Etape 49: De Hornillos del Camino à Castrojeriz

Dans la solitude de la Meseta

 

Didier Heumann, Milena della Piazza

On prétend souvent que la première partie du chemin jusqu’à Burgos, c’est pour les jambes, de la simple mécanique bien huilée. De Burgos à Astorga, tout est pour le cerveau et l’âme, l’introspection totale. Il faut passer Astorga pour que l’esprit et le coeur prennent le relais.

Car la Meseta est définitivement un chemin de grande solitude, qu’il faut meubler. Le chemin de terre est tantôt rouge, tantôt ocre, tantôt blanc. Ici, avec le temps, on a rasé tous les arbres, supprimé les prés et les moutons. Au printemps, tout est vert de céréales. En été, tout est jaune d’éteules. Les petits villages, et il y en a si peu, vivent hors du temps. Alors avancer ainsi, dans un décor monotone, sans surprise, si ce n’est parfois un buisson ou une fleur, est un vrai défi qui réclame une vie intérieure intense. Certains détestent, d’autres adorent. Certains apprécient un moment, puis après détestent tout à fait. La vie est ainsi faite. Vous vous en ferez votre propre idée de cette épreuve. Maintenant si vous passez ici comme nous par mauvais temps, vous comprendrez que nous n’avons guère de magnifiques déserts à vous présenter. Dommage!

Les dénivelés de l’étape (+181 mètres/-185 mètres) sont à nouveau insignifiants. Sur l’étape, il n’y a guère que deux ou trois petites côtes, en montée et en descente où la pente avoisine les 15%. Mais pour très peu de temps.

 

Dans cette étape, la grande partie du trajet se passe sur les chemins. En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés. Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

Goudron: 5.5 km
Chemins: 14.1 km

Nous ne sommes allés qu’une seule fois sur le Camino francés. C’était lors d’un début de printemps très froid et fort pluvieux. La boue était souvent la règle. Alors, nous espérons pour vous que vous feriez ce chemin dans de meilleures conditions.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-hornillos-del-camino-a-castrojeriz-par-le-camino-frances-33848222

 

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

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