Etape 55: De Mansilla de Las Mulas à León

Une belle ville, presque au bout de la Meseta

 

Didier Heumann, Milena della Piazza

 

Aujourd’hui, les champs à l’infini sont derrière nous. Il nous faudra apprendre à oublier ce haut plateau dénudé, où en été le soleil de midi est plus redoutable qu’ailleurs, cet “enfer vert” dans le printemps glacial, où le vent vous souffle au visage le crachin et toute sa hargne. Dans deux jours, on sait que le pays va changer. Certes, il y aura des relents de Meseta, car la Meseta centrale se perpétue plus à l’ouest. Mais, pour nous, on va obliquer, voir naître les collines, et bientôt la montagne. Aujourd’hui, c’est donc un jour entier de transition vers la ville. Le Camino ne va pas passer par des sites qui déclenchent l’enthousiasme, mais il en est presque toujours ainsi à l’approche des villes.

La province de León est une des neuf provinces de la communauté autonome de Castille-et- León. L’origine de la ville remonte aux romains, qui s’installèrent ici pour contrôler le transport de l’or des exploitations aurifères vers Rome. D’ailleurs, le nom de la ville dérive du terme latin legio, c’est à dire légion. Puis, après le passage des wisigoths, arrivèrent les musulmans au VIIIème siècle. La Ville de Léon joua un rôle important dans l’histoire de l’Espagne durant les premiers siècles de la Reconquête et le roi Ordoño I réussit à intégrer la ville de León au Royaume d’Asturias, en reconstruisant la ville. Au début du Xème siècle, León devint un royaume. Les rois se succédèrent ici, s’étendant loin, jusqu’à Valence et Tolède. Au début du XIIème siècle, le dernier roi de León, Alphonse IX, réunit la première assemblée parlementaire de l’histoire en Europe. Depuis 2013, la ville a été déclarée berceau du parlementarisme par l’UNESCO. Ferdinand III, le fils d’Alphonse IX, par sa mère devint aussi roi de Castille. Dès lors, depuis l’an 1230, le royaume de León se fond dans celui de Castille.

Ce n’est pas le propos ici de vous raconter à nouveau l’histoire d’Espagne et de la Castille en particulier. Disons ici que des dynasties ont régné, de la Maison de Navarre à celle de Trastamare, du XIème siècle au XVème siècle. C’est avec la venue de Charles-Quint, fils de la célèbre reine de Castille, Isabelle la Catholique, que s’arrête l’histoire séparée de la Castille, qui se fond alors avec celle de l’Espagne royale, sous Philippe II, fils de Charles-Quint. En fait, la Castille a changé plusieurs fois de capitale. Au début, ce fut Burgos, puis León, puis Tolède, et enfin Valladolid, qui est encore la capitale de la province aujourd’hui. Ce fut Philippe II, qui par caprice supprima le rang de capitale de Valladolid pour Madrid, qui n’était alors qu’une petite ville de Nouvelle Castille.

Les dénivelés de l’étape (+122 mètres/-84 mètres) sont à nouveau dérisoires. Il n’y a guère qu’une petite bosse qui se prolonge avant d’arriver en ville, mais rien de conséquent.

 

Aujourd’hui, il y a un peu plus de trajets sur la route. On arrive dans une grande ville. En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés. Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

Goudron: 7.4 km
Chemins: 10.6 km

Nous ne sommes allés qu’une seule fois sur le Camino francés. C’était lors d’un début de printemps très froid et fort pluvieux. La boue était souvent la règle. Alors, nous espérons pour vous que vous feriez ce chemin dans de meilleures conditions.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-mansilla-de-la-mules-a-leon-par-le-camino-frances-33935923

 

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

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