50: Atapuerca- Burgos

 

Peut-être la plus belle cathédrale du monde

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Burgos fut fondée en 884 par Diego Rodríguez, comte de Castille. Lors de l’union de la Castille et du León, au début du XIème siècle, elle devint la capitale de la Castille et une des capitales de l’Espagne jusqu’à Philippe II. La ville fut très prospère grâce au commerce de la laine aux XVème et XVIème siècle. A cette période, la Meseta n’était pas le grand champ de céréales d’aujourd’hui, mais un pays de moutons. Puis, la ville déclina un peu à partir du XVIIème siècle. Elle connut même des périodes où elle fut prise par les français, puis par les anglais, au début du XIXème siècle. Elle regagna de la popularité lorsqu’elle devint le siège du gouvernement de Franco pendant la guerre civile de 1936 à 1939.

Dans le codex Calixtinus, Burgos est la cinquième halte du Guide du Pèlerin. On y entrait par la porte Gamonal au nord-est de la ville. On dit qu’on s’y attardait peu, la ville n’étant qu’une simple étape sur le Camino francés. Mais est-ce si vrai que cela? La ville ne comptait pas moins de trente-deux hôpitaux de pèlerins, dont l’hôpital San Juan Evangelista et l’Hospital del Rey. Bien sûr, le Moyen-âge a été une longue période, et certains pèlerins ont dû connaître les débuts de la construction de l‘église au début du XIIIème siècle et d’autres ont pu apercevoir les deux flèches de la cathédrale au XVème siècle.

Dans cette ville magnifique, où l’Arlanzón serpente au travers de la cité, où on peut grimper les escaliers et ruelles étroites pavées de galets jusqu’à l’enceinte fortifiée du IXème siècle trônant en haut de la colline, la grande cathédrale gothique domine la ville de ses deux flèches. Les français diront que si l’église est belle, c’est qu’elle est une réplique de la Cathédrale de Paris et qu’elle a été construite en partie par des architectes français. Quelle fanfaronnade! Pour de nombreux experts et pour de nombreux touristes, même français, Burgos est une des plus belles églises du monde, peut-être la plus belle des églises gothiques. C’est ici que se trouve le tombeau du Cid (de l’arabe sidi, chef ou seigneur) et de sa compagne Chimène. Le Cid, autant que Don Quichotte, marque l’histoire de l’Espagne. C’est un personnage à la fois historique et légendaire, bien connu des francophones par la tragédie de Corneille. Aventurier, il a servi à de nombreux souverains chrétiens et musulmans avant de reprendre Valence aux Maures et d’être surnommé El Campeador, “l’illustre guerrier”. Le Cid est omniprésent dans la ville.


Les dénivelés de l’étape du jour (+123 m/-210m) sont insignifiants. Il n’y a guère que la montée sur le Dôme de Matagrande en début d’étape qui soit un peu pénible, mais la pente ne dépasse pas 15%.

Il y a un peu plus de route goudronnée aujourd’hui:

Goudron: 6.6 km

Chemins: 13.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-atapuerca-a-burgos-par-le-camino-frances-38227684

 

Section 1: Sur le Dôme de Matagrande.


Aperçu général des difficultés du parcours: le seul vrai effort de la journée, avec des pentes entre 10% et 15%, autant en montée qu’en descente. .

Le Camino sort d’Atapuerca et aussitôt un large chemin de terre se dirige vers la montagne. Enfin, montagne, c’est une manière de dire.
Quel plaisir de retrouver un peu de vie dans les prés. Cela fait si longtemps qu’on n’avait pas croisé un seul animal dans la région, même pas un chien dans les villages. Ici, ce sont des Manech à tête noire, les moutons des Pyrénées, qui broutent les herbes rases de la steppe. Les cultures sont plus rares ici.
Plus haut, le chemin qui devient fort caillouteux commence à grimper sérieusement au milieu de chênes verts et de quelques peupliers perdus dans la nature. On retrouve ici les chênes verts, les encinas, ces arbres qui adorent l’aridité des montagnes pelées et le champs de cailloux, ceux-là même qu’on avait rencontrés le première fois à la Sierra del Perdón, près des éoliennes de Navarre.
Ici, la nature est incroyable, intacte, puissante, superbe de diversité et de sauvagerie. C’est beau, c’est magnifique sur ce chemin où on se sent loin de tout, juste entre terre et ciel.
Dans ce monde de silence, des barbelés rouillés marquent une partie de la colline. Les militaires n’ont-ils pas été planter sur cette colline magique une de leurs installations de guerre?
Encore un petit champ de calcaires érodés par le temps, et le chemin arrive au sommet du dôme de Matagrande, près d’une grande croix.
Le chemin reste un peu sur le plateau pelé du dôme dans la terre tantôt brune, tantôt ocre. On pourrait y rester des jours, tellement c’est beau, calme, serein.

Un panneau est planté dans la pelouse relatant un bout de texte de Luciano Huidobro qui a écrit avec des collègues “Peregrinaciones Jacobeas” au milieu du siècle dernier. Le texte dit en substance, que depuis que le pèlerin est arrivé à Burgete, il n’aura encore jamais vu un paysage plus beau que celui qui se déroule devant ses yeux.

Et comment ne pas donner raison à l’auteur de ces simples mots ? C’est juste divin, il n’y a pas d’autre mot.

Le chemin redescend alors en pente soutenue de la montagne, dans la majesté primitive et silencieuse de ce paysage presque lunaire, où le regard porte loin. Nous ne pourrons que vous souhaiter de ne pas partager ce coin de paradis et sa beauté poignante avec les cohortes de pèlerins qui parlent fort sur le chemin. Seul le silence permet de goûter à cette grandeur. Mais, même quand on touche à l’excellence, il y a un détail pour troubler la magie. La grande carrière d’Atapuerca sur le flanc de la montagne, n’aurait-on pas pu la mettre de l’autre côté de la colline ?
Au bas de la descente, on vous souhaite la bienvenue dans la vallée de Riopico. Vallée, vous avez dit vallée? C’est plutôt un haut plateau de steppe rase, avec quelques maigres buissons et quelques genêts en fleurs.
Ici il n’y a plus que la solitude des paysages désertiques, ensommeillés.
Le chemin arrive alors au bout du haut plateau et amorce la descente dans la vallée de Riopico.

Section 2: Dans la vallée de Riopico.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Ici, c’est encore une autoroute de sable qui descend dans la vallée, où on voit revenir les cultures de céréales.
Le chemin passe au-dessus du village de Villalval, mais n’y va pas. Il ne fait que rejoindre la route qui sort du village.
Alors le charme de Matagrande s’est évanoui. C’est le retour brutal à la réalité du goudron. Même si on peut toujours poser ses semelles sur le bas-côté de la route. Les marcheurs du chemin européen no1 voyagent à la même enseigne.
Et encore aucun tracteur dans les champs. Ils doivent être sans doute rangés ici dans les hangars, attendant des jours meilleurs.
La route arrive bientôt dans le village de Cardeñuela Riopico.
C’est un village tout en longueur, comme le sont généralement les villages en Espagne. Il y a ici toute la panoplie des villages de Castille, un mélange de maisons en pierre, d’autres en construction légère, d’autres encore en torchis. Il y a toujours une église aussi grande que le village et l’indispensable “albergue de peregrinos”.
Vous ne garderez dans doute pas un souvenir impérissable de cette vallée de Riopico, où les véhicules sont nettement plus rares que les pèlerins qui avancent sur la route.
Cette région semble, à première vue, plus peuplée que de nombreuses régions traversées, où les villages étaient très éloignés les uns des autres. Mais cela reste un pays assez vide, où la population ne se presse pas dans les rues. Ici, seule la route rapproche les gens.
Le village de Orbaneja Riopico est juste à côté, un peu plus loin sur la route. Le village est assez semblable au précédent. L’église massive au sommet du village date du XVIème siècle. Au milieu du village se dresse l’ermitage de la Inmaculada, un très bel édifice de style roman, dont on ne saurait préciser la date de construction. Ce sont de petits villages, à moins de 350 habitants.

Section 3: En passant par l’aéroport de Burgos.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

La route sort du village et s’en va vers le grand nœud autoroutier de Burgos. Ici, le paysage est devenu d’une banalité redoutable.
La route passe au-dessus de l’AP-1, l’Autopista del Norte, la grande autoroute qui descend de la frontière française vers Burgos. C’est assez notoire de compter les autoroutes qui sillonnent le pays, à deux pas du Chemin de Compostelle, et qui sont, du moins à cette saison, presque vides de voitures et de camions.
Le Camino contourne alors un lotissement de maisons neuves, puis s’en va sur une longue rectiligne dans la morne plaine, au milieu des champs de blé. Le pays qui défile ne gagne ni en en charme ni en beauté.
Un peu plus loin, le large chemin se dirige vers la périphérie de l’aéroport.
Le chemin longe alors éternellement les barrières de protection de l’aéroport. On ne dira pas que cette partie du parcours est la plus excitante de la journée. C’est même ennuyeux, rébarbatif au possible. Disons-le tout net, c’est plutôt sinistre.
Pendant la grosse demi-heure que dure le passage près de l’aéroport, nous n’avons vu aucun avion décoller ni atterrir. Il n’y avait qu’un avion de petit format à l’aérogare. Cet aéroport était autrefois un aéroport militaire, puis un aéroport de club. Il a été ouvert aux vols commerciaux, il y a une dizaine d’années. Apparemment, les gens viennent plutôt en bus à Burgos, car pour le train c’est aussi une autre affaire. La gare Burgos-Rosa de Lima se trouve à 5 kilomètres du centre-ville.
Puis, le chemin, tout en longeant les barrières se dirige progressivement vers la grande banlieue de la ville. On se réjouit tout de même de quitter cette banalité affligeante, d’avoir quelque chose de plus positif à se mettre sous la pupille.

Section 4: Le long du beau Rio Arlanzón.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Bientôt le Camino traverse le petit Rio Pico, qui doit son nom à la petite vallée où nous sommes passés. Le chemin retourne un peu à la civilisation, du moins à celle de la zone industrielle.
Au sortir de la zone industrielle, le chemin rejoint le village de Castañares, une banlieue de Burgos.
Sitôt après le village, le Camino traverse le ruisseau de Molinar et s’en va à nouveau dans une petite zone industrielle.
Encore un petit passage sans plaisir, et le chemin gagne alors un parc le long de la rivière qui va nous conduire au centre de la ville.
Le chemin passe sur le magnifique Rio Arlanzón qui étend ici ses méandres sous les peupliers noirs. Il faut souvent des rivières pour que les villes soient belles.
Le chemin fait alors un petit voyage d’agrément en compagnie de la bretelle d’autoroute. On ne peut pas tout demander, mais les peupliers sont si accueillants ici, comme de grands parapluies.
Un peu plus loin, le chemin abandonne l’autoroute et retrouve la rivière.
A partir d’ici, l’espace s’ouvre avec de petits chemins parallèles qui sillonnent les pelouses le long de la rivière. Vous pouvez avoir le sentiment qu’il n’y a que des pèlerins ici. Non, ce parc est le poumon de la ville, et joggeurs et mamans avec poussettes se baladent ici à longueur de journée.
Quelle chance ont les gens de Burgos de venir se ressourcer ici à loisir. On peut choisir le chemin à sa guise, passer plus près de l’eau ou préférer les chemins voisins des pistes cyclables. Et tout ce bonheur sous les grands peupliers noirs couverts de lichen jauni qui vous donnent la direction du nord.
Un peu plus loin, le Rio Arlanzón prend un peu plus ses aises près d’une grève, sous les grands peupliers noirs et les grands frênes qui ont déjà repris un peu leur plumage. On a sans doute planté ces frênes ici pour changer un peu de la rigueur des peupliers noirs qui couvrent toute l’Espagne du nord jusqu’ici.

Section 5: Pour gagner le centre-ville.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Puis, le chemin passe sous la BU-11, la grande route nationale qui va vers Madrid, et continue sous les peupliers noirs le long de la rivière. Même si ici, il n’y a pas beaucoup de signes du chemin, on ne se perd pas, il suffit de suivre la rivière.
Il y a parfois un pont qui permet de traverser la rivière, car cette dernière coupe la ville en deux.
Quand vous passerez sous le pont en pierre, dit Puente de la Evolución, vous allez bientôt traverser la rivière.

Voici un petit plan qui va vous permettre de gagner le centre-ville. Le parcours est d’ailleurs fléché.

Encore un peu de balade le long de la rivière, qui vous aura ravie sans doute, et le Camino trouve alors le pont, marqué des signes jaunes, pour aller vers le centre-ville.
Il suffit de suivre le fléchage jaune. Le Camino remonte les boulevards pour arriver près de la Plaza San Juan, dont on visitera le monastère, au niveau de la Calle San Lesmes.
Sur la place San Juan, le monastère San Juan, en travaux, et l’église San Lesmes se font face.
Le Camino traverse alors le Rio Vena, passe sous l’Arc San Juan et remonte longuement la rue commerçante de la Calle San Juan.
Au bout de la rue, vous arrivez près de l’hôtel Norte y Londres, près de l’Office de tourisme, à deux pas de la Plaza Mayor et de la Cathédrale.

Section 6: Un petit tour à la cathédrale et dans les alentours.

 

Burgos (175’000 habitants) est une magnifique ville, avec un centre historique regroupé entre la Plaza Mayor et le Château Ste Marie. La Plaza Mayor, est une charmante et grande place circulaire, typiquement ornée de galeries, comme souvent en Espagne. La place, qui attire tous les touristes qui visitent la ville, sert cadre aux réjouissances populaires. Le Château Ste Marie, tout à côté de la place et de la rivière, dit aussi Arco de Santa Maria est une porte des murailles du XIVe siècle, dont la façade fut modifiée au XVIe siècle, comme arc de triomphe pour l’empereur Charles Quint. Elle présente les grands personnages de Burgos.

Daniel Cantón Wikipedia.                                                                                                                                                          Eltitomac Wikipedia.

Les rues sont larges, les places accueillantes, et de nombreux endroits la vue s’ouvre sur la majestueuse cathédrale. En faisant le tour de la cathédrale on peut voir comment les architectes ont utilisé l’irrégularité du terrain, pour ériger le magnifique cloître sur plusieurs niveaux, le premier étage du cloître étant de plain-pied avec l’église.
On pénètre dans l’église par le Portail du Sarmental (Portail du serment), avec des voussures et un magnifique tympan remontant au début de la construction.

La cathédrale Sainte Marie appartient au patrimoine mondial. C’est la troisième cathédrale d’Espagne par ses dimensions, après Tolède et Séville. La première pierre fut posée au début du XIIIème siècle, par l’évêque Don Muricio, de retour de France, impressionné par les constructions gothiques de là-bas. On commença par le chevet et le coeur, et le déambulatoire, qui sera agrandi plus tard. On ajouta durant tout le XIIIème siècle, le transept et la nef. Au XVème siècle, on recommença une tranche de nouveaux travaux en élevant les flèches de la façade, les chapelles. Le style alors changea un peu, inspiré de la Flandre et de l’Allemagne C’est l’poque du gothique flamboyant.

A l’intérieur du cloître, des maquettes montrent l’œuvre complète, tant l’édifice est si imposant qu’il est difficile d’en prendre une image complète.

Dans les allées latérales, truffées de chapelles, l’or rutile
La nef est très haute, assez dépouillée, ce qui n’est jamais les cas des autels qui resplendissent d’or et de bronze. Sur les allées latérales, les chapelles sont souvent closes de magnifiques grilles.
Près du cœur se dresse un extraordinaire ensemble de stalles en noyer qui racontent l’ancien et le nouveau Testament ou présentent des sujets mythologiques.
De splendides lanternes étoilées se lovent dans la croisée ou dans les chapelles, à plus de 50 mètres du sol.
C’est ici que sous les dalles sont enterrés le Cid et de son épouse Chimène. Le Cid n’est pas qu’une œuvre littéraire française, c’est un vrai héros national. Rodrigo Diaz naquit en 1043 à Bivar, un village près de Burgos, dont son père était seigneur. Il passa sa vie dans les combats, comme grand maître d’armes, ce qui lui valut rapidement le nom de Campeador. C’était un mercenaire, la plupart du temps contre les musulmans, lors de la Reconquista du pays arraché aux musulmans. Mais ils pouvait aussi changer de camp, c’est pourquoi les musulmans lui donnèrent le non de El Sid, le seigneur. Il mourut à Valence, où il régnait. Ses restes et ceux de sa femme furent ramenés à Burgos.
La sacristie et le cloître sont voisins de l’autel. L’architecture est assez complexe dans cet édifice.

En quittant l’église pour le cloître vous passerez à la sacristie et à son splendide plafond.

Le cloître est composé de galeries gothiques claires, bâties au XIVème siècle, avec un grand nombre d’objets décoratifs, fort bien exposés.
La mémoire du Cid est omniprésente à Burgos.

C’est un cloître à deux niveaux, majestueux.

Déambuler sous ces ogives séculaires, dans le labyrinthe du cloître, est d’une sérénité absolue.

Vous aurez une meilleure idée de l’ensemble de cet incroyable édifice, si vous gagnez l’autre portail, non accessible au public.

De derrière l’église, vous pouvez maintenant à l’assaut des ruines du château sur la colline. Vous passerez près due l’Hôtel du Cid, qui jouxte la paroisse San Nicolás de Bari.

Juste au-dessus se dresse l’église San Eteban, dont l’existence remonte au XIIème siècle. Burgos a érigé ici un Musée du Retable afin de préserver et de restaurer le patrimoine des églises abandonnées ou en cours de ruine.

Des escaliers montent alors vers la colline. En montant, vous aurez une belle vue entière sur la cathédrale et sur une toute petite partie de la ville.
Il ne reste pas grand chose du château, même si la ville a fait un effort didactique pour présenter l’histoire de la ville. Le château qui avait de nombreux aspects mauresques était sur la colline, 75 mères plus haut que la ville. Ce fut pendant longtemps une fortification majeure des rois de Castille. Mais lorsque sont arrivés les Habsbourg, le château perdit son statut de résidence royale, puis ses plumes lorsque, en 1813, les Français qui occupèrent la ville, détruisirent le château avec des explosifs.

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