31 : Arzacq-Arraziguet à Pomps

On se rapproche des Pyrénées à grands pas

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

La veille, nous sommes entrés en Béarn à Arzacq-Arraziguet. Le Béarn est la plus grosse province des Pyrénées Atlantiques. Aujourd’hui, nous nous avançons en peu plus dans une région, dont les paysages nous changent un peu de ceux que nous avons traversés ces derniers jours.

Il fut une période bénie où le Béarn n’était qu’un grand labyrinthe bocager, fait de collines boisées et de vallées. Dès que les collines montent à plus de 500 mètres, les Basques parlent de montagnes. La caractéristique géographique du pays est son organisation en vallées creusées par les affluents de l’Adour, de grosses rivières ma foi. Dans l’étape de la veille, nous avons franchi le Gabas et le Louts. Aujourd’hui, ce sera au tour du Luy de France et du Luy de Béarn. Le Béarn connaît le record de pluviométrie en France. Il pleut plus qu’en Bretagne. Mais oui, la cause est due à la proximité des Pyrénées qui piègent l’humidité, les nuages et la pluie. On dit ici que s’il pleut d’un côté de Pyrénées, de l’autre côté, il fera beau. Alors changez de côté, ce que ne peut faire le pèlerin.

Dès lors le climat doux et humide donne au Béarn cet aspect d’un vert rutilant de la campagne et des prairies. Mais voilà! Le paysan doit survivre. Il ne peut vivre que de fromage, de ses moutons et de ses vaches. Alors, il défriche à qui mieux mieux le pays pour planter ce monstrueux maïs hybride qui envahit aussi le pays. Tout paysan a rapidement compris l’avantage de planter des hybrides, car le rendement est double et la résistance aux maladies est nettement améliorée. Comme pour les OGM! Dès lors, les variétés hybrides, pas que le maïs mais aussi le colza, le tournesol et de nombreux légumes, ont rapidement envahi les champs et nos assiettes. Les agroalimentaires et les semenciers ont pris le pouvoir et l’agriculteur n’a plus que le choix de racheter chaque année sa semence. La biodiversité et la créativité paysanne sont dorénavant à ranger dans les vielles armoires. Pour tout vous dire, en Béarn, même le béret basque disparaît à la vitesse de la lumière.

Le trajet part aujourd’hui plein ouest vers l’Atlantique. Jusqu’à la fin du parcours, le Chemin de Compostelle traversera les Pyrénées Atlantiques. Ici, les étapes peuvent être longues, selon le découpage. De nombreux pèlerins vont en un jour de Arzacq-Arraziguet à Arthez-de-Béarn, puis le lendemain de Arthez-de-Béarn à Navarrenx. Mais, c’est à chaque fois plus de 30 kilomètres par jour. Aussi, ici, avons-nous découpé le même trajet en 3 étapes, ce qui est souvent plus raisonnable. Aujourd’hui, nous ferons halte à Pomps. Ce sera alors seulement 20 kilomètres de marche.


C’est une étape sans grande difficulté, sur de très légers vallonnements, avec des dénivelés relativement peu sévères (+305 mètres/-391 mètres). Font exception, la montée sur Moundy et sur Fichous-Riumayou, où les pentes sont un peu plus sévères, quoique raisonnables (rarement au-dessus de 15%).

Vous marcherez un peu plus sur les chemins que sur la route:

Goudron: 8.8 km

Chemins: 11.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-arzacq-arraziguet-a-pomps-par-le-gr65-59074642

 

Section 1: A l’horizon se dessinent les Pyrénées.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: sans grande difficulté, les pentes les plus prononcées sont en descente vers la rivière.

En quittant le bourg de Arzacq-Arraziguet, il n’y a pas ici de longue traversée de la banlieue. Le GR65 se trouve rapidement en pleine campagne sur une petite route.

Peu après, un chemin de terre battue descend en pente douce vers le lac d’Arzacq.

Le lac se résume en un adorable ovale d’eau verte et sombre. Pas un souffle d’air ce matin. Les eaux moirées ne frissonnent même pas.

Le chemin contourne dans l’herbe l’extrémité du lac.
Au bout de la digue, il s’en va dans les sous-bois.

La montée dans le sous-bois de feuillus et de chênes est assez douce. Arzacq disparaît progressivement derrière les frênes.

La traversée du sous-bois est brève, et le chemin retrouve les maïs et les broussailles.

Puis assez rapidement, le GR65 emprunte une petite route goudronnée qu’il va suivre pendant de nombreux kilomètres.
Ici, nous longeons la commune de Vignes. Le pèlerin aime à retrouver ces témoignages et ce genre de symbolique hétéroclite qui marquent parfois le chemin.
Une indication est donnée pour un logement fort éloigné du chemin. C’est aussi que d’ici la route va se mettre à descendre vers la rivière. En Béarn, les chênes font encore la loi, mais ils sont plus variés qu’auparavant sur le parcours. On retrouve les chênes nobles, comme le rouvre ou le pédonculé, mais, on voit aussi apparaître le chêne tauzin, un chêne courant des Pyrénées, avec des feuilles plus allongées et découpées. Les chênes verts restent nombreux, comme dans les étapes précédentes, ainsi que les châtaigniers et les frênes ubiquitaires. On trouve encore de nombreux cormiers, dit aussi sorbiers des oiseleurs.
La route descend en pente régulière, à près de 10% de pente, surtout dans les champs, plus rarement dans les maïs, passant par les rares maisons du hameau de Mounan.

A l’horizon se dessine la chaîne des Pyrénées, que l’on aperçoit pour la première fois. C’est toujours un choc pour le pèlerin qui passe ici. Être si près de l’Espagne, voire presque la toucher! Se découpent aussi les collines boisées et vertes du Béarn. Dans l’imaginaire des béarnais, le pays et un vrai pays de Cocagne, une contrée miraculeuse où la nature déborde de générosité et de bonheur.

Plus bas, au niveau du hameau de Labalette, la route goudronnée s’achève et un chemin, parfois assez caillouteux descend vers la plaine.
Le chemin suit les haies de maïs, dans les petits bouquets de feuillus.
Plus on descend, plus les cultures de maïs se font denses, le long des haies de broussailles. Au bas, le chemin se rapproche du Luy de France.
Le GR65 arrive alors dans la petite vallée où coulent les eaux assez boueuses du Luy de France. Et pourtant le temps est sec depuis quelques jours. Les poissons ici ne doivent jamais voir la lumière du jour. A voir l’eau, vous pouvez aussi imaginer la texture que doit prendre le chemin de terre par fort temps de pluie.
De l’autre côté du pont, le GR65 passe au lieudit Le Moulin, avec un bel exemple d’architecture rurale du Béarn. Les maisons sont faites de galets de gave noyés dans le mortier sous un toit à quatre pentes, recouvert de tuiles plates rousses. Les riches demeures complètent aussi avec des tuiles les encadrements des portes et des fenêtres et la frise sous le toit, formant une corniche décorative.

Section 2: Après la rivière boueuse, le parcours regagne les collines.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: en montée quasi continue avec quelques passages assez pentus, avant et après Moundy, mais rarement au-dessus de 15% de pente.

D’ici, une route longe un petit bras de la rivière.
La route monte en pente légère dans les maïs. Ici, les anciennes et belles maisons sont souvent faites de galets apparents jointoyés.
Ici, à l’entrée de Louvigny, on indique à nouveau la direction du logement précédent, cette fois moins éloigné du chemin.

La route traverse le village en pente légère, passe devant l’église très neuve du village.

En sortant de Louvigny, la route monte légèrement vers Moundy , dans les champs de maïs pour changer un peu. Mais vous comprenez vite. La route continue tout droit en pente douce, le GR65 non. Alors, vous jetez un coup d’œil vers la colline et vous voyez un chemin qui se tortille en pente raide. Vous savez bien que le GR65 aime sortir des facilités. Vous vous dites peut-être qu’il vous serait suffisant de suivre la route, mais vous ne savez pas où elle va. Alors, en avant pour la grimpette! Ne ménageons pas le suspense plus avant. Le GR65 va emprunter le chemin de Lassoulade qui grimpe tout au sommet d’une colline pour vous faire redescendre sur Moudy un plus loin.

Ici, la pente est rude, parfois à près de 20%, sous les chênes, sur le petit chemin caillouteux, qui devient herbeux au sommet de la colline.

Au sommet de la crête, pour vous remercier d’être passé par ici, un généreux donateur vous offre ses fruits. Les pèlerins ont aussi leurs anges gardiens.

Alors, d’ici, une route transite vers le lieudit Lou Castet, une petite colline circulaire au-dessus de la route.

Puis, comme anticipé, le GR65 redescend sur le village de Moundy, en pente prononcée. Enfin l’œil se repose sur l’écrin vert des prairies béarnaises et oublie pour un instant la géométrie des tiges de maïs.

A Moundy, le GR65 prend la direction de Fichous-Rimayou sur le goudron. La pente est assez sévère ici le long des villas récentes. Allons ne soyons pas sévères, mais il est fort à parier que ce genre de construction ne passera jamais à la postérité.

Par bonheur le panorama sur le vert Béarn est assez exceptionnel. C’est un peu comme si vous aviez changé de pays, étiez retourné dans les alpages et avons oublié les maïs insipides pour toujours. Mais, ne vous leurrez pas, du maïs, vous n’avez pas fini d’en déguster.

Pour vous faire envier ces paysages, mais non la rudesse du goudron…

A mi-côte, au lieudit Pédepignes, l’inclinaison de la pente diminue et un large chemin de terre assez rocailleux remplace le goudron. Combien de temps encore tiendra le toit de cette masure et de son unique pan de galets?

Le chemin graveleux monte encore dans les prés, mais en pente plus douce, avec ci et là des bouquets d’arbres, surtout des chênes verts et des frênes. Par endroits, le chemin est un véritable pierrier de graviers.

Des amoureux ont scellé ici leur union, pour l’éternité peut-être.

Le chemin monte encore, mais en pente plus douce. Plus haut, la terre battue prend le dessus sur les cailloux.

Quel plaisir de retrouver un peu de lande, quelques vaches perdues dans les prés, au lieu du maïs.

Au lieudit Lou Plan, le chemin a atteint le sommet de la crête et passe sur un haut plateau. Le pays s’ouvre encore plus sur la campagne. Ici, on a même cultivé des céréales. Mais, que viennent faire donc ces Montbéliardes au milieu des blanches d’Aquitaine derrière les genêts?

De grands terrils de terre ocre barrent l’horizon, mais les vaches ne s’en soucient guère. Sans doute cherche-t-on ici du pétrole ou du gaz. Le Béarn est truffé de trous, comme le gruyère, d’où s’échappe la manne précieuse. Le plus célèbre et volumineux est le gisement de gaz de Lacq près de Pau.

Section 3: Montagnes russes dans les collines béarnaises.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: passage assez prononcé près du ruisseau de la Rance jusqu’à Fichous-Riumayou, puis descente régulière sur le goudron.

On aperçoit devant soi les maisons du hameau de Cappouey, mais le chemin n’y passe pas. Peut-être élève-t-on du canard ou de la volaille, qui sait?

Car le Chemin de Compostelle a un autre choix pour vous. Il y a un ruisseau en contrebas. Alors pourquoi ne pas aller y tremper ses pieds en-dessous?

La pente est rude, entre 10% et 20%, le long du sous-bois de chênes verts, pour goûter à ce plaisir fugace.

Sincèrement, vous ne garderez pas un souvenir marquant du ruisseau de la Rance et de ses eaux troubles…

… par contre, vous vous souviendrez peut-être de la remontée du vallon, à près de 20% de pente, dans les plantations de peupliers.

Comme si vous y étiez, le souffle court…

Au sommet de la côte, le GR65 arrive sur le plateau de Fichous-Riumayou.

L’église dédiée à St Girons remonte au XIème siècle, mais elle a profondément été refaite au cours des siècles jusqu’au siècle dernier. Elle est aussi sobre que le village.

Le GR65 traverse le village sur la route qui se dirige vers Larreule.

Il amorce alors une descente en pente assez régulière.

Aux dernières maisons du village, un chien se joint à nous. Ce sont presque toujours des Golden retrievers qui vous accompagnent pour un bout de chemin. Ces chiens adorent faire des escapades en présence des pèlerins. Nous en avons fait presque une dizaine de fois l’expérience. Parfois, il est très difficile de s’en séparer. Il faut utiliser des stratagèmes. Ils vous suivraient au bout du monde.

La route descend le long le long des chênes, des châtaigniers et des frênes, dans la campagne. Certains tronçons présentent des pentes jusqu’à 15%, mais c’est sans problème. Ici, ce sont surtout des prés et les maïs se sont faits plus discrets.

La route arrive bientôt à la périphérie de Larreule.

A l’entrée du village, se dresse une belle fontaine au bord de la route.

Il y a, un peu à l’écart, la très belle église de St Pierre, dans un cadre verdoyant et bucolique. L’abbaye de Larreule, qui connut son apogée au Moyen-Âge était une des grandes abbayes du Béarn. Elle fut ravagée durant les guerres de religion du XVIème siècle. Les derniers couvents disparurent lors de la Révolution. On reconstruisit ici au XVIème siècle une nouvelle église sur les ruines de l’abbatiale romane. Il ne reste de cette époque que l’absidiole nord, une partie du transept et quelques chapiteaux. Mais le cadre est magnifique.

De nombreux pèlerins s’arrêtent ici où on trouve à se loger et à se restaurer. Mais notre nouveau compagnon continuera un bout de chemin avec nous.

Section 4: Légères oscillations près du Luy de Béarn.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté, avec une petite pente près de la rivière.

Le GR65 quitte Larreule sur la route. Il va rester sur le goudron pour de très nombreux kilomètres.

Voici à nouveau les champs de maïs. Mais aussi les bosquets, car les paysans n’ont jamais supprimé les arbres près des rivières.

C’est ici que coule le Luy de Béarn, un peu moins boueux que son voisin le Luy de France, presque immobile et sommeillant au milieu des arbres, une rivière des Pyrénées, qui rejoindra plus loin le Luy de France, puis l’Adour.

Après le pont, une petite côte sévère vous ramène sur le plateau.

Au sommet de la côte, la pente s’atténue quand la route passe près du hameau de Commandet. Notre chien, qui a pris un peu d’avance, nous accompagnera jusqu’au bout de l’étape.

Vous y retrouverez les maïs, sans doute avec délectation. Sur des kilomètres, avant de trouver l’entrée du village d’Uzan.

Quelques maisons au bord de la route. Un peu plus loin, un panneau annonce Uzan, mais vous êtes loin d’arriver au village.

Le village s’étale sur des kilomètres le long de la route, dans l’infini des champs de maïs.

Peu après, la route descend un peu au fond d’un doux vallon pour traverser l’Uzan, un petit affluent du Luy de Béarn. Ici, les maïs ne doivent pas trop manquer d’eau.

Le village, dont on aperçoit l’église, est juste un peu après le pont.

Le village, dont on aperçoit l’église, est juste un peu après le pont.

Uzan (175 habitants) est à l’origine une bastide fondée par les moines de l’abbaye de Larreule à la fin du Xème siècle. L’église Sainte-Quitterie fut construite au XIIème siècle mais a été l’objet de profonds remaniements aux siècles derniers.

Il n’y a aucun commerce dans le village, mais on peut y loger.

Section 5: A plat, dans la campagne béarnaise.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Ici, le GR65 prend la direction de Géus d’Arzacq.

Depuis Uzan, encore du maïs, toujours du maïs, indéfiniment du maïs, sur le goudron. C’est très beau, on ne s’en lasse pas, non?

Pourtant, près d’une de ces belles maisons à galets roulés, un sous-bois s’annonce alors à l’horizon, rompant la monotonie.

La route va y descendre pour retrouver un affluent du Luy de Béarn.

Et tout à coup la magie opère. La poésie ici. Près de la rivière, une grande place de pique-nique est si chargée de symboles qu’un sociologue pourrait y passer des mois à dégager la symbolique de tous ces objets hétéroclites, groupés ou dispersés avec un art subtil. Mais à qui et à quoi peuvent-ils servir ces sacs dont on ignore le contenu? Et que trame ce romain avec son front recouvert du laurier au milieu des pierres votives?

La route remonte en pente douce de la rivière pour gagner Géus d’Azacq. Encore une petite roue symbolique au bord de la route pour prolonger le rêve.

Un peu plus haut, on retrouve le monde réel. Un gîte est présent en chemin. On aperçoit bientôt le clocher de l’église du village.

A Geus d’Arzacq règnent la propreté et la sérénité des maisons coquettes. L’église Notre-Dame date du début du XVIIIème siècle.

Le GR65 quitte le village, ses belles maisons de pierre taillée, sur la route goudronnée. Nous sommes assez près de Pomps, le prochain village.

Ici, on a un sens profond de la symbolique.

 

Alors, on vous offre un chemin de terre. Mais, on vous offre aussi les maïs. Parfois un magnifique chêne tauzin vous fait un peu d’ombre.

Alors, un peu de terre battue dans la campagne. Dans la région, quand on quitte un village pour un autre, le trajet retrouve inexorablement les maïs.

Le chemin se rapproche alors de Pomps, où on voit même quelques champs de tournesol.

Décidément, le comité d’initiative a bien œuvré ici pour agrémenter les directions.

Le village ressemble à un village neuf, avec de nombreuses constructions récentes. On trouve à se loger au gîte communal. Autrefois, il y avait ici une épicerie, qui semble aujourd’hui fermée. Il n’y a aujourd’hui que le gîte communal, mais les places sont limitées. Il faut donc continuer sur la route vers Arthez-de-Béarn ou plutôt aller jusqu’à Morlanne, à deux kilomètres d’ici sur la route, où les possibilités sont plus nombreuses. Miam Miam Dodo répertorie toutes ces adresses.

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