48: Santo Domingo de la Calzada à Belorado

 

Longue vie à la N-120

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, le Camino va quitter la Rioja pour passer pendant de très nombreuses étapes dans la Castille y León, la région la plus étendue d’Espagne. Dans les confins de la Rioja, les vignes ont disparu pour faire place aux incroyables surfaces à céréales de la Meseta.

Allez, on dira qu’aujourd’hui, on va pouvoir se faire une idée plus précise, plus nette que celle que l’on a lu dans les guides, de ce que sera la suite du parcours jusqu’à León pour de nombreuses étapes, avec quelques exceptions. Car ici, vos pieds mesureront directement l’espace et la géographie. Vous aurez aussi un avant-goût très probant de ce qu’est la N-120, cette route qui traverse le pays depuis ici et qui va jusqu’à la mer. Vous aurez beaucoup de temps à disposition pour l’apprivoiser, et, qui sait, la dompter dans votre imaginaire.


Les dénivelés aujourd’hui (+308 mètres/-195 mètres) sont faibles. Il n’y a pas de grandes difficultés sur le parcours, tout au plus quelques ondulations un peu plus prononcées entre Castidelgado et Viloria, mais rien de méchant.

Dans cette étape, la grande partie du trajet se passe sur les chemins, souvent le long de la N-102. En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés. Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

Goudron: 5.2 km

Chemins: 17.0 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-santo-domingo-de-la-calzada-a-belorado-par-le-camino-frances-33790819

 

Section 1: Le long de la N-120.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Aujourd’hui, la météo est favorable. On annonce le beau temps sur la Rioja, mais les prévisions pour la fin de semaine sainte sont exécrables. Le chemin quitte la cathédrale de Santo Domino et continue sur la Calle Major.
Aux alentours du couvent San Marco, le Camino gagne une banlieue moins luxueuse. .
A la sortie du bourg, le Camino passe près de l’ermitage du Pont, une chapelle néo-romane, dédiée à Santo Domingo, érigée au début du XXème siècle, près du Rio Ojo.

Le Camino part lors dans les céréales sur un large chemin de terre, pour quelques centaines de mètres sur la droite de la N-120…

… pour la traverser rapidement et se retrouver à gauche de la route.
Et tout ce gentil petit monde de pèlerins s’aligne le long de la nationale, le long des canaux d’irrigation. Parfois un véhicule passe. On raconte que les automobilistes aiment klaxonner, baissent la vitre et encouragent les pèlerins. Mais ici, ils doivent être lassés de le faire. Ils en voient des centaines tous les jours.
Quelques buissons, de rares peupliers noirs et le soleil qui inonde cet univers de céréales sur les douces collines. On a un peu de pitié, par anticipation, pour les pèlerins qui passeront par ici en été. Aujourd’hui, il fait 12 degrés en Rioja.
Nos amis coréens sont maintenant presque intégrés dans le paysage qu’on pourrait les croire espagnols.
Une croix, un banc à l’ombre sous les peupliers, et certains font déjà la pause. Ici, un suisse arbore fièrement un ours sur son bagage, symbole de son canton de Berne.

Section 2: Le Camino va oublier un moment la N-120.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Le chemin de terre se rapproche alors d’un ouvrage pour traverser le ruisseau de Majuelos. Devant soi se dessine le village de Grañón.
Après le ruisseau, le chemin monte sur la butte à côté de la nationale
Dans ces étapes où aucun obstacle naturel ne vient troubler l’espace, la monotonie et l’uniformité des lieux, vous aurez souvent le sentiment d’être tout près du but. Mais, cela n’avance pas vraiment. Pour vous, le village est toujours aussi loin.
Pourtant, un virage et le village apparaît tout là-haut sur la colline au bout de la route goudronnée.
Grañón est le dernier village de la Rioja avant de pénétrer en Castille. C’est un village important, la preuve il y a même une pharmacie, qui signe toujours les vrais villages dans toute l’Europe.

Bien sûr, quand on passe dans le village, en fait une logue rue pavée, on ne peut avoir à aucun moment l’idée qu’un jour, au Moyen-âge, il y avait ici un château, des murailles. La cité appartenait à la Castille et le Chemin de Compostelle a été pour beaucoup dans son essor. Santo Domingo de la Calazada a détourné le chemin pour le faire passer par ici. Vous voyez que les itinéraires du chemin ont toujours été une question politique et économique. Rien n’a vraiment changé depuis le Moyen-âge.

Au milieu du village, l’église San Juan Bautista possède encore des fonds baptismaux de l’église originale du XIIème siècle, mais celle-ci a été construite au entre le XVème et le VIème siècle. Tout est sobre et sombre dans cette église.
A la sortie du village, le paysage s’ouvre sur les collines verdoyantes de la Castille-y-León. Nous ne serons donc pas restés longtemps dans la Rioja, juste pour avoir noté qu’il y a des vignobles, même si le chemin n’a pas traversé la région des grands crûs de la Rioja, qui sont plus près de l’Ebre. Mais, vous saurez au moins situer le pays lorsque vous tomberez sur une bouteille de rioja dans votre supermarché préféré.
Un large chemin, on dirait une autoroute, descend alors de la colline pour aller franchir le modeste ruisseau de Villar Medio, et remonte le flanc de la colline de l’autre côté.

Section 3: De la Rioja à la Castille y León.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Ici, il n’y a plus de vignes, il n’y en a d’ailleurs plus depuis Santo Domingo de la Calzada. Il n’y a que l’immensité des champs de céréales. Pour l’espace, l’infini, le néant, diront certains pèlerins grincheux, réjouissez-vous, ici cela ne fait que commencer sur le chemin qui monte doucement sur la colline. Pas un arbre, pas un seul coin d’ombre à l’horizon.
Au sommet de la colline, un panneau indique que nous sommes en Castille y León. Où passe la frontière, pour le pèlerin, peu importe, mais pour le paysan qui a ses champs ici, qui sait ? L’autonomie des régions d’Espagne fait que les impôts ne sont pas les mêmes partout
Le chemin est long, presque rectiligne dans les céréales pour aller au prochain village, à Redecilla del Camino. Par bonheur, pour de nombreux pèlerins, la N-120 est un peu à l’écart, ce qui diminue un peu leur déprime.
Pourtant, le chemin arrivera tout de même au village. On s’interroge de savoir dans quel univers voyageaient les pèlerins du Moyen-âge. Sans doute il y avait des arbres, avant que les paysans transforment le pays en un désert vert au printemps, brun en été. La seule chose qui est restée est le relief, les collines et les plaines que les hommes n’ont pas encore modifiées.
Le Camino traverse alors le village. On voit de plus en plus des maisons faites de briques apparentes, d’autres même en torchis et en pisé. Les villages de Castille ne sont pas opulents, déserts la plupart du temps. Les seuls vivants que l’on voit sont les pèlerins ou les locaux qui servent les pèlerins dans les “albergue”. Il n’y a pour ainsi dire jamais de bétail ici. Ces villages, pour la plupart, n’ont pas de commerces, ou alors rarement une petite échoppe avec l’essentiel, mais tous ont une grande église. C’et toujours ainsi en Espagne sur le chemin.
A la sortie du village, le Camino s’empresse de retrouver la N-120 et de traverser peu après le Rio Reláchigo.
Le Camino emprunte alors entre terre battue et goudron, une partie de l’ancienne N-120. Les pèlerins qui ont passé ici se rappellent tous de l‘ancienne N-120, un véritable cauchemar à l’époque. A côté, passe la nouvelle nationale, avec ici une circulation un peu plus soutenue. Il en est ainsi car l’autoroute ne passe pas dans les parages.

Section 4: Rien ne change ici dans le paysage, en Castille comme en Rioja.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: la seule partie du parcours un peu plus tourmentée.

