Etape 46: De Belorado à Atapuerca

Dans les Monts d’Oca chez Juan de la Ortega

 

Didier Heumann et Milena della Piazza

 

Aujourd’hui, c’est une des plus belles étapes du Camino francés. Nous allons monter jusqu’à 1’150 mètres pour passer un col dans les magnifiques montagnes de l’Oca. Enfin, montagne, disons plutôt haute colline. Pour une journée au moins, nous allons quitter la morne lassitude de la N-120 pour des paysages enchanteurs des forêts des Monte d’Oca, où vous allez peut-être rencontrer des loups, qui sait? Ces forêts sont le domaine d’élection d’un saint, grand ami de Santo Domingo de la Calazada. C’est à eux deux qu’on croit devoir doit le chemin actuel dans la Rioja et la Castille y León.

Juan de Quintanaortuño, connu sous le nom de Juan de Ortega, a vécu entre le XIème siècle et le XIIème siècle. Ce fut un disciple de Santo Domingo de la Calazada. En Espagne, il est le saint patron des “cantonniers”, le nom donné aux hommes pieux qui ont assuré l’entretien et le développement des routes de pèlerinage. Dans sa jeunesse, Juan de Ortega collabore avec Domingo de la Calazada pour ouvrir et améliorer les chemins du pèlerinage. Selon la tradition, on lui attribue la finalisation de la chaussée entre Nájera et Burgos et la finalisation de la construction des ponts initiés par son maître, à Nájera, Santo Domingo de la Calzada, Belorado, et Agés.

En 1109, à la mort de Domingo, il s’en va à Jérusalem. Il faillit périr dans un naufrage, mais il réussit à s’en sortir en implorant San Nicolás de Myra, un saint italien de Bari, à qui il promet de construite une chapelle en son honneur. Le lieu choisi est un endroit rempli d’orties et infesté de brigands, nommé Ortega (en latin Urtiga, en français ortie). Puis, il fait ériger un hôpital pour pèlerins à côté de la chapelle. Il se décide alors de bâtir un vrai monastère en 1138, fondant une communauté de religieux adoptant la règle se St Augustin. Juan de Ortega meurt en 1163, à Nájera, enterré dans l’église Saint-Nicolas de son monastère. De nombreux miracles lui sont attribués.

Le monastère vit tant bien que mal. La pauvreté s’installe et les règles se relâchent au début du XVème siècle. L’évêque de Burgos fait venir ici une communauté de moines espagnols de l’ordre de St Jérôme. A la fin du XVème siècle, Isabelle la Catholique, reine de Castille, mais aussi de près de la moitié de l’Italie et de l’Espagne, venue en pèlerinage au monastère, fait reconstruire la nef de l’église et la chapelle de San Nicolás. Puis progressivement, le monastère tombe en désuétude. En 1835, il est vendu. Il faut attendre l’année 1931 pour le déclarer monument national et le restaurer dans les années 1960.

Les dénivelés du jour (+459 mètres/-294 mètres) sont plus marqués que les jours précédents. Il y a raison à cela. Il faut passer le col de la Pedraja au sommet des Montes d’Oca. Mais, si on excepte ce passage, le reste c’est de la balade sur de douces collines.

Dans cette étape, la très grande partie du trajet se passe encore sur les chemins. En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés. Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

 

Goudron: 4.0 km

Chemins: 26.0 km

Nous ne sommes allés qu’une seule fois sur le Camino francés. C’était lors d’un début de printemps très froid et fort pluvieux. La boue était souvent la règle. Alors, nous espérons pour vous que vous feriez ce chemin dans de meilleures conditions.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-belorado-a-atapuerca-par-le-camino-frances-33793122

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant