Etape 36: De St-Jean-Pied-de-Port à Roncevaux

Départ pour Roncevaux par le chemin d’hiver ou de printemps pluvieux

 

Ce matin, la pluie tombe sur St Jean-Pied-de-Port. Nous sommes au début du printemps, à la fin mars. Pour changer un peu, on vous décrira le Camino frances au printemps, quand l’Espagne est encore verte, vivante. Cela vous changera des vues habituelles du chemin en saison, quand tout est brûlé, que la canicule ralentit la marche et affecte  sévèrement les organismes des marcheurs sous leurs chapeaux, souvent dérisoires.

On annonce un jour difficile avec de la pluie, de la neige et du froid sur les Pyrénées. La veille au soir, cela jasait ferme dans les restaurants du village. Pourrait-on passer le col de Bentarte et le col de Leopeder tout là-haut sur la montagne?  Car bien évidemment, pour tout bon pèlerin, il faut passer là-haut. Les livres qu’ils ont lus,  les anciens pèlerins qu’ils ont fréquentés, et bien sûr Internet ont tant raconté cette étape, que de nombreux pèlerins imaginent l’avoir déjà faite moult fois, du moins dans leur tête. Mais, voilà, ce matin c’est la douche froide, manière de dire. A l’Office du tourisme, on annonce que le chemin est fermé depuis la cabane d’Orisson, en direction du col. Il y a du brouillard en abondance et 15 centimètres de neige à 1’500 mètres d’altitude. Pensez-vous que ce genre d’annonce décourage les pèlerins? La majorité, oui. Car les discussions ont aussi été bon train la veille à propos des risques. On a appris que maintenant le sauvetage était devenu payant, surtout s’il fallait faire appel à l’hélicoptère. On a appris aussi les nombreux incidents qui ont émaillé le parcours, avec de nombreux blessés, des morts aussi par hypothermie chez des intrépides perdus dans le froid, en chemin.  Certains pèlerins y iront quand même (le parcours est décrit dans ce guide, à la fin des étapes de la Via Podiensis). Mais, les autres prendront sagement le chemin d’hiver, qui monte moins haut, moins prestigieux. Mais, ce soir, ils arriveront de toute façon à Roncevaux, eux aussi. Hélas, ce chemin, c’est quand même longtemps la route du col.

Voici les deux chemins possibles pour gagner Roncevaux.

 

Aujourd’hui, nous suivrons donc la variante de Valcarlos.

Ne croyez surtout pas que si l’étape est plus facile, elle est de tout repos. Les dénivelés (+1147 mètres/-387 mètres) sont importants. La première partie jusqu’à Valcarlos n’est pas trop difficile, mais la route monte et descend tout le temps, parfois en pentes assez soutenues. Mais à partir de Valcarlos, le chemin est difficile, aussi difficile que si vous aviez suivi le chemin d’été. Il y a tout de même un col à franchir, même si le col d’Ibañetan’est pas le col de Leopeder. Et si vous passez par ici dans un printemps pluvieux, vous serez frigorifié. Une fois au col, la descente sur Roncevaux est facile, ce qui n’est pas le cas de la descente depuis le col de Leopeder.

Dans cette étape, vous marcherez surtout sur la route:

Goudron: 16.1 km

Chemins: 6.9 km

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous INFO, Via Podiensis.

Nous avons divisé le parcours en plusieurs tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le parcours, et l’état des chemins.

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple ? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élmentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait “en vrai” le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Vous trouverez plus de détails sur les logements en fin de parcours. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. D’ailleurs le Camino francés est si bien signalé, qu’il est vraiment difficile de se perdre. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-jean-pied-de-port-a-roncevaux-par-le-chemin-dhiver-36600295

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant