Etape 53 : De Terradilos de los Templarios à El Burgo Ranero

Croyez-vous sincèrement que tout est “vrai” ici?

 

Didier Heumann, Milena della Piazza

 

Le Camino francés a été déclaré le premier itinéraire européen d’intérêt culturel par le Conseil de l’Europe en 1987, considéré comme patrimoine mondial par l’UNESCO. On l’a déjà dit, mais il est bon de le répéter ici avant d’aborder le “camino real”. L’itinéraire du XIIe siècle, qui deviendra le Camino francés est très marginalement décrit dans le Codex Calixtinus, le Liber Sancti Jacobi conservé à la cathédrale de Santiago. On s’accorde à dater le premier manuscrit vers l’année 1140, avec des adjonctions durant trois siècles. Ce n’est pas le guide Michelin du chemin. Loin de là! On l’a dit aussi. L’erreur est de faire croire que ce guide du pèlerinage, connu seulement depuis le XXème siècle par une traduction française, était largement diffusé au Moyen Âge, alors qu’il n’en est rien. Ce livre n’est en fait jamais sorti des archives de la cathédrale de Santiago.

Tout cela pour vous dire que le “camino real” est une grande approximation, voire une supercherie. En espagnol real signifie “vrai” ou “royal”. Rassurez-vous, il n’y a rien de royal ici, et sans doute rien de tout à fait vrai non plus. Que le chemin passât quelque part par ici, il n’y a que peu de raison d’en douter. Mais à baptiser tout ce cirque de “vrai”, messieurs les Espagnols, vous exagérez. Mais, les espagnols aiment le tourisme et les pèlerins aiment les histoires. Alors, on a affublé les patelins ici du terme de “vrais”. Tout cela c’est du marketing, comme l’est grandement le chemin de Santiago aujourd’hui.

Ici, dans cette longue traversée de la Meseta, tout est question de votre découpage des étapes et de l’état de vos jambes ou de vos articulations. El Burgo Ranero, c’est à près de 30 kilomètres de Terradillos de los Templarios. Mais ce n’est pas la mer à boire. C’est de la balade. Le problème ici est de se trouver à se loger, sans faire une course contre la montre. Alors, de nombreux pèlerins profitent souvent de s’arrêter à mi-parcours à Sahagún. Pourquoi pas? Même le train de la ligne León-Burgos fait halte ici.

Les dénivelés (165 mètres/-167 mètres) sont insignifiants pour une si longue étape. A aucun endroit du parcours, la pente arrive à 10%.

 

Et tout se passe sur les chemins. Le rêve, quoi! En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés. Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

Goudron: 3.0 km
Chemins: 27.2 km

Nous ne sommes allés qu’une seule fois sur le Camino francés. C’était lors d’un début de printemps très froid et fort pluvieux. La boue était souvent la règle. Alors, nous espérons pour vous que vous feriez ce chemin dans de meilleures conditions.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-terrasillas-de-los-templarios-a-el-ranero-par-le-camino-frances-36293453

 

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

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