultive du blé noir, du seigle. Mais, sur ce haut plateau au-dessus de 1000 mètres, l’élevage est la raison d’être des gens.

Depuis Montaure, la pente se fait douce au milieu des prairies luxuriantes et des fermes, parfois isolées. Une route monte, tranquille, depuis le hameau.
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Sans y prendre trop garde, le paysage se modifie en quelques kilomètres. Le granite de la Margeride succède peu à peu au basalte du Devès. Ici, pas de montagnes grisâtres et escarpées ou de précipices vertigineux, mais de vastes pâturages dont le sommet est couronné de hautes forêts. Ici, de belles vaches Aubrac nous font signe de leurs yeux maquillés de noir.
Sur ces douces et grandes collines, que l’on les gravit sans peine, ce n’est que juste récompense de l’effort de tout à l’heure.
Peu après, une large route de terre battue carrossable remplace le goudron. L’œil se perd dans un paysage infiniment bucolique et doux. Les bouquets de pins et les frênes solitaires jouent fièrement les parasols, dialoguant avec la lumière, avec les nuages. Voici un grand champ de seigle, la fierté de la Margeride, ou de triticale. Cette graminée, la première céréale créée par l’homme, est un hybride entre le blé et le seigle. Cette céréale est cultivée surtout comme céréale fourragère.

Section 4: Légères ondulations dans les pâturages.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté, après l’épreuve.

Ce qui est saisissant dans l’étape du jour, ce sont les contrastes notoires. Nous sommes sortis de la profondeur des gorges taillées par l’Allier, des pentes rudes, pour nous retrouver maintenant sur de douces collines. Et pourtant, c’est le même pays rude, avec des hivers difficiles à vivre.
Parfois des blocs de granite longent le chemin, comme pour mieux marquer la nature du sol ici et que nous arrivons en Margeride. La route de terre se rapproche vite du hameau de Roziers.
Le chemin de terre passe alors à Roziers, quelques fermes sagement rangées au bord de la route. Ici, l’eau coule fraîche à la fontaine. Mais, vous pouvez aussi faire un saut à une arche du bonheur, qui propose en plus le bavardage aux boissons fraîches.
Depuis Roziers, le GR65 monte encore un peu sur le goudron. Ici, un troupeau de Montbéliardes s’en va voir si l’herbe est plus verte plus loin. La propriétaire nous dit que ce sont de bonnes laitières, très robustes. Hélas, elles ont le pied un peu fragile.
La route monte encore un peu, en pente douce, sous les frênes jusqu’au sommet de la colline, puis redescend de l’autre versant. Tout autour, les conifères font des tâches sombres.
Peu après, la route descend en pente douce vers le Vernet, au milieu des pâturages et des champs de seigle.
Tout autour, ce ne sont que des herbages, de grands arbres, une campagne reposante, préservée et accueillante. Si vous passez ici au printemps, c’est vert comme l’Irlande, un peu moins en été.
La route se rapproche du Vernet. Dans les prés, les moutons font la pause sous les érables et les frênes.
Ces villages sont souvent vissés sur la colline, dans la région. Au Vernet, le granite a remplacé les pierres volcaniques. C’est le matériau de base des maisons, des croix et des fontaines. Ces maisons, qui s’étagent à flanc de colline se ressemblent toutes un peu. Le granit gris perle résiste aux assauts du temps et continuera à le faire. L’altitude modeste de ces hameaux n’y change rien. En hiver, le climat peut être rude et hostile ici.
Le GR65 traverse et quitte Le Vernet sur les hauteurs, là où derrière la croix sur le rocher de granite se niche un poulailler où le paon fait le fier au milieu des poules, des faisans et des dindons.
C’est alors un large chemin de terre qui s’en va à plat dans les prairies, marquées ci et là de quelques érables et frênes. Plus loin, se dressent les forêts de conifères. C’est le charme de la campagne qui fait du bien.
La nature ici est calme, intacte, avec ses chemins creux, son bocage, avec en prime, une sorte de haut plateau sur lequel crottes de chèvre et bouses de vaches signalant la présence d’une vie paysanne essentiellement dévolue à l’élevage.
Plus loin, le sentier se rétrécit à l’approche de Rognac. Les prés sont si doux, disposés à accueillir le marcheur pour une sieste.

Section 5: En descente sur Saugues.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: sans aucun problème, si ce ne sont quelques tronçons très pentus à l’approche de Saugues.

Le GR65 avance encore un peu en pleine nature dans le sentier étroit, sous les pins et les frênes…
… avant de se retrouver sur le goudron, sous les frênes, à l’entrée de Rognac, à 1100 mètres d’altitude, le point le plus élevé de l’étape. Nous sommes en Gévaudan, à la limite de la Margeride, une chaîne de montagnes qui culmine à 1551 mètres au Signal de Randon. La cueillette tient aussi une place importante dans la région. Champignons, myrtilles, lichens et narcisses sont les loisirs ou le labeur des gens de Saugues. On vous dira que pour nombre d’entre eux, c’est le treizième mois. La vente des champignons coupés, des cèpes en particulier, est une tradition des foires d’automne de Saugues. Le lichen et le narcisse sont utilisés pour l’élaboration des parfums.
Rognac fait partie de ces villages du Gévaudan et de la Margeride, uniformes, magnifiques dans leurs pierres de granite scellées, faites pour durer longtemps. Le clocheton, ce n’est pas celui d’une chapelle, mais celui de la maison d’assemblée du village.
A la sortie de Rognac, le GR65 monte encore un peu tout droit sur le goudron en pleine campagne. Mais rapidement, il bifurque dans un petit chemin de forêt étroit qui amorce une descente continue vers Saugues.
Ici, descendons sur Saugues à une autre période de l’année.

Le chemin descend dans les pins. La pente n’est pas très sévère au début de la descente, et l’horizon s’ouvre sur la large plaine en dessous.

Le chemin descend sans discontinuer sur les pierres et la terre battue avant de deviner dans un proche horizon Saugues et ses toits rouges. Si vous passez ici après le printemps, vous verrez les genêts en fleurs.

Dans le paysage apparaissent d’étranges sculptures en bois marquant les mystères du Gévaudan. La méchante bête sanguinaire surgissait imprévisible, égorgeait à qui mieux mieux, dévorait des enfants dont il ne restait que des restes sanglants. Tout était terreur dans le pays. Même le frémissement des buissons dans le vent ou le craquement des branches dans les sous-bois annonçait le drame.

Ces monstres étranges, taillés d’un seul arbre, marquent à la fois l’austérité et le mystère de la région.
Même le monstre du Gévaudan vous guette au bord de la route. Le GR65 rejoint alors la route départementale, et une petite route goudronnée en très forte pente vous descend au village.

Saugues, avec ses 2000 habitants, est célèbre pour sa “Bête du Gévaudan”, pour ses champignons et pour ses sabots de bois. Mais Sauges c’est aussi un important marché de bétail. Le marché des bovins a lieu le lundi est le marché des ovins le vendredi. Ici, on traite plus de 100’000 têtes de bétail par année.

Avant l’arrivée des Romains, le pays était habité par les Gabales, un peuple fier et féroce qui vivait dans d’épaisses forêts, qui recouvraient presque entièrement la région. Jules César fit appeler le pays “Salgacum”. A la chute de l’Empire Romain en 476, le pays passa sous la domination des Francs. De 725 à 730, les Sarrasins et les Maures brûlèrent presque tout sur leur passage. Au XIIème siècle, Saugues devient sous le contrôle des Mercœur, une dynastie aussi présente à St Privat d’Allier, une des familles les plus puissantes d’Auvergne. La plus grande partie des fortifications ainsi que la Tour des Anglais datent de cette époque. A cette période, le pays incluait 507 paroisses et 5665 familles, sans tenir compte des pauvres. Puis, entre 1337 et 1453 arriva la terrible “Guerre de Cent ans” opposant la France et l’Angleterre pour le contrôle du trône de France. En 1380, Charles V envoya des troupes pour prendre le contrôle des soi-disant “anglais” qui tenaient le siège de la ville. En fait, ces gens-là n’étaient pas anglais du tout, car, après le traité de Paix de Brétigny de 1362, de nombreux mercenaires se trouvèrent sans emploi et se mirent à saccager avec des bandits les villes et les abbayes du pays. On les appelait routiers ou anglais. C’est la raison pour laquelle la tour ici est appelée Tour des Anglais. La fin de la guerre amena un climat d’insécurité, et on se mit à réparer partout les forteresses et les châteaux. On comptait au XIVème siècle 30 châteaux fortifiés dans la région. En 1788 arriva la tragédie. Le four communal prit feu. En quelques heures, le feu détruisit presque toute la ville, les châteaux, les prisons, les églises et l’hôpital. Aucune rue ne fut épargnée. Plus de 100 maisons furent réduites en cendres. Le feu avait tout pris. La tour des Anglais fut la seule tour du château à demeurer intacte. Les habitants reconstruisirent la ville avec les pierres du château. Aujourd’hui, la tour qui se dresse au centre de la cité est l’horloge locale.

 

 

 

 

 

L’église collégiale de St Médard conserve sa tour octogonale originale datant du XIIIème siècle. L’église fut en partie détruite au XVIème siècle, puis amendée progressivement. Elle contient les reliques de Frère Bénilde, un saint local béatifié, puis récemment canonisé.

La Confrérie des Pénitents fut fondée à Saugues en 1652. La confrérie fait partie de confraternités d’essence catholique, avec des statuts qui préconisent des exercices de pénitence, tels le jeune, l’assistance aux défunts et aux malades. On les classe en fonction de la bure que les pénitents arborent lors des processions ou de leurs travaux de pénitence. Ici, à Saugues, la robe est blanche. Au XIXème siècle, la communauté comptait 200 personnes. Aujourd’hui il en demeure 40. La procession du Jeudi Saint avec les pénitents encagoulés est un événement exceptionnel.La Chapelle des Pénitents (que l’on peut visiter sur demande) fut érigée en 1681. Elle brûla en 1788, et fut restaurée par la suite. Un très bel autel est attribué à Vanneau.

Lucien Gires (1937-2002), un artiste local, a été la cheville artistique de la cité. On lui doit la restauration de la Tour des Anglais, l’illustration de la vie de St Bénilde, mais aussi le développement du musée de la Bête de Gévaudan. Le musée fut inauguré en 1989. Le musée retrace les mystères autour de la terrible bête mythique qui tua plus de 100 personnes dans la région (pour des détails, consulter l’étape suivante : De Saugues à St Alban-sur-Limagnole).

Gastronomie locale

 

A la fin du repas, on vous servira souvent une coupétade, un dessert de la France centrale. Le nom vient du “coupet”, une poterie dans lequel le plat est traditionnellement préparé. C’est une variante du pain perdu. On part d’un pain riche en beurre, d’habitude de la brioche, que l’on caramélise avec du beurre. On ajoute alors de l’œuf et du lait et on cuit le tout comme un pudding, après y avoir ajouté des fruits (prunes, abricots, raisins, cerises, pommes).

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