Etape 43: De Nájera à Santo Domingo de la Calzada

Chez le bon Santo Domingo de la Calzada

 

Dans l’étape du jour, le Camino francés entre en Rioja, au milieu des vignobles. Malheureusement il pleut aujourd’hui, et on ne pourra goûter au charme des vignes. On passera le plus clair de son temps dans la boue et on lorgnera les vignes ou les plus rares champs de céréales du coin de l‘oeil. Dommage! Puisse le ciel vous être favorable quand vous passerez par ici.

Alors, disons tout de même encore quelques mots sur les vins. Les cépages blancs sont la viura, largement dominante, le malvoisie et le grenache blanc. Mais les espagnols ne produisent pas de vins blancs pour la gastronomie. Quatre cépages rouges entrent dans la composition du Rioja: le trempanillo, le garnacha, le mazuelo et le graciano. Le tempranillo, qui n’aime pas la sécheresse, est de loin le cépage le plus répandu, produisant des vins fins. Le garnacha, c’et le grenache, le cépage le pus cultivé au monde, avec des vins plus durs, plus tanniques. Le mazuelo, c’est le Carignan noir, un cépage importé de France, qui produit un vin très tannique et peu aromatique. Le Graciano est un cépage autochtone de la Rioja, représentant moins de 1% des vignes de la région, mais c’est celui qui donne les vins les plus aromatiques.

Alors voici pour vous faire plaisir si vous les trouvez et si vous avez de l’argent pour les acheter, les nouvelles notes Parker 2018 pour les grands crûs de la région. Deux choses à préciser ici. Les grands vins de la région n’atteignent pas des plafonds élevés comme en France. Les plus chers sont à environ 350 Euros la bouteille, mais vous trouvez de très grands crûs à moins de 100 Euros la bouteille, et même à beaucoup moins. Deuxièmement, le grand gourou Parker a cessé d’opérer, mais il a formé une équipe qui a les mêmes goûts que lui, à savoir des vins très corsés et puissants. Alors, Artadi El Pisón vient en tête avec 98 points. Ici, on connaît le cépage et la vigne, C’est du tempranillo issu d’un vignoble planté en 1945 à Laguardia, à 480 mètres d’altitude, sur des sols argilo-calcaires profonds, dans la Rioja Alavasa. Mais, il n’y a pas que le tempranillo qui est célébré par Parker. Le deuxième vin, à 96 points, est le Quiñón de Valmira, un vin de Álvaro Palacios , un des grands maîtres des vins en Espagne. Les vignes sont sur le mont Yerga à 615 mètres d’altitude dans la Rioja Baja et le cépage est du grenache. Le troisième vin cité, à 95 points, est le Pozo Alto, dans la Rioja Alavasa, provenant de vignes centenaires plantées surtout en graciano. Comme quoi, il y a de grands vins dans les trois régions de la Rioja et il n’y a pas que du tempranillo à déguster.

Ainsi aujourd’hui, en suivant les vignes, mais aussi où parfois l’autoroute vous fait des appels de phare, le parcours suit d’agréables collines. L’étape s’achève dans un des joyaux du chemin espagnol, la vieille ville de Santo Domingo de la Calazada, baptisée ainsi pour rendre hommage au saint local.

Nous sommes en l’an 1044. Dominique García, qui deviendra St Dominique de la Calzada fait construire ici un pont sur la rivière Oja. Il crée aussi une chaussée (“calzada“) pour traverser ces terrains marécageux. Vous constaterez que ce saint est si célèbre dans la région, qu’on lui attribue parfois tout le chemin qui traverse la Rioja et même une partie de la Castille. Pour peu, certains espagnols vont même jusqu’à penser qu’il a contribué à l’écriture du Guide du Pèlerin! Pour faire bon nombre il fait ériger ici une chapelle dédiée à Santa María, un hôpital et une “alberghe“ pour les pèlerins. Ainsi se développent durant le XIème siècle, quelques maisons construites autour de l’ermitage pendant sa vie.

Durant tout le début du Moyen-âge, la ville se développe grâce au Chemin de Compostelle. A cette période, la Rioja n’existe pas, et la cité dépend de la Castille. C’est justement, le roi des Castille, Alphonse VIII qui accorde à la fin du XIIème siècle, les “fueros“ utiles qui donnent de nombreux privilèges à la cité. La cité connaît alors un grand essor, qui s’accentuera encore jusqu’à la fin du XVIème siècle. Bien sûr, la ville a été modifiée par la suite, mais elle garde une structure assez semblable à celle qu’elle présentait au XVIème siècle.

Les dénivelés du jour (+343 mètres/-217mètres) ne sont pas très conséquents. Il n’y que deux endroits où la côte est un peu plus prononcée, d’abord en sortant de Nájera, sous le mont Malpica, puis en montant vers le golf à Cirueña. Tout le reste du parcours est de la balade.

Dans cette étape, la grande partie du trajet se passe encore sur les chemins. En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés. Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

 

Goudron: 5.0 km

Chemins: 16.8 km

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous INFO, Via Podiensis.

Nous avons divisé le parcours en plusieurs tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le parcours, et l’état des chemins.

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple ? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai ? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres ! Alors comment procéder ? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élmentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait « en vrai » le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Vous trouverez plus de détails sur les logements en fin de parcours. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme « Wikilocs ». Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. D’ailleurs le Camino Frances est si bien signalé, qui lest vraiment difficile de se perdre. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-najera-a-santo-domingo-de-la-calazada-par-le-camino-frances-33771724

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant