Etape 38: De Zubiri à Pamplona

L’axe aujourd’hui, c’est l’Arga

 

Quand vous marcherez sur le Camino francés, vous constaterez rapidement, plutôt vous entendrez que les américains sont légion ici. Pourquoi? Cela tient en fait à un film qui a connu un grand succès chez l’oncle Sam, The Way, un film d’Emilio Estevez, qui met en scène un médecin américain, à l’existence confortable, qui se rend d’urgence en France où son fils Daniel vient de disparaître. On le demande à Saint-Jean-Pied-de-Port pour constater le décès du fils dans la montée de Roncevaux. Bien évidemment, il fallait compliquer les relations entre le père et le fils pour créer une histoire. Alors devinez-vous ce qu’a fait le scénariste ? Il envoie le père faire le Chemin de Compostelle. Simple, non? Bien sûr, le médecin a un caractère difficile et il prend beaucoup de temps à s’ouvrir aux autres, à Jack l’Irlandais, à Sarah la Canadienne, ou à Joost le Hollandais. Ils se découvriront progressivement, avec pas mal de heurts et d’incompréhensions. Ils arriveront ainsi à Santiago, puis au bord de la mer où le héros confiera à la mer les cendres de son fils, sous le regard de ses compagnons.

Le film, produit en 2010, eut un succès retentissant en Amérique et en Espagne, puis plus tard en France. Certains critiques y ont vu une idée pieuse, comme de nombreux pèlerins qui vont encore sur le chemin comme occasion de rédemption. D’autres ont vu une analyse psychiatrique des relations père-fils, mentionnant les relations superficielles entre les participants au voyage. Mais les critiques, en grande majorité, ont défini ce film comme un film publicitaire, une vision stéréotypée de ce qu’est devenu “The Way” aujourd’hui. C’est pour eux du théâtre, des ritournelles ajoutées à la légende du chemin. On ne peut donner tort à ce point de vue, hélas. Le Camino francés a certainement perdu une grande partie de sa composante religieuse. N’oublions pas que le film a été fait par des américains, et quand on a vécu là-bas, on sait bien que la grande partie des relations entre les gens sont très superficielles. Vous pouvez passer une soirée avec un américain et le rencontrer à nouveau le lendemain. Il ne se rappellera pas de vous avoir vu. Alors, vous retrouverez sur le chemin des américains et vous verrez que cela ne change pas. Comme dans le film, les américains ici ne s’ouvrent qu’aux anglophones. Et si peu, cela suffit à leur bonheur.

L’étape du jour est une belle balade dans la vallée étroite de l’Arga. Le chemin virevolte de part et d’autre de la vallée sur de petites collines, pour arriver à Pampelune (Pamplona). Quand vous arriverez ici , dans les douves de la forteresse, songez que de nombreux événements, souvent guerriers se sont passés ici. Bien sûr, vous pouvez aller directement dans votre “alberghe“ et ignorer tout de cette histoire. Mais c’est toujours intéressant d’avoir une petite idée des lieux que l’on traverse. Alors, voici quelques brefs éléments pour éclairer le propos. Pompée, le général romain aurait établi ici une ville vers 75 avant J.C. lui donnant le nom de Pompaelo, ce qui aurait donné Pamplona (Pampelune). Par la suite on aurait érigé ici des remparts importants, on dit 67 tours. Puis, il y eut de nombreuses invasions, d’abord les Francs, puis les Arabes. Mais les plus gros dégâts furent causés par Charlemagne à la fin du VIIIème siècle qui fit raser les remparts. En représailles, les basques piégèrent l’armée de Charlemagne, dont le légendaire Roland, à Roncevaux. A la fin du IXème siècle, la ville devient la capitale du royaume de Navarre. La ville se développa alors surtout au Moyen-âge, grâce au Chemin de Compostelle. A cette époque, la ville comportait trois bourgs distincts. Le plus important était la Navarreria, autour de la cathédrale, avec le roi, la cour et le clergé. Les deux autres bourgs étaient ceux de San Saturnio et San Nicolas, peuplés d’artisans et de commerçants venus du nord des Pyrénées. Chaque bourg disposait de ses propres fortifications. On vous en dira un peu plus sur l’histoire de la Navarre par la suite, dans la prochaine étape. Disons ici simplement que Philippe II, craignant les français, fait construire alors cette immense forteresse au tour de la ville, dont de nombreux murs subsistent encore.

Les dénivelés (+270 mètres/-346 mètres) sont très faibles dans l’étape du jour. Il n’y a pas grand chose à signaler de difficile. Mentionnons toutefois quelques passages un peu plus soutenus. D’abord, en début d’étape on note le passage après la gravière vers Ilaratz et la descente sur les dalles vers l’Arga avant Zuriain. Puis, sur un très court tronçon, le chemin monte sèchement dans le maquis après Zabaldika. La suite est sans problème.

Dans cette étape, il n’y a pas mal de route, car on traverse la ville. Mais, la grande partie du trajet se passe sur les chemins. En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés. Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

 

Goudron: 7.0 km

Chemins: 13.3 km

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous INFO, Via Podiensis.

Nous avons divisé le parcours en plusieurs tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le parcours, et l’état des chemins.

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élmentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait “en vrai” le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Vous trouverez plus de détails sur les logements en fin de parcours. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. D’ailleurs le Camino Frances est si bien signalé, qui lest vraiment difficile de se perdre. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/zubiri-navarra-espana-33627983

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant