26: Montréal-de-Gers à Eauze

Entre blés et vignes, avant la ligne de chemin de fer qui a déjà rendu son dernier soupir

 

DIDIER HEUMANN, MILENA DELLA PIAZZA, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

L’étape du jour part de Montréal-de-Gers, capitale du Ténarèze pour gagner le Bas Armagnac. Le Bas Armagnac, c’est bien sûr le lieu de l’Armagnac. Les vignes vont donc s’étendre sur une grande partie du parcours. De temps à autre, un peu de blé, quelques maïs, de petits sous-bois, avant que l’étape ne s’achève à plat sur l’ancienne voie ferrée.

L’ancienne voie ferrée reliait ici Auch, la capitale du Gers à Eauze, en passant par Montréal. Cette ancienne ligne, à voie unique, fut abandonnée et éliminée en 1954. Le département du Gers demeure le département le plus défavorisé d’Occitanie au niveau des liaisons avec les départements voisins, ce qui explique aussi les difficultés de la région. Mais, la disparition des voie ferrées n’est pas unique au Gers. Sur toute la traversée du Chemin de Compostelle en France, le train a disparu, sans doute pour toujours. 10’000 km ont déjà été supprimés depuis 1945, et on envisage d’en supprimer encore 6’000 km. Pourquoi faire circuler des trains deux fois par jour, avec une poignée de voyageurs? Tout le monde a sa voiture, non? Et le train cela coûte trop cher. Remplacer un train par un bus permettrait davantage de fréquences, pour moins cher. Voilà l’idée qu’a soutenu le Président Macron. Mais voilà, les bus Macron circulent sur les mêmes axes que les trains. Ce n’est que de la concurrence. Vous avez beau vous renseigner. Vous ne trouverez aucun car Macron sur l’axe du Chemin de Compostelle au Gers, pas plus que sur le reste du chemin. Si vous faites de petites étapes sur le chemin, et que vous pensez rentrer chez vous en train, il n’a souvent qu’une solution: vous arrêter dans une gare SNCF. De là, soit vous montez sur Paris, soit vous descendez sur Marseille, pour retrouver votre point de départ, s’il y a une gare près de chez vous. C’est cela la joie du transport public en France.

Aujourd’hui le parcours s’en va en direction du sud-ouest.

Les dénivelés (+185 mètres/-156 mètres) sont ici très faibles. Au niveau du parcours, il n’y a aucune difficulté sur de petites montagnes russes très légères.

Dans cette étape, les passages sur chemins prédominent nettement. Bravo!:

Goudron: 4.9 km

Chemins: 12.1 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qui mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées sur des profils cartographiés. Il existe peu de sites sur Internet pouvant être utilisés pour estimer les pentes (trois au maximum). Étant donné que ces programmes sont basés sur une approximation et une moyenne autour du point souhaité, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en raison de la variation entre deux points (par exemple une dépression suivie d’une bosse très proche). Un exemple? Sur le GR36, le long de la côte bretonne, l’altitude est rarement supérieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’itinéraire continue de monter et descendre toute la journée. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel donnera 800 mètres d’altitude, un autre 300 mètres. Qui dit la vérité? Pour avoir fait le parcours plusieurs fois, les jambes disent que la différence d’altitude est plus proche de 800 mètres! Alors, comment procédons-nous? Nous pouvons compter sur le logiciel, mais nous devons être prudents, faire des moyennes, ignorer les pentes données, mais ne considérer que les altitudes. De là, ce n’est que des mathématiques élémentaires pour en déduire les pentes, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont l’altitude est connue. C’est cette façon de faire qui a été utilisée sur ce site. De plus, rétrospectivement, lorsque vous estimez l’itinéraire estimé sur la cartographie, vous remarquez que cette façon de faire est assez proche de la vérité du terrain. Lorsque vous marchez souvent, vous avez assez rapidement le degré d’inclinaison dans les yeux.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-montreal-de-gers-a-eauze-par-le-gr65-30738574/

Section 1: Dans les sous-bois, près des berges de l’Auzoue.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le GR65 sort de Montréal en traversant le rempart, qui est encore assez présent de ce côté de la bastide.
Il longe en descendant la route le long des hautes murailles.
La pente devient plus sévère quand le GR65 quitte la citadelle.
A la sortie de la cité, après avoir transité peu de temps sur la départementale, le GR65 s’engage sur une petite route qui se dirige vers le petit vallon où coule un affluent de l’Auzoue, une petite rivière paisible, que l’on dit ici poissonneuse, et qui se jette un peu plus loin dans le Gélise, avant de retrouver la Baïse.
Peu après, la route traverse le ruisseau et s’en va dans les sous-bois de feuillus.
La végétation est exubérante ici, dans les chênes et les charmes. Il y a moins d’érables ici et très peu de châtaigniers sauvages.
Il y a même de vraies plantations de jeunes frênes.
Nous essuyons aujourd’hui ici une grosse averse, aussi voici quelques images pour illustrer le parcours exécuté à une autre période. Plus loin, la route fait place à un chemin de terre battue.
Puis, le chemin se plait alors à redescendre pour tutoyer la rivière, dont la turbidité ne permet pas de déceler la présence des truites, avant de filer le long des maïs sous les chênes et les charmes du sous-bois.
Quand le chemin sort du sous-bois, on voit surtout des champs de maïs. La présence de ruisseaux, donc d’humidité, favorise toujours ce type de culture. Au bout du sous-bois, le chemin fait place à une route goudronnée.
Pour nous aujourd’hui, le premier orage est passé et la caméra est à nouveau en état de fonctionner. Alors, ici, une route monte dans les prés le long du sous-bois.
La pente est sérieuse pour gagner là-haut, au sommet de la crête les magnifiques maisons de pierre isolées de Ribère Le Bas.
Mais, le GR65 ne s’attarde pas sur les hauteurs, et aussitôt redescend dans le vallon.
Juste en-dessous c’est Barrière de Ribère, où le tracé a été modifié depuis, puisqu’il va suivre un bout la voie Verte, qui revient de Gondrin et se termine momentanément ici.

Depuis Condom jusqu’ici, la Voie Verte c’est 20 kilomètres. Elle sera prolongée jusqu’à Eauze, avec une longueur totale de 34 kilomètres. C’est donc la même distance que sur le Chemin de Compostelle. Vous auriez donc pu venir de Condom jusqu’ici par la Voie Verte, mais vous ne seriez pas passé à Montréal. Comme le parcours est celui de l’ancienne voie ferrée, vous n’aurez pas subi les vallonnements du GR65. Quand la Voie verte sera ouverte jusqu’à Eauze, on peut parier que de nombreux pèlerins passeront par ici, peut-être le GR65 aussi. Qui sait?

 

Voici à quoi ressemble la Voie Verte, une bande d’asphalte au milieu des arbres. Comme nous avons pratiqué un bout de cette voie avant Larressingle, voici quelques renseignements utiles si vous pensez y aller un jour. La voie ne traverse pas de village, mais sur tout le parcours, vous avez le kilométrage et les lieux de parking. Ne vous laissez pas abuser ici, même si vous pensez aller dans la mauvaise direction, car la voie est bidirectionnelle, et vous n’irez pas jusqu’au parking annoncé. Vous allez quitter la voie un peu plus loin.
Quand nous sommes passés ici, le calme régnait sous les chênes, les charmes et les châtaigniers. Les cyclistes s’étaient sans doute réveillés tard dans la matinée à Condom, par ce temps maussade d’aujourd’hui.
Sur la Voie Verte, des ouvrages d’art sont présents, sans doute des ouvrages restant de l’ancienne voie de chemin de fer.

Le chemin arrive alors vers un petit lac près du Château de Montaut, où le GR65 ne passe pas. Ici, le cadre est paisible et rafraîchissant, mais on ne peut ni se baigner ni pêcher. C’est ici aussi que nous quittons la Voie Verte, qui retourne à Condom.

Section 2: On retrouve les tournesols et le vignoble.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le GR65, qui s’est emmouraché de l’Auzoue, traverse à nouveau le ruisseau, ou la rivière (cela dépend des géographes!), avant de s’en aller un instant dans une allée bordée de feuillus.

Ici, ce sont d’énormes frênes multi centenaires qui vous accompagnent sur la terre battue, un peu comme si vous alliez pénétrer dans une allée de château.

Ici on utilise les grands moyens pour arroser les champs. Sans doute utilise-t-on l’eau de la rivière pour le faire.

Au bout du chemin de terre, le GR65 tourne à angle droit sur une route goudronnée et remonte de la petite plaine où coule paisiblement la petite rivière.

Puis, on quitte le goudron pour s’engager résolument dans la terre des vignes le long des haies, où le chemin va musarder pour un bout de temps.

Le vignoble est étendu ici, et le chemin agréable. Un peu plus loin, le GR65 retrouve une petite route, toujours dans les vignes.

Quel plaisir que de voir ces vignes courir sur le coteau, de découvrir ces vignobles, symboles d’un ancrage millénaire de savoir-faire et d’une certaine vision de l’élégance et de la beauté.

Du côté du lieudit Basquin, le chemin se permet même de traverser une propriété privée, son petit étang tapissé de nénuphars.

Mais voilà qu’aujourd’hui, le temps se remet à la pluie et à l’orage. Le chemin continue à traverser le vignoble jusqu’à trouver une petite route de terre battue.

Maintenant il pleut des cordes, et l’eau inonde la terre battue de la route, dans le vignoble devenu soudain grisaille. Ces instants où la nature se déchaîne posent souvent des problèmes de logistique au pèlerin. Quand il voit le ciel se charger de gros nuages, souvent, il va fouiller au fond du sac pour dénicher la pèlerine salvatrice. Mais parfois, il est pris de court. Alors, c’est l’urgence absolue, pour avoir quelque chose de sec à enfiler en fin d’étape.

Par bonheur, aujourd’hui, l’orage s’arrête, comme il est apparu, l’arrosoir presque vide, car il continue à bruiner. Alors, il y a nouvelle réflexion pour le pèlerin, de garder ou de quitter son uniforme de détresse. La plupart du temps, le pèlerin garde sa cape, avant de voir définitivement se lever le soleil.

Alors, nous marchons, d’abord encore dans le vignoble, puis dans les jachères, sur une herbe devenue douce éponge.

Peu après, le GR65 trouve une route goudronnée près d’un sous-bois.

Il se contente d’avancer parallèlement à la route, aujourd’hui délavée, avant de trouver rapidement une bifurcation qui va vers Bédat, où parfois les céréales rivalisent avec les vignes. Vous ne croiserez pour ainsi dire aucune tête de bétail dans le Gers, ou si rarement.

Bédat, c’est deux trois maisons sous les saules et les cèdres. Pas âme qui vive dans les parages! Mais, on sait bien que le chemin a été dessiné pour éviter le plus possible les humains. Quand on se balade à de nombreux endroits du Chemin de Compostelle, on ne sait jamais si les volets sont fermés pour se protéger du regard des pèlerins ou s’ils sont définitivement tirés pour l’éternité. Pas ici, n’y aperçoit-on pas une voiture, signe de vie?

Encore un petit tour dans les vignes, et le GR65 revient sur la route goudronnée.

Il longe alors les vignobles. Quand on voit les vignes ici, qui poussent quasi à plat, on comprend que ce n’est pas une région favorable pour l’éclosion de grands crûs, mais cela convient bien à produire de petits vins de pays ou alors de l’armagnac.

Section 3: Une petite halte à Lamothe, avant le chemin de fer?

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Au bout d’une longue rectiligne, le GR65 quitte les vignes pour gagner un chemin qui longe les jachères et le sous-bois. Ici on annonce le gîte d’Elena, la halte de Lamothe, dont on devine rapidement le château devant soi.

C’est un chemin qui dodeline entre espaces ouverts et sous-bois où dominent les chênes, les charmes et les châtaigniers. La région est humide ici, au milieu des hautes fougères et des herbes folles.

Dans la végétation luxuriante, le château grossit à vue d’œil.

La pente est assez rude sur une large route de terre pour monter à Lamothe.

Par bonheur, ici, un gîte fait buvette, un adorable bar avec un très grand choix. Ici, le pèlerin s’arrête avec plaisir et satisfaction. On annoncera au pèlerin harassé qui est venu de Condom, sans faire halte à Montréal, que pour gagner Eauze, ce n’est plus que du bonheur: 7 kilomètres à plat, à l’ombre, le long de l’“allée royale”. Alors, le pèlerin en oublie même d’aller visiter plus haut la tour de Lamothe, une vigie du XIIème siècle qui, dit-on domine la vallée de l’Izeute, la rivière qui fait frontière entre la Ténarèze et le Bas-Armagnac.

En descendant de la colline, la route passe à côté d’un petit planisphère, où dorénavant vous n’aurez plus le droit de perdre le Nord.

Tout à côté se dresse la belle petite chapelle romane de Lamothe. La chapelle qui date du XIème siècle, peu remaniée au cours des siècles, est aujourd’hui dédiée à St Vincent, patron des vignerons.

D’ici, un large chemin de terre battue descend dans le sous-bois, en pente fort prononcée.

Ici vous quittez le Ténarèze pour le Bas-Armagnac. A votre bonne santé, mais n’exagérez pas tout de même avec la liqueur.

C’est alors que le chemin rejoint la plaine, quand il traverse l’Izeute, boueuse et sombre comme toutes les rivières que nous avons rencontrées dans le Gers.

A partir d’ici, vous allez vite comprendre votre bonheur. Vous êtes arrivé sur l’ancienne voie de chemin de fer. De rares ouvrages d’art permettant le transit au-dessus et en dessous du chemin vous le rappellent à loisir. En route donc pour l’allée royale, comme on le dit ici, jusqu’à Eauze.

C’est large, calme, reposant pour l’âme, et magnifique, le long des allées de feuillus, droits comme des obélisques, qui vous apportent leur ombre.

De rares trouées dans les arbres vous permettent de jeter un coup d’œil à la campagne environnante. En fait, c’est un bois artificiel créé de toutes pièces pour enfermer le train dans son univers. Parfois, le terrain montre quelques reliques des averses passées.

Alors, rêvons encore un peu. Assez rapidement, le train arrive en gare de Bretagne d’Armagnac. Bretagne-Armagnac, tout le monde descend!

Mais voilà, il y a peu les chèvres tenaient conciliabule au milieu des vieux pneus devant le pissoir des hommes. Aujourd’hui, comble de l’ironie, c’est un anglais qui a acheté la gare et qui ne comprend que quelques rares mots de français. C’était une ligne à voie unique, longue de 56 kilomètres, reliant Auch à Eauze, passant par Condom et Montréal. Mise en service en 1909, elle fut définitivement fermée, et depuis éliminée, en 1954. Ah, le pauvre destin du chemin de fer en France! Le Chemin de Compostelle a l’habitude de croiser ces épaves. Certaines lignes gardent encore leurs vieux rails rouillés, d’autres sont complètement édentées. Mais grâce à la complicité de ce bon Emmanuel Macron, il est à prévoir que d’autres lignes vont subir le même sort envieux pour laisser passer les autocars! Mais, voilà, les autocars Macron ne font que circuler sur les grands axes, pour concurrencer les trains. En France, il y a Paris et le reste de la France. Mais oui…Pourtant, on prétend ici et là qu’un jour on va réhabiliter les anciennes lignes. Mais, certainement pas ici, l’Anglais nous l’a juré.

A deux pas de la gare, il y a une petite route où on peut s’évader pour un logement un peu plus distingué hors du chemin. Les pèlerins, pour la plupart, sont branchés sur Internet, et quand il y a du réseau, ce qui arrive parfois en France dans les coins perdus, on peut alors rejoindre ce type d’hébergement, si le pouvoir d’achat le permet.

Sur cette grande avenue, les arbres sont tous d’une grande majesté. Les chênes ne sont pas seuls. Il y a de nombreux frênes, mais aussi des charmes et parfois des érables sycomores. En voici la preuve.

N’imaginez pas que personne ne vivait le long de cette voie jadis. Ici, toutes les maisons n’étaient pas toutes dévolues à recevoir les chefs de gare. Par contre, le panneau qui indique la direction doit dater de l’époque du chemin de fer, rouillé pour l’éternité.

Quand il est possible de jeter un regard hors des allées de feuillus, on aperçoit même des vignes, au milieu des prairies.

Les logements ne sont pas légion sur cette partie du chemin, mais quand ils sont présents, ils sont signalés comme ici quand le chemin passe au lieudit Le Coupé.

Section 4: Eauze, petite cité tranquille, au bout de la voie de chemin de fer.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Et le paysage se répète sans cesse. Ici, c’est le monde du silence. Hélas, il n’y a presque plus de chants d’oiseaux dans nos forêts, que le murmure du vent caressant les feuilles des arbres.

Il est fort probable que pour ceux qui passeront par ici dans les prochaines années (mais quand ?), vous ne pourrez plus marcher sur la douce terre battue, mais sur l’asphalte, car la voie Verte est programmée pour aller jusqu’à Eauze. Par contre, les ouvrages d’art de l’ancienne voie de chemin de fer resteront sans doute immuables, permettant d’y faire passer de petites routes, qui pour nous ne mènent nulle part, mais pas pour les gens du coin.

Est-il vraiment nécessaire de vous dire que nous traversons ici une petite zone où les châtaigniers ont pris le pouvoir? Mais cela ne dure pas.

Plus loin, les ouvrages d’art se font plus présents. Se rapprocherait-on de la civilisation à nouveau?

On se rapproche en effet de Eauze. Ici, une maison au bord du chemin. Sans doute, une ancienne gare. Mais pour qui? Il n’y a aucune habitation tout autour.

A l’approche de Eauze, près du camping de Moulin du Puy, le chemin de terre traverse la Gélise.

Après encore un petit passage en forêt, le chemin arrive près de la cité. A votre choix pour vous y rendre. Vers les commerces, près de la zone industrielle, ou à travers le parc.

En renonçant aux commerces, le GR65 traverse un grand parc, près du complexe sportif. D’ici, on voit l’église.

A la sortie du parc, le GR65 sillonne assez longtemps la banlieue…

…avant d’arriver par des rues étroites au centre-ville. Enfin, façon de dire, Eauze ne compte que 4’000 habitants. Mais, c’est la capitale de l’Armagnac.

Eauze, ancienne Elusa, capitale des Elusates, ancien peuple basque, devint romaine, une cité florissante dans le Haut Moyen-âge. Elle fut détruite plus tard. Au Xème siècle, la ville se développa à nouveau autour d’un monastère dédié à St Luperc. Alors, la ville médiévale connut un nouvel essor, se protégeant derrière des remparts et des fossés, dont il ne reste que peu de traces aujourd’hui, ayant été abattus par ordre de Richelieu au XVIIème siècle, lors des guerres de Religion.

L’église, consacrée à St Luperc, est un ancien évêché, aujourd’hui cathédrale, construite au début du XVIème siècle, en style gothique. La vie se concentre surtout autour de la place de l’église, sous les arcades de la place d’Armagnac.

C’est là que Jeanne d’Albret, mère d’Henri IV possédait une belle maison à colombages, devenue aujourd’hui le Café de France. D’ailleurs Henri III de Navarre, le futur Henri IV, séjourna ici avec son épouse, la Reine Margot, dans la maison de sa mère.

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