33 : De Maslacq à Navarrenx

La splendeur d’une vieille bastide au bout du chemin

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, nous traversons le Nord du Béarn, direction Navarrenx, à la limite du Béarn. Nous sommes dans le pays des deux plus grands gaves des Pyrénées. Hier, c’était le Gave de Pau, aujourd’hui c’est le Gave d’Oléron.

Et c’est justement au pied du gave d’Oléron que l’étape s’achève. Navarrenx a toujours occupé une position stratégique en regard de la France et l’Espagne. Son statut de bastide remonte à la nuit des temps, au XIIème siècle. Les bastides ont toutes une architecture assez précise, notamment de grandes places d’où partent les rues à angle droit, principales et secondaires, avec des lotissements réguliers de maisons. Navarrenx est remarquable en ce sens. Navarrenx contrôlait au Moyen-Âge l’axe des pèlerinages vers Compostelle. Elle devint assez vite une grande forteresse, avec de puissants remparts, encore présents aujourd’hui. Navarrenx conserva jusqu’au XIXe siècle sa vocation militaire avec l’aménagement de casernes, d’un arsenal. Mais aujourd’hui, ce n’est plus qu’un grand centre agricole du Béarn, une cité où passent en nombre les touristes et les pèlerins de Compostelle.

Le parcours part aujourd’hui sud-ouest vers la fin du Béarn. C’est une très belle étape, malgré la présence du goudron, avec des paysages très variés.


C’est une étape avec des dénivelés peu spectaculaire (+457 mètres/-412 mètres). Mais, c’est une étape casse-pattes, cachant tout de même quelques difficultés. Si la descente sur le gave de Pau et sur Maslacq ne pose aucun problème, quelques vallonnements par la suite sont assez plus pénibles. Il y a d’abord une longue montée assez sévère sur la Chapelle de Muret. Puis une bosse sans fin précède une descente aussi raide sur l’abbatiale de Sauvelade. Puis la route monte et descend sans cesse avec de fortes pentes de l’ordre de nettement plus de 15%, avant de se calmer dans la forêt de Méritein, à l’approche de Navarrenx et de sa banlieue.

Aujourd’hui, c’est une journée sur le goudron, même si ce ne sont que de petites routes secondaires. Le GR65 traverse toute cette région entre Orthez et Pau:

Goudron: 18.8 km

Chemins: 3.3 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-maslacq-a-navarrenx-par-le-gr65-59308791

 

Section 1: Encore des maïs jusqu’à l’oratoire de Notre Dame du Muret.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté, si ce n’est la montée vers l’oratoire.

Le GR65 sort rapidement de Maslacq, dans une banlieue très proprette et aménagée avec soin, près d’une complexe sportif et d’un parc.
Assez rapidement, à Moulin Simon, il traverse la petite rivière de Geü. Les cours d’eau dans le pays portent des noms charmants, des noms occitans. Ici, les eaux sont devenues enfin claires dans les ruisseaux.

Ici, le GR65 quitte l’axe principal pour traverser une minuscule zone industrielle et gagner la plaine du Gave du Pau.

Aviez-vous oublié les champs de maïs? Eux ne vous ont pas oublié. Ici, vous allez être comblé, à plat sur un grand kilomètre, le long d’un large chemin de terre battue. Eh oui, le gave du Pau coule à quelques centaines de mètres de la route. Un bienfait pour l’or jaune.
Chemin faisant, on annonce le sanctuaire de notre Dame de Muret. Mais, est-ce vraiment utile, car la majorité des pèlerins ne fait pas le détour? Sur la plaine, on constate qu’en saison on y fait aussi pousser des blés.
Puis, le paysage change lorsque le chemin longe un instant le gave de Pau. Les sous-bois de chênes et de peupliers prennent le dessus sur les cultures.

Le Gave de Pau coule majestueusement derrière les feuillus du chemin. Les Pyrénées Atlantiques ont la chance de disposer de très belles rivières, ce qui n’était pas le cas auparavant dans le Gers.

Plus loin, le chemin commence à monter vers la colline.

Au pied de la côte, une belle ruine, faite de galets de la rivière, étale encore ce qui lui reste de grandeur, mangée par les années, le lierre et les broussailles.

Près de la maison en ruines, la montée vers la chapelle de Notre Dame du Muret commence sérieusement sur un chemin assez caillouteux. Ici, vous allez apprécier, c’est couru d’avance. La montée est constante, à près de 15% de pente, au milieu des chênes, des charmes et des châtaigniers.

Cela vaut son lot de sueur…

Au sommet de la dure montée, le chemin arrive bientôt à une intersection: à droite le GR65, à gauche le sanctuaire du Muret.
La plupart des pèlerins ignorent la chapelle. Un détour de plus! Certains pèlerins sont rivés sur les marques rouge et blanc du GR. Ils verraient à côté d’eux un billet de 500 Euros, qu’ils n’auraient pas le temps de se baisser pour le ramasser. Pourtant, ils ont tort. Le sanctuaire est niché à quelques centaines de mètres de là dans un cadre bucolique.

C’est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage en septembre. Ici, au XIème siècle, l’évêque de Gascogne fit ériger une église. Ce fut un lieu de pèlerinage célèbre pendant 500 ans jusqu’à l’époque de la Réforme, où le site fut vandalisé. Rien ne subsiste de l’église primitive.

Si vous faites partie de la catégorie des gens pressés, alors à l’intersection, tournez directement à droite, pour retrouver le charme de la campagne béarnaise.
Le chemin de terre monte encore un peu, depuis la bifurcation de la chapelle. Ici, les prairies disputent la terre aux maïs. En dessous s’étend la plaine fort peuplée, baignée par le Gave de Pau.
Au sommet de la côte, le GR65 retrouve le goudron près du hameau de Mercé.
Un chemin de terre coupe derrière une maison de pierre pour aller jusqu’au sommet de la colline.
Du sommet, une route goudronnée redescend de la colline. Ici, la chèvre de Mr Seguin demande en vain aux pèlerins de la libérer de ses liens pour pouvoir aller gambader dans la montagne.

Section 2: Par monts et par vaux dans la campagne béarnaise.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques pentes très marquées, autant en descente qu’en montée, parfois à près de 15%.

La route redescend alors progressivement vers la rivière de Geü. Elle passe près du petit hameau de Saubade et de ses fermes à galets de pierre. Certes, ce ne sont pas des demeures de luxe, mais tout le coeur du Béarn bat dans ces demeures, si modestes soient-elles.
Le Béarn est ici charmant et ravissant. Il y a bien sûr encore du maïs, mais surtout des prairies avec des Blanches d’Aquitaine.

La route descend encore. Les pentes ne sont jamais excessives, rarement à 15%. Au bas de la descente, le GR65 traverse à nouveau le Geü, dissimulé sous les herbes folles.

Après le ruisseau, la route goudronnée remonte en pente douce dans les chênes vers le hameau de Lacoume.

A Lacoume, où on retrouve les maïs en abondance, le GR65 retrouve un chemin de terre et d’herbe qui se faufile entre maïs et sous-bois.

On vous l’a souvent dit. Le Chemin de Compostelle ne peut ignorer la présence d’un cours d’eau, si modeste soit-il. Il faut qu’il y aille et pour y aller c’est toujours la même chanson. Il faut descendre pour remonter par la suite. Alors, selon le scénario préétabli, mais ici il n’y a pas de descente abrupte, le GR65 va descendre légèrement dans le sous-bois jusqu’à enjamber le petit ruisseau de Soularau.

Depuis le ruisseau, c’est une route qui remonte dans les maïs.

Puis, près du hameau de Larqué, une route remonte en pente douce pour gagner un petit carrefour où on annonce Sauvelade à grand renfort de publicité. Les pèlerins sont souvent réconfortés par ces encartés publicitaires. Cela prouve toujours qu’ils sont sur le bon chemin et que leur gosier, parfois asséché, ou leurs jambes lourdes vont retrouver sous peu goût à l’existence. Mais, c’est tout de même une demi-heure pour gagner l’abbaye de Sauvelade et 4 heures jusqu’à Navarrenx. Une paille, quoi! Et aussitôt, la route se met à monter.

Car du courage, il en faudra pour affronter le prochain quart d’heure, d’autant plus que devant vous se profile une montée sévère. Vous voyez tout là-haut sur la colline la route zigzaguer dans la prairie. Vous allez apprécier la montée qui s’annonce. La pente moyenne est de 10%. Raisonnable, non? Mais certains tronçons vont jusqu’à 20% sur moins d’un kilomètre.

Dans les prés, les belles Aquitaines se prélassent sous les chênes, les châtaigniers et les frênes. C’est le charme envoutant du Béarn.

Pour déguster à l’apéritif ou au dessert…

Quand vous apercevrez la petite cabane en bois au bord de la route, sachez que la délivrance est proche! Ici, il y a un arrêt de bus, et le bus ne passe pas toutes les heures, mais il y a un bus, ce qui est remarquable pour la France.

Enfin délivrance n’est peut-être pas le mot adéquat. Car, la descente sur Sauvelade est encore plus pentue, parfois jusqu’à 25% d’inclinaison. Mais, c’est de la descente! Mais, pour les genoux endoloris, c’est souvent encore plus pénible.

Au bas du vallon, la pente s’atténue dans la douce campagne.

La route arrive alors à un carrefour stratégique. Soit, vous descendez par le chemin caillouteux vers le pont romain, soit vous suivez la route vers l’abbatiale. Les annonceurs de gîtes vous invitent à suivre leur point de vue. Choisissez. Si vous préférez le pont romain, vous ne verrez pas l’abbatiale. On dira tout de même que ce serait dommage de rater le site de l’abbaye, même si elle a perdu la grandeur de son passé. Pour le pont romain, on peut aussi y passer en faisant un tout petit détour à la sortie de Sauvelade.

Si vous suivez la route, celle-ci continue à descendre vers Sauvelade le long des sous-bois et des maïs.

Section 3: En passant par Sauvelade, qui a perdu de sa superbe.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours avec des pentes prononcées.

Au fond du vallon coule le Laâ, juste avant l’abbatiale.

L’église de Sauvelade, l’ancienne chapelle abbatiale construite par les moines, est le seul vestige de l’abbaye, détruite lors des guerres de Religion. L’abbaye bénédictine fut fondée en 1128 par Gaston IV le Croisé, vicomte de Béarn, sur le point de prendre le départ pour participer à la croisade, et devint un haut lieu du pèlerinage de Compostelle. Lorsqu’elle fut reprise plus tard par les cisterciens, son influence décrût, car ces moines n’étaient pas des fanatiques des reliques. Les protestants détruisirent l’abbaye en 1569, conservèrent l’église qui devint un lieu de culte protestant. A la Révolution, l’église devint église paroissiale. Les bâtiments alentour furent récemment restaurés pour en faire des bâtiments administratifs ou culturels. Quand nous sommes passés ici, l’église était en restauration.

Des murs austères donnent sur la route où passe le GR65. Sauvelade est une halte bienvenue et appréciée des pèlerins, même s’il ne reste pas grand chose de l’ambiance de jadis. On peut se restaurer et loger ici, mais aussi dans la périphérie. Mam Miam Dodo fait le répertoire des gîtes un peu éloignés du chemin.

Voici à quoi ressemble aujourd’hui le complexe. Il faudra des centaines d’années pour que le site regagne la ferveur que l’on décrivait il y a fort longtemps.

Le GR65 quitte Sauvelade à plat sur la petite départementale D10.

Il va le faire jusqu’à abandonner la route départementale au lieudit Beigbeder.

La route va monter en paliers, en pente forte mais rarement excessive, sur des kilomètres. Au départ, elle passe dans les sous-bois dominés par les chênes, croisant au passage le ruisseau de Salières.

Puis, la route sort du sous-bois pour les prairies. Aucun signe de civilisation sur la route avant d’atteindre quelques maisons à Plaâ et Chardiesse.

Le bétail est omniprésent dans les prairies. Ici, ce sont avant tout des Blanches d’Aquitaine comme partout dans le département, arpentant les prairies verdoyantes ou les pentes pyrénéennes.

Certains diront que ces vaches n’ont pas la beauté et la douceur des Aubrac. Sans doute, ce ne sont pas de jeunes jouvencelles, mais des vaches de grande taille, reconnaissables à leur robe fine, à leurs muqueuses roses. Ces vaches n’ont en tout cas rien de commun avec les Holstein et leurs mamelles pendantes.

La route passe alors au hameau de Chardiesse. Il n’y a pas de village organisé ici, que de fermes isolées le long de la route.

A Chardiesse, la montée n’est pas terminée. Vous aurez parfois le sentiment que vous n’atteindrez jamais le sommet de la butte C’est à partir d’ici que la pente est la plus sévère, parfois même jusqu’à 20%, dans les bouquets de chênes verts.

Au sommet de la colline, la route rejoint un petit plateau près d’une ferme isolée nichée dans les arbres.

Nous sommes au lieudit Le Hameau de Bugnein et on annonce Navarrenx à 2h30 d’ici.

Section 4: Montagnes russes conséquentes entre sous-bois et campagne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours casse-pattes, avec de la pente, parfois très sévère.

La route musarde alors sous les chênes et les frênes sur le sommet de la butte, en direction de Berduque.

Berduque, c’est un peu la quintessence du Béarn, avec ses troupeaux éparpillés dans la belle nature. Ce sont des Blanches ou des Blondes d’Aquitaine, ce qui est la même définition.

Au Moyen-âge, ces vaches robustes étaient utilisées pour la traction avant tout, mais pour le lait aussi. Elles sont issues de trois rameaux regroupés depuis sous l’appellation “Blondes d’Aqutaine”. Aujourd’hui, elles sont avant tout sélectionnées pour la production de viande. Le plus souvent, vous verrez leur pelage blanc. Mais, elles peuvent porter une robe allant du blanc crème au froment, comme ici et des muqueuses claires. Elles portent des cornes blanches à l’extrémité foncée à noire, courtes ou en lyre. Ce sont les vaches françaises de plus grande taille, pesant environ 1500 kg pour les mâles et 1000 kg pour les femelles. Elles ont une particularité fort intéressante. Elles savent faire vibrer leur peau pour faire fuir les mouches.

La sérénité des paysans règne en ces lieux. Ici, une halte bienvenue est à disposition des pèlerins. Les gens d’ici savent que la montée a été rude et que ce n’est pas encore le bout de l’étape.

Depuis Berduque, la route descend vers Bugnein/Matheu dans la riante campagne.

Ici, la descente est sévère, souvent avoisinant les 20% d’inclinaison. Quand vous jetez un coup d’œil à l’horizon, vous salivez à l’avance, car vous savez déjà qu’il faudra remonter le flanc de la colline devant vous.

Pour votre plaisir…

Au bas de la descente se niche une magnifique demeure qui sert de logement et qui chante au bord de l’eau sous le grand saule.

Là, la route traverse le ruisseau de Saleys.

Alors sans surprise, comme anticipé, la route remonte le flanc de la colline.

Ici, la pente est à près de 15% entre prairies et sous-bois, le long des fermes.

On l’a dit souvent, c’est dans ces endroits, quand le parcours est plus pénible, que l’on voit s’égrener les pèlerins sur le chemin.

La remontée du vallon est sévère jusqu’au hameau de Lanéga.

A partir du lieudit Bernata, ce sont les vacances. On laisse derrière soi les côtes, les montées, les descentes pour se complaire à plat. Hélas toujours sur le goudron.

Alors, pour notre plus grand plaisir, on retrouve parfois des maïs que l’on pensait avoir définitivement enterrés.

Les vaches alanguies dans les prés se demandent sans doute pourquoi s’agitent tous ces étranges animaux avec un sac sur le dos.

Peu après, le GR65 passe à un carrefour près du hameau de Boussaque.

Il n’y a pas grand chose à vous plonger l’âme dans la contemplation. Il n’y a qu’à avancer, jeter un coup d’œil parfois à une ferme au bord de la route ou un peu plus loin.

Section 5: Promenade dans la campagne et le bois de Navarrenx.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La route s’en va alors vers Méritein. Ici, le paysage devient un peu plus sauvage, désordonné, ce qui n’est pas pour déplaire à de nombreux pèlerins.

La route goudronnée désossée se rapproche progressivement de la forêt de Navarrenx, au milieu des chênes et des châtaigniers.

La route pénètre alors dans la belle forêt de Méritein, sous les grands chênes aux bras noueux, comme un océan de cimes caressées par le vent.

La petite route désossée, plutôt un large chemin de terre, descend alors entre 10% et 15% dans la forêt.

Elle descend jusqu’à un point d’eau au bas du vallon. Depuis de nombreuses années, une secte a pris ménage dans la région de Navarrenx. Apparemment, elle est toujours encore en activité. Les gens d’ici disent que les membres venaient jusqu’au bord de la fontaine pour offrir le gîte et le couvert aux pèlerins. On connaît le discours de ces bienfaiteurs de l’humanité!

C’est alors une belle balade sur la large avenue de terre battue sous les chênes, les châtaigniers, les charmes et les érables.

A la sortie du bois, la route gagne les premières maisons de Méritein.

Alors, on retrouve parfois un peu de maïs, mais si peu.

Plus loin, le GR65 retrouve le vrai goudron. Ici, le pays s’ouvre et le petit ruisseau de Lucq sillonne la plaine.

Alors, la route chemin un peu en compagnie du ruisseau, en direction du village.

On va finir par abandonner le ruisseau à son sort, pour arriver à Méritein, petit village sans caractère particulier, avec son église St Jean Baptiste bâtie au XIXème siècle.

Section 6: En route pour la forteresse de Navarrenx.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Le trajet de Méritein à Navarrenx ne restera pas dans les annales. Ce sont près de deux kilomètres le long de villas sans grand caractère, le lot des petites villes et des bourgs d’aujourd’hui. Quand c’est petit, l’avantage est que vous évitez les zones industrielles et commerciales.

Il n’y aura pas grand suspense à vous annoncer que vous retrouverez les maïs.

L’entrée dans Navarrenx de ce côté du village n’annonce pas vraiment un village classé.

Dans le faubourg, la route va alors traverser l’Arroder, un petit ruisseau qui se jette dans le Gave d’Oléron.

Puis elle se rapproche progressivement de la citadelle de Navarrenx.

Bientôt, vous vous trouvez en face de la forteresse qu’on disait imprenable. A première vue, elle ne vous paraît pas si imposante que cela. Du moins de ce côté!

Navarrenx est une bastide, et comme toutes les bastides, il y a une rue centrale où se regroupent les commerces, et de nombreuses ruelles, nettement plus calmes, qui partent à angle droit de la rue principale.

L’agencement des maisons et l’uniformité des toits sont remarquables.

Navarrenx (1’000 habitants) fait partie des plus beaux villages de France. Et avec raison. Le bastion, entouré de forteresses, fut érigé à partir de 1538 sur ordre de Henri II, roi de Navarre. La plupart des fortifications ont été conservées dès l’origine. Ceinte de murs dès le XIVème siècle, la ville garde de beaux vestiges comme la porte Saint-Antoine, refaite en 1645, la tour de la Poudrière, la place des Casernes, la fontaine militaire, ainsi que des maisons gothiques et, sur la place de la mairie, un arsenal du XVIIème siècle construit sur les ruines de la maison des rois de Navarre.

Du haut des fortifications, la vue est belle sur le Gave d’Oléron et sur le pont de pierre qui remonte au XIIIème siècle. On dit que les pèlerins avant cette époque traversaient la rivière sur des barques.

Le long des remparts se dresse la tour carrée de la Poudrière.

Deux belles places, la place l’Arsenal et la place des Casernes occupent le centre du bourg. C’est à l’Arsenal du XVIIème siècle, reconstruit sur les ruines des maisons du roi de Navarre, qu’on gardait les vivres et les munitions. Tout le complexe aujourd’hui sert de lieu d’exposition et de gîte pour les pèlerins.

L’église St Germain d’Auxerre date du XVIème siècle. Elle est très coloriée, très chargée.

C’est au niveau du complexe que forment les deux places militaires, de ces arcades, que bat le cœur de cette belle cité.

Disons encore que l’on organise ici chaque année une manche du Championnat mondial de pêche au saumon, et que l’on pratique la pelote basque, dans le Pays Basque comme en Béarn, et l’on aura fait le tour des points forts de cette belle cité, il faut bien le dire.

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