Etape 37: De Roncevaux à Zubiri

Dans les belles forêts de hêtres et de pins de Navarre

 

Le bureau des enregistrements de Santiago fournit chaque année des statistiques de fréquentation et de répartition des pèlerins sur le chemin. Voici les données de 2018 enregistrées en fonction des mois de l’année:

 

Mois Nombre de pèlerins Mois Nombre de pèlerins
janvier 1’628 juillet 50.668
février 2’181 Août 60.415
mars 11.056 septembre 47’006
avril 22.068 octobre 35’602
mai 40’665 novembre 7’651
juin 45’665 décembre 2’553
Nombre total : 327.378

Evidemment ce sont des statistiques, basées sur des questionnaires remplis par les pèlerins, auxquels on demande le chemin utilisé, le lieu de départ, la nationalité. Ces chiffres sont ceux des pèlerins qui passent au bureau, avec leur “crédencial” pour toucher leur diplôme. Les chiffres ne tiennent pas compte des pèlerins qui ne passent pas au bureau. Et. Ils sont nombreux par exemple à ne pas avoir de “credencial”.  Mais, la plupart des pèlerins qui va en Espagne, joue le jeu, en principe. Comme le disent ces chiffres,  le pic de participation est en été. Pauvres pèlerins qui doivent subir la canicule de la Meseta!  A l’époque où nous décrivons le chemin, nous sommes à la fin avril-début mai, avec une participation que l’on estimera à 35’000 pèlerins par mois, donc environ 1’200 pèlerins par jour qui arrivent à Santiago.  Maintenant, bien évidemment, tous les pèlerins ne partent pas de St Jean Pied-de-Port ou de Roncevaux. Mais, on connaît aussi les statistiques de départ par localité. En 2018, 10.1% des pèlerins sont partis de St-Jean-Pied-de-Port et 1.69% de Roncevaux. Au total, on retrouve donc 11.79% des pèlerins qui auraient pu partir de Roncevaux, soit 1’200 x 11.8% , ou 140 personnes par jour.  Mais, on peut vous assurer qu’il y a plus de 140 personnes au départ de Roncevaux.

Maintenant prêtons-nous à un petit jeu de nationalités, en tenant  compte du registre de Santiago.  En 2018, les Américains représentaient 5.68% des pèlerins, les coréens 1,8%.  En jouant un peu avec ces chiffres, et en supposant que 2019 pourrait ressembler un peu à 2018, on devrait rencontrer aujourd’hui 11 américains et 3 coréens par jour sur le chemin.  Or, ce n’est pas le cas, ils sont nettement plus nombreux, représentant plus du quart des pèlerins sur les étapes de la première semaine. Quand on fréquente les gîtes et qu’on voit défiler chaque jour les mêmes têtes, on a une autre idée de la statistique. Car évidemment les statistiques ne donnent que les chiffres à l’arrivée à Santiago, et non les départs par nationalité à chaque entrée du chemin.

Alors, voici un autre registre, pour compliquer un peu les choses. C’est celui du bureau d’enregistrement de St Jean-Pied-de-Port.

Mois Nombre de pèlerins Mois Nombre de pèlerins
janvier 292 juillet 6.173
février 320 août 8.320
mars 2.077 septembre 10.189
avril 7.499 octobre 4.135
mai 10.837 novembre 602
juin 7.148 décembre 289
Nombre total : 58.884

Et on comprend tout de suite comment il est difficile de comparer des données provenant de statistiques partielles. Si 58’000 pèlerins (statistique française) partent de St Jean-Pied-de-Port, et que 327’378 arrivent à Santiago (statistique espagnole), cela signifierait que 18% des pèlerins sont partis de St Jean-Pied-de-Port. Or, les espagnols prétendent que seulement 10% des pèlerins sont partis de St Jan-Pied-de-Port, soit deux fois moins. Qui a raison? Le problème est dans l’analyse des questionnaires, peut-être.

Maintenant, essayons de comprendre pourquoi dans les premières étapes du chemin en Espagne, il y a autant de coréens et d’américains, ce que ne montrent pas les analyses espagnoles, qui concluent qu’il y a 3 coréens et 10 américains par jour. Alors, comme St Jean-Pied de-Port est tout de même assez éloigné de Santiago, il vaut mieux se fier aux données françaises en la matière, pour le début du chemin. Selon leurs données, le pic est au mois de mai, avec 10.837 pèlerins, ce qui fait que 10’837/30, à savoir 360 pèlerins se dirigent par jour vers Roncevaux. Cela montre aussi la difficulté de se loger à Roncevaux, car le gîte majeur n’accepte que 189 personnes. Mais, il y a d’autres possibiltés de logement ici, ou alors il faut aller plus loin sur le chemin. Les français donnent aussi la provenance des pèlerins, avec 10.8% d’américains et 7.5% de coréens. On devrait alors rencontrer 40 américains et 27 coréens sur le chemin, ce qui colle assez bien avec ce que l’on observe sur le chemin. Mais,  il y a manière de réconcilier les statistiques des deux pays. En tenant compte des données françaises, sur les 58’884 départs de St Jean-Pied-de-Port, par année partent  6350 américains et 4413 coréens. Or, selon les espagnols, 18’850 américains et 5’665 coréens arrivent à Santiago.  Cela signifie que la majorité des coréens part de St Jean-Pied-de-Port, ce qui n’est vrai que pour un tiers des  américains.

Il faut bien comprendre que pour un américain, un australien ou un coréen, venir ici est toute une expédition et qu’on ne va pas faire seulement une ou deux étapes. Alors on s’inscrit dans le très long terme. C’est pourquoi on retrouve en masse les représentants de ces pays lointains au départ de St-Jean-Pied-de-Port et à Roncevaux.  Pour les espagnols, qui représentent le 50% des pèlerins sur le chemin, on peut profiter de vacances pour marcher sur quelques étapes, d’une année à l’autre. On sait qu’aujourd’hui plus rares sont les pèlerins européens qui partent d’une traite de leur pays pour aller à Santiago ou Finisterra.

Quoi qu’il en soit, l’étape du jour est une magnifique étape dans les forêts de Navarre, au milieu des hêtres d’abord, puis dans les pins. Les forêts autour de Roncevaux sont connues pour être les plus grandes hêtraies d’Europe.  Les villages sont charmants avec des maisons de pierre, fortement décorées et blasonnées, faites pour résister au dur climat qui caractérise ces régions. Cette terre était la terre d’élection d’Hemingway.

 

Les dénivelés aujourd’hui sont très raisonnables (+322 m/-749 m). C’est de la descente avant tout. En montée, il n’y a que trois vraies bosses, une courte avant Autrizberri, une plus longue après le même village, puis une sérieuse après Lintzioian. Mais ce n’est guère plus que 300 mètres de dénivelé positif en tout. Les descentes se font surtout sur des dalles ou alors dans la pénible descente sur Zubiri sur les pierres cassantes.

Dans cette étape, le parcours se fait presque exclusivement sur les chemins. Certains chemins sont dallés. En Espagne, en dehors des villages et des villes, les routes goudronnées, pour la grande majorité, comportent des bandes herbeuses ou de terre sur les bas-côtés.  Ainsi, le Camino francés est avant tout un vrai chemin, si on le compare aux autres chemins de Compostelle en Europe, où les parcours ne sont qu’à moitié sur les chemins:

 

Goudron: 2.7 km

Chemins: 18.8 km

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous INFO, Via Podiensis.

Nous avons divisé le parcours en plusieurs tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le parcours, et l’état des chemins.

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètre ! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élmentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait “en vrai” le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Vous trouverez plus de détails sur les logements en fin de parcours. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. D’ailleurs le Camino francés est si bien signalé, qu’il est vraiment difficile de se perdre. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-ronceveaux-a-zubiri-par-le-camino-frances-37582828

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant