35: De Aroue à St Palais

Il serait grand temps de réhabiliter le passage par St Palais

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

La plupart des chemins du Pays Basque entre Aroue et St Jen-Pied-de-Port sont inscrits au Patrimoine des Chemins de L’UNESCO. Le bon docteur Clément Urrutibehety, de St Palais, a énormément travaillé en ce sens. Mais, il n’a pas réussi à faire classer les parcours vers St Palais pour les pèlerins venant du Puy. Et pourtant! L’UNESCO a reconnu le gué de Quinquil sur la Bidouze, à Behasque-Lapiste, bien qu’aucune voie de pèlerinage n’y passe de nos jours. Le gué, où passaient les pèlerins, est aujourd’hui altéré, masqué par les eaux de la rivière durant une partie de l’année, abandonné aux broussailles. Certains crient encore dans le désert pour qu’on réhabilite le gué et qu’on fasse passer le chemin de Compostelle à St Palais, là où il a toujours passé au Moyen-âge, du moins le croit-on. Alors, aujourd’hui, nous irons à St Palais, même si la dernière partie du trajet n’est pas très attrayante

A partir de Château Johanto/Aroue, il y a de nombreuses voies pour gagner St Jean-Pied-de-Port. Il existe pour commencer deux possibilités pour aller vers Olhaïby. Les pèlerins qui se sont arrêtés avant Aroue à la Ferme Bohoteguia ou à Bellevue, lorsqu’ils passent au Château Johanto tournent directement à gauche pour suivre le GR65. Ceux qui ont été dormir à Aroue prennent souvent la variante d’Aroue, un peu plus courte, et peut-être un peu moins belle que l’autre. Les deux chemins se rejoignent peu avant Olahïby.

Puis, à Benta, un autre choix s’impose. Le GR65 va vers Larribar-Sorhapuru, puis Bénéditénia. La plupart des pèlerins suivent ce chemin. Ils s’arrêtent plus bas, le plus souvent à Ostabat, car l’étape pour aller jusqu’à St Jean-Pied-de-Port est nettement trop longue. Une autre possibilité est de faire un petit saut vers St Palais. De St Palais, le chemin rejoint le GR65 à Beneditenia.

Pourquoi donc aller à St Palais? St Palais est une ville étape des pèlerins qui ont suivi la voie de Vézelay et la voie de Tours. Toutes les grandes voies de Compostelle se rejoignent donc avant Ostabat. En allant à St Palais, on trouvera une belle cité, aux pieds de la Bidouze, la belle rivière qui n’en finit pas d’étaler ses méandres dans la région. Et puis, le lendemain, vous allez marcher sur un des plus beaux tronçons du Chemin de Compostelle, le magnifique chemin de Xibaltare inauguré en 2014 pour remplacer l’ancien tronçon du GR654. C’est un chemin qui parcourt un jardin botanique d’altitude, passe sur la colline du Mont Saint-Sauveur où se dressent, contre les Pyrénées, les merveilleuses statues contemporaines de Christian Lapie. Le site est exceptionnel, avec une vue plongeante sur Beneditenia et sa montée lunaire vers la Chapelle de Soyarce. C’est peut-être bien le plus beau point de vue de tout le Chemin de Compostelle, autant que le Roc des Loups en Aubrac.


Aussi l‘étape du jour n’est pas très longue, avec de faibles dénivelés (+304 mètres/-389 mètres). Il n’y a qu’une montée un peu plus soutenue après Aroue et une descente pentue vers la Bidouze à signaler. Jusqu’à Benta, le trajet suit les magnifiques vallonnements du Chemin de Compostelle. Puis, sur la variante de St Palais, un chemin de terre suit longtemps la crête, avant de plonger sur la Bidouze. La suite du parcours n’est pas très excitante. Il faut monter à Béhasque-Lapiste et puis suivre la départementale qui va à St Palais. Par contre, St Palais est un véritable bijou, avec ses vieilles maisons accrochées à la rivière.

On vous a averti. Les logements sont assez déficients dans tout le Pays basque. Il vous faudra donc aller jusqu’à St Palais pour trouver un logement.

Les passages sur chemins et routes sont presque équivalents:

Goudron: 11.0 km

Chemins: 8.5 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-aroue-a-st-palais-par-le-gr65-puis-par-la-variante-de-st-palais-47781422

 

Section 1: Vers la belle colline dominant Aroue.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à plat sur la route, puis en montée, souvent pentue (mais à moins de 15%) vers la colline.

Que l’on ait passé la nuit à Aroue ou dans les gîtes avant le village, le mieux est de commencer la journée au Château Johanto. Ce n’est pas que la variante partant d’Aroue soit sans intérêt, mais en passant par la variante, vous manquerez la paix et la sérénité de la belle colline après Bégorre. Retrouvons-nous donc au Château Johanto, au carrefour où est plantée une croix de fer.
Ici, le GR65 tourne à gauche et passe près des eaux calmes et verdâtres d’un bijou de petit lac qui somnole dans la verdure.
Nous sommes dans le sud-ouest et il vous sera bien sûr difficile de fermer les yeux en traversant les inévitables maïs. Mais promis, ce sont presque les derniers, du moins dans une telle étendue.

Quelle est grande la sérénité qu’inspire cette croix de bois où s’amoncellent les vœux des pèlerins sous le grand chêne multi centenaire. C’est évident, les croix demeurent un lieu obligé du Chemin de Compostelle.

Vous mangerez bien un peu d’Ossau-Iraty ce soir avant le dessert. Plus on se rapproche des Pyrénées, plus le mouton prend le pas, mais très progressivement, sur les vaches Blanches d’Aquitaine.

Alors, vous n‘avez qu’à observer les mamelles pendantes de ces beaux spécimens de brebis du Pays Basque. Le Manech tête noire, qu’il soit brebis ou bélier, facilement reconnaissable à son port altier, arbore fièrement des cornes au-dessus de sa tête noire, de ses oreilles pendantes, de son corps couvert de laine blanche, monté qu’il est sur des pattes également noires. Le Manech tête rousse, esthétiquement, possède moins d’avantages dans l’existence. L’espèce est dépourvue de cornes. Mais sa toison blanche est plus imposante, avec ses longues mèches pendantes. Sa tête et ses pattes tirent sur le roux, d’où le nom de l’espèce. Mais alors, du côté de mamelles, il n’y a pas photo. C’est la plus productive du coin. Il arrive aussi que des croisements s’opèrent entre ces races, comme on le note dans ce troupeau. Pour fabriquer le fromage AOC Ossau-Iraty, vous ajouterez aussi un peu de lait de basco-béarnaise, la brebis la plus répandue du Béarn.

La petite route goudronnée alors arrive au tranquille village de Bégorre.
A deux pas, c’est le petit hameau de Etchebarria.
A la sortie de Etchebarria, le GR65 fait encore un peu de route. On voit alors ici augmenter le nombre de vaches dans les prés.
Puis, un large chemin de terre assez caillouteux s’en va vers la colline, sous les chênes et les frênes.
Un chemin de petite randonnée passe par ici. Ne vous laissez pas surprendre et suivez les marques rouge et blanc du GR. Ici, le chemin commence à monter sec sur les cailloux.

Derrière les vaches placides, on voit se dessiner de mieux en mieux les Pyrénées devant soi.

Ici, la nature chante, belle, avec un parterre de belles blondes d’Aquitaines, de véritables gagneuses qui raflent tant de concours de beauté dans les salons d’agriculture.

Le chemin monte au milieu des troupeaux jusqu’au sommet de la colline. C’est la seule montée un peu plus pénible du jour. Ces paysages ne vous rappellent-ils pas la majesté de l’Aubrac? Pour le bonheur du pèlerin, il ne lui faut souvent qu’un espace vide qu’il peut meubler à son aise, où il laisse vagabonder son imagination.

 


Magique, le mot n’est pas trop fort…

Au sommet de la colline, on voit sur sa droite le château d’Aroue dans la campagne basque. Sur sa gauche, on a presque le sentiment qu’on peut toucher du doigt les Pyrénées, tant les montagnes semblent si proches, derrière la colline arrondie parsemée de petits bosquets de chênes.
Le chemin descend alors de la crête dans le pâturage. Toujours, ce même charme qui fait que l’œil s’y attarde et ouvre les portes d’un monde de simplicité et de sérénité.

Section 2: Montagnes russes dans les sous-bois et les pâturages.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté, le plus souvent en descente, même si certaines pentes peuvent avoisiner les 15%.

Le chemin se balade encore un peu sur le petit haut plateau dans cet incroyable paysage, si généreux pour l’âme et les yeux.
Il gagne progressivement un petit sous-bois de feuillus. Alors, le chemin devient plus caillouteux, dans les fougères calcinées par le soleil.
Peu après, les moutons et les vaches font bon ménage, près d’une clairière au lieudit Harguinaborda. Le pays est ici d’un charme indicible.
Le chemin alors ondule un peu dans le sous-bois, dans les frênes et les chênes, jusqu’à rejoindre une petite route au hameau d’Aizaguerrea, là où la variante venant directement d’Aroue rejoint le GR65. On voit de plus en plus apparaître l’architecture des maisons du pays basque, blanches avec leurs volets rouges.

Soyez attentifs sur le trajet. Tous les chemins et petites routes se ressemblent. Des panneaux de direction, on en trouve partout sur le parcours, mais ils sont de peu d’utilité. Rivez vos yeux sur les signes rouge et blanc du GR, au risque de vous perdre. Même la direction pour le village de Olhaïby n’est jamais indiquée. C’est souvent le problème, lorsque les panneaux se multiplient. Ils ne font qu’embrouiller le pèlerin qui chemine.

Depuis le hameau, le chemin continue de descendre dans le sous-bois épars. La pente est soutenue sur les petits cailloux.
Il descend au fond du vallon, où il rejoint une petite route goudronnée. Ici, même les ruines ont une âme.

Il n’y a sans doute que des paysans qui habitent ici. Qui d’autre viendrait se perdre ici dans une région, presque en dehors de la civilisation? Il n’est guère que les pèlerins qui avancent sous leur sac, à part quelques rares paysans rencontrés ci et là, qui donnent une touche de couleur et de vie dans ces contrées. C’est souvent ainsi que le Chemin de Compostelle montre sa meilleure âme.

Bientôt, la petite route traverse alors un nouveau sous-bois, en légère montée, jusqu’aux rares maisons de Etchebarnia.
La route se dirige alors vers Olhaïby et gagne un petit carrefour, où une direction est donnée pour la Chapelle de Olhaïby.

Olhaïby, ce nom résonne à l’oreille des pèlerins. Mais, il n’y a pas grand chose à se mettre sous le pavillon, juste une poignée de 3 à 4 maisons. La Chapelle est à deux pas, au fond du village. Mais, attention! Le GR65 n’y va pas. Il vous faudra retourner sur vos pas. Dès lors, les pèlerins n’y font guère le détour.

Depuis la bifurcation d’Ohlaïby, une petite route goudronnée monte sur la colline et transite par la ferme de Etchecoin.
La saison est déjà bien avancée et on travaille ici. La preuve, la moissonneuse crache dans la remorque les petits grains jaunes, le labeur de l’année.
Plus haut, mais cela ne monte que peu, la terre battue remplace le goudron, quand le GR65 passe sous le hameau de Aïntcia.
Ici, la campagne est un peu plus diversifiée. Le maïs pousse toujours, mais sans doute plante-t-on aussi des céréales, comme le montre la présence de terres défrichées cette période. Il y a moins de vaches dans les prés qui sont très nombreux. Parfois un petit sous-bois de chênes et de frênes apporte un peu d’ombre.
Plus haut, le goudron prend la place du chemin de terre, au niveau du hameau de Casabonne. Les maisons basques, vous le reconnaîtrez à l’aise. C’est comme si elles portaient une signature avec leurs pans de bois apparents, peints le plus souvent en rouge brun, contrastant avec la maçonnerie généralement blanche. Certes, elles varient en fonction de leur localisation ou de la richesse des propriétaires. Mais, elles ont toutes un air de famille. Les plus riches arborent, au-dessus de la porte d’entrée, leur date de naissance ou le nom de leur propriétaire. Ecrits en basque, bien évidemment!

Section 3: Dans les pâturages célébrés par l’Unesco.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans grande difficulté.

A Casabonne, le GR65 suit la petite route de campagne sur de longs bouts droits ondulant dans la campagne. Ici, on annonce le programme. La chapelle de Soyarze est à 2h30 d’ici. Comme, la très grande majorité des pèlerins ne va pas à St Palais, cela leur indique qu’ils sont à près de 4 heures du but de leur étape, qui souvent est Ostabat.
C’est de la campagne ouverte, de la belle campagne, avec ci et là un bouquet d’arbres, le plus souvent des chênes.
La route descend alors légèrement, puis remonte pour rejoindre la grande ferme de Jaurriberia, le dernier signe de présence humaine ou animale avant longtemps.
Depuis Jaurriberia, un chemin monte sur la crête, dans les chênes épars. Il est large à souhait, recouvert de gravillons.
C’est le monde du silence. C’est sans doute aussi pour ces raisons que les instigateurs de l’UNESCO ont notifié ces chemins. Non que ces derniers détestent la civilisation, mais ils aiment avant tout la grandeur des espaces déserts, avec ci et là une maison isolée, voire une ferme délabrée témoignant de la présence fugitive des hommes. Nous les comprenons si bien!
Dans cet univers où la nature se vit en liberté, se transforme en art brut, parfois la terre est noire comme du charbon.
Plus haut, le chemin arrive sur un petit plateau. C’est à partir d’ci que le chemin repart entre landes et pâturages, dans des territoires d’exception, un des plus beaux ravissements du Chemin de Compostelle. Sur les bords du chemin, les fougères nous rappellent que le Pays basque ne manque pas de pluie.
Rares sont ici les signes du travail des hommes. Ici, rien ne vient troubler le pèlerin qui chemine, dans le bon air pur des Pyrénées. Quand vous passerez ici, vous ne serez que peu surpris de voir les nombreux pèlerins qui s’arrêtent pour piqueniquer en se glissant sous les barbelés ou faire une petite sieste dans l’herbe. Tout marcheur sait reconnaître les lieux d’exception.
Hélas, nous savions bien que ce rêve éveillé n’allait pas durer éternellement. Alors, au détour du chemin réapparaissent les maïs, quoiqu’assez discrets ici.
Mais, globalement, le paysage reste charmant, quand à l’approche de Benta le chemin se met à descendre un peu.

N’est-on pas loin du monde dans cet univers de douces collines, avec en toile de fond les Pyrénées?

Le chemin de terre arrive bientôt à Benta.

Soyez attentifs ici, si vous entendez continuer sur St Palais. Benta, ce n’est qu’une maison de pierre au bord du chemin. Un panneau vous invite à faire halte dans l’Ancien Couvent des Franciscains à St Palais. Ici, les pèlerins qui vont à Ostabat tournent à gauche, ceux qui désirent aller à St Palais vont tout droit.

Nous sommes passés trois fois ici, et deux fois avons pris la route de St Palais. Ce n’est pas que le parcours traditionnel vers Benedetenia ne nous plaît pas, mais nous sommes des inconditionnels de l’autre voie. Un jour, nous décririons le chemin traditionnel, qui est plus beau que la voie qui mène à St Palais, mais qui, par la suite, ne passe pas sur les hauteurs, vers les incroyables statues de bois de Christian Lapie, en face de la montée de Soyarze. Rien que cela justifie à coup sûr le crochet de St Palais.

Sur la variante de St Palais, vous n’êtes plus sur un GR. Alors, les indications de direction sont moins nombreuses, moins évidentes (écriteaux jaunes). Il faut parfois les deviner sur le bord de la route. Mais, il n’y a aucun risque de se perdre. C’est tout droit, sur un large chemin, pendant des kilomètres, jusqu’au moment où le parcours descend sur la Bidouze, et le petit lac de Béhasque.
C’est un large chemin qui part à plat dans la campagne. Un peu plus loin, il surplombe la gigantesque ferme à canards de Iratcheta, la plus grande que vous allez rencontrer sur le Chemin de Compostelle.
La route de terre longe longtemps la crête, bordée de petites haies de fougères et de broussailles, piquetée de petits chênes. Ne prêtez que peu d’attention aux panneaux de direction. Pour vous, c’est toujours tout droit.

Section 4: Au fond du vallon coule la Bidouze.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: pentes souvent prononcées en descendant vers la rivière.

La magie dure encore un peu. L’exubérant paysage de pâturages reste encore omniprésent, comme avant Benta.
Puis, le chemin se met à descendre vers la plaine, d’abord en pente assez douce, le long des haies de buissons et de chênes.

Bientôt, à l’horizon on aperçoit St Palais à travers les feuillages. Mais, vous n’y êtes pas encore. Loin s’en faut!

Plus bas, le goudron substitue la terre battue et la route se met à descendre plus sèchement de la colline.
Plus on descend, plus la pente s’accentue, parfois atteignant les 20%.
Au fond de la colline, la route arrive à Quinquilenia, près de la Bidouze, que l’on ne peut que deviner derrières les arbres et les broussailles. Ce n’est pas loin d’ici que passait le gué de Qinquil, aujourd’hui condamné. Ce gué, reconnu par l’Unesco au patrimoine de l’humanité, a une longue controverse. Historiquement, on ne sait pas vraiment où passait le chemin. Sans doute par ici, car pour qui aurait-on créé un gué. Mais, certains experts disent que le chemin n’allait pas à St Palais. D’ici, il allait directement vers la Chapelle de Soyarce.
Quoiqu’il en soit, alors, les pèlerins atteignaient-ils assez rapidement St Palais? Pas nous! Il nous faudra aller jusqu’au village de Béahsque-Lapiste, assez banal, il faut bien le dire, après avoir sillonné de si beaux paysages. La route traverse alors la petite plaine, et on aperçoit rapidement l’église du village sur la colline.
La route traverse la plaine où s’exprime surtout le maïs.
Dans la plaine, potentiellement inondable, ce n’est qu’un petit ruisseau que l’on remarque à peine, le Chichan Erreka, qui, déchaîné, peut causer des dégâts ici. En basque, Erreka signifie “ruisseau”.
A partir du pont sur le ruisseau, la route se dirige vers Béhasque-Lapiste. Il y a plusieurs routes pour gagner le village, mais aucune indication n’est présente sur le chemin, du moins quand nous sommes passés par ici pour la dernière fois. Peut-être que cela a changé aujourd’hui, car les cartes de Miam Miam Dodo proposent plutôt d’aller vers la chapelle de Lapiste. Pour notre part, nous avons donc suivi la Route Garaia, qui a l’avantage de gagner tout droit la route départementale D11. Mais, l’ennui, c’est que vous devrez marcher plus longuement le long de la départementale. Alors, suivez ici la route de Kinkil, plus agréable, avec de petites routes qui traversent le village, qui vous permettront de raccourcir nettement la marche sur la départementale.

Section 5: A St Palais, sur la Bidouze.

 

Aperçu général des difficultés du parcours:parcours sans difficulté.

N’ayant pas d’images à vous proposer sur ce passage dans le village, voici le parcours qui est conseillé, peut-être aujourd’hui fléché.

A la sortie de Béahasque-Lapiste, vous arriverez donc sur la départementale D11, à Aicirits, la banlieue commerciale et industrielle de St Palais, moche comme partout sur la planète.
La route part alors vers St Palais, au bord de la Bidouze. Chemin faisant, près de l’hôpital, un logement est disponible.
Ici, vous pouvez continuer sur le trottoir ou traverser le parc dans l’herbe et la terre battue, qui longe la rivière.

La Bidouze est à deux pas, verdâtre, calme et accueillante. Les arbres lui font comme une couronne sombre.

La vieille ville est accrochée sur la rivière. Qui dira l’élégance de ces vielles façades qui trempent leurs pieds dans l’eau? Ces demeures ne radotent pas, malgré leur grand âge. Elles nous parlent des ancêtres qui ont poli ces marches, dessiné ces arcades pour permettre l’accès à la rivière.

Au bout du parc, on arrive près du pont sur la Bidouze, près d’une cascade sur la rivière. Personne ne saurait dire ici si les pèlerins d’autrefois qui auraient raté les pierres glissantes du gué de Quinquil en amont, n’auraient pas aussi risqué leur peau ici, en se faufilant sur les pierres de la rivière.

Mais aujourd’hui, il y a un pont pour gagner le centre du bourg.
St Palais, une petite cité pleine de charme, compte 2’000 habitants. Si c’est une bourgade tranquille en journée, en fin de journée, la circulation est extrêmement dense, car les axes sont à sens unique et qu’il y a beaucoup de pendulaires qui travaillent dans la région.

Du fait de sa position géographique, en proximité des nombreux gués qui permettaient de traverser la Bidouze, St Palais, qui possédait aussi un prieuré-hôpital était un point névralgique des voies venant de Tours, Vézelay et du Puy. Évidemment, depuis que la voie du Puy, la plus fréquentée, ne passe plus ici, le trafic des pèlerins est devenu plus discret. Seuls passent ici les pèlerins qui suivent la voie de Tours ou de Vézelay, et de rares pèlerins, comme nous. Mais, il est grand temps que cela change, du moins osons-nous l’espérer.

Gastronomie locale

La piperade est incontournable au Pays Basque. Elle se cuisine à toutes les sauces, si on ose le dire ainsi. Elle accompagne le jambon de Bayonne, le poulet, le ragout d’agneau, les œufs ou du poisson. Tout en quelque sorte! Si on l’appelle piperade (de l’occitan béarnais piperrada, pipèr: piment rouge), c’est que le mets contient du piment. Bien évidemment, du piment d’Espelette, le produit phare du pays.

Même si la piperade est traditionnellement rouge, on peut varier les couleurs et les saveurs en choisissant des oignons violets et des poivrons jaunes ou oranges, et en ajoutant de la courgette. Ce plat est élaboré en dorant dans une casserole de terre cuite (cazuela) des tomates épépinées, des poivrons, des oignons, ou d’autres légumes. On y ajoute du thym, du laurier, de l’ail, une pincée de sucre, et bien évidemment le piment d’Espelette. On cuit lentement le tout à couvert, à feu doux. Plus on attend, plus les poivrons sont tendres et agréables en bouche.

Logements