Rapidement se profile le village de Castildelgado au bout de la longue ligne droite. Ici, on a dû planter les maïs récemment au milieu des orges et des blés. Puis, le chemin s’écarte un peu de la nationale.
Ce sont les vacances de Pâques, et vous voyez parfois défiler un couple ou un père avec des enfants. Ce dernier a l’air plus coopératif que d’autres camarades du même âge rencontrés en marche. Le chemin arrive alors à Castildelgado. Ici, nous sommes en Castille y León.
Le village est aussi dépeuplé que les autres villages de la région, aussi pauvre aussi. Il y bien évidemment l‘“albergue” et la grande église. Les coréens marchent un peu comme des ombres chinoises. On les devine à leur démarche à l’avance. Vous pouvez parler avec eux, du moins avec ceux qui savent quelques mots d’anglais. Ils restent aussi mystérieux que tous les mystères d’Orient. Il faudra bien qu’un jour, ils créent aussi un chemin là-bas chez eux, pour que les européens aillent s’y perdre et peut-être n’y rien comprendre.
L’église San Pedro est du XVIème siècle. On dit qu’elle possède des fonds baptismaux romans. On ne peut qu’y croire, l’église étant fermée.
A la sortie du village, le programme des prochains kilomètres s’affiche devant vous, à livre ouvert. Vous voyez avec votre œil aiguisé les pèlerins qui défilent jusqu’au prochain village le long de la route nationale. C’est sans surprise, on y va dès que le chemin rejoint la route sous les peupliers noirs, près du ruisseau de San Julian.
Alors, la sérénade avec la nationale recommence. Au loin, les pèlerins qui avancent ne sont que des petits points immobiles à l’horizon. Et vous n’êtes pas seul sur le chemin. Ici passent aussi les amoureux du chemin européen No1 qui traverse la Castille pour aller au Portugal. Ceux-là, vous ne savez pas qui ils sont. Ils n’arborent pas un écusson européen sur leur sac comme le font certains pèlerins du chemin avec leurs coquilles. Mais, on suspecte qu’ils ne doivent pas être légion.
Puis, le Camino quitte l’axe de la nationale pour une petite route goudronnée qui va vers le village. Car, il y a une surprise ici. Nous avons quitté momentanément la Castille pour retourner en Rioja, qui a poussé un peu sa corne ici. Est-ce la raison pour laquelle la route est goudronnée? La vie des gens est souvent faire de petits riens, qui ne sont sans importance pour vous, mais décisifs pour eux.
D’ailleurs quand la route arrive au village de Viloria, on précise Viloria de Rioja.
Rien ne distingue un village de la Rioja d’un village castillan. Ce sont les mêmes pauvres maisons de briques et de torchis, la même église, la même “albergue”, sauf qu’ici on insiste vraiment pour rappeler qu’on est en Rioja et que Santo Domingo est passé par ici.

Viloria de Rioja (1019-2019), le millénaire du chemin de Santo Domingo, peut-être, mais quel tapage! Heureux les gens qui sont nés quelque part, qui se montent le cou jusqu’à penser que le crottin fait par les chevaux même en bois rend jaloux tout le monde, a chanté Georges Brassens.

A la sortie du village, la route redescend de la colline vers la N-120 que l’on voit au loin. Celle-là, on ne l’évitera pas. Aujourd’hui, on est marié avec.
Le chemin repart alors le long de la N-120. Ici, un pèlerin fait le point sur son téléphone. Regarde-t-il ses mails ou fait-il un point pour savoir si le chemin a quitté la Rioja pour retrouver la Castille y León. Les panneaux de direction sur les routes sont angoissants ou rassurants, c’est selon. Ici on apprend que par la route nous sommes encore à 7 kilomètres de Belorado et à 52 kilomètre de Burgos? “C’est loin l’Amérique, papa”? “Tais-toi, nage”.

Section 5: Le long de la N-120 qui ne finit jamais.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Parfois, le chemin et la route dodelinent de concert sur de basse collines, dans un pays sans fin, avec si peu de repères, trop grand et à redécouvrir sans cesse, diront certains, ennuyeux jusqu’à la nausée, diront d’autres.
Une route qui va vers un village, pas perdu pour tous, coupe l’axe. Juste après, on voit le village de Viollamayor del Rio, qui est à nouveau castillan. On a dû passer la frontière sans le noter. Quand on vous dit qu’il y a peu de repères dans ce désert de céréales.
A l’entrée du village, le chemin traverse le ruisseau de Villamayor.
Dans le petit village, vous ne pourrez pas étancher votre soif à la fontaine communale ni visiter l’église de San Gil Abad, construite au XVIIIème siècle en style néo-classique baroque.
A la sortie du village, retour aux champs de céréales et à quelques champs de colza le long de la nationale. A mesure que l’on avance sur le chemin vers Santiago, le flux des pèlerins se dilue. Comme on peut passer la nuit dans tous les villages, certains y font halte, et vous ne les verrez plus. Mais, d’autres arrivent, notamment les espagnols qui occupent leurs vacances de Pâques.
Quand vous passerez par ici, vous aurez parfois le sentiment de marcher dans le désert pour marcher, sans dromadaire, sans ombre à perte de vue, sans but et sans retour possible. Mais où sont donc passées les légions coréennes et américaines du début du voyage? Comme des mirages, évanouies derrière les dunes? Mais, non. Les pèlerins, pour la plupart, même si le flux se dilue dans les grands espaces, font les mêmes étapes que vous. Vous les retrouverez le soir au coin du feu ou sur les couchettes à étages, dans les “albergue”.
Dans ces espaces où rien ne se passe, il faut avoir une vie intérieure meublée si on voyage seul, ou alors trouver des points de repère fondamentaux extérieurs, comme une route secondaire qui coupe le chemin. On salue alors l’événement comme quelque chose de marquant. L’alternative est de marcher en groupe, ce qui simplifie et complique à la fois les choses.

Section 6: Il y a aujourd’hui Belorado au bout de la route.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

Imaginez le plaisir qu’auront vos camarades de jeu, lorsqu’ils passeront ici dans les blés brûlés, en été ou en automne, avec peut-être la gourde vide, à 45 degrés de température. Alors, on diminue un peu le pas, par compassion, pour ne pas arriver trop tôt à l’“alberghe”.
Qu’ajouter de plus à une telle monotonie? Ah oui! Qu’on se réjouit d’arriver à la fin de l’étape et que nos camarades qui empruntent le chemin européen no1 partageront vraisemblablement nos états d’âme.

Comprenons-nous bien. Ce n’est pas l’immensité, la répétition inlassable des champs de céréales qui pose problème à de nombreux pèlerins. Certains adorent cela, d’autres le subissent sans maudire. Non, c’est la route qui gâche le plaisir, même si la circulation n’est pas effrénée sur l’axe. Les pèlerins n’aiment pas les routes. Ils sont venus pour se ressourcer dans la nature, la vraie nature, pas celle du goudron.

Pour aujourd’hui, le pensum s’achève, le chemin arrive à Belorado.
Le chemin traverse la nationale et continue au bas de la colline surmontant le bourg. C’est aussi la direction d’un château en ruines, élevé lors des conflits avec les musulmans au IXème siècle. Aucun pèlerin ne me montera là-haut, si ce ne sont les férus d’histoire espagnole. Et encore…
Le chemin descend alors vers le bourg.
Belorado (1’800 habitants) a longtemps été à la croisée des chemins entre la Navarre et la Castille. La cité est connue sous le nom de Belforatus, le “bien percé”, dans le guide du Pèlerin. Les rues de la vielle ville sont étroites, souvent tortueuses. Au Xème siècle, la Castille, en remerciement aux habitants d’avoir libéré la cité du roi de Navarre, accorda à la cité de nombreux fueros, dont le privilège de tenir marché le lundi, coutume qui anime toujours la Plaza Mayor. Comme quoi, il y a des privilèges qui traversent les siècles. Soyons réalistes, sans faire injure aux gens d’ici, les pèlerins ne garderont pas longtemps souvenir de cette cité où il n’y a rien à faire et pas grand chose à voir.
Il y a deux églises dans le village, les deux fermées à notre passage. L’église San Pedro, sur la place du village, d’origine médiévale a été profondémemt transformée en style baroque au XVIIIème siècle. L’autre église, Santa María La Mayor, avec son beau mur clocher, refaite en style Renaissance au XVIème siècle, est adossée à la falaise à l’entrée du village.

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