Etape 08: De Espalion à Golinhac par le GR65

Bonjour, Monsieur le Président

 

Didier Heumann, Milena della Piazza

 

Les motivations des pèlerins divergent. Certains marchent la tête basse, soucieux de savoir où poser le pied sur des chemins souvent assez difficiles. D’autres marchent la tête haute, sensibles au charme ou à la banalité des paysages, s’extasiant devant les fleurs que la nature offre le long des chemins. Car le pèlerin marche toute la journée dans des régions assez diverses.

Nous sommes en Haute Rouergue, dans le nord de l’Aveyron, là où le Lot, l’axe central, a creusé d’étroites gorges, qui s’ouvrent parfois en de larges bassins. Le Lot s’enfuit, surplombé par des hauts plateaux parfois schisteux, parfois volcaniques, parfois calcaires. Aujourd’hui, il n’y a pas de grands champs à se mette sous la pupille. Ce seront surtout des forêts et des pâturages. Car, sur les versants au nord, c’est souvent les forêts de chênes, de hêtres et de vieux châtaigniers qui dominent. Quand on observe le Lot, on a parfois le sentiment que l’eau ne bouge pas.

Aujourd’hui, nous sommes toujours en Aveyron et nous nous rapprochons de Conques. Cette étape est une étape magnifique, un vrai concentré de botanique pour la connaissance des arbres, surtout si vous avez la chance de passer ici un jour de beau temps. Par temps de pluie, les beaux paysages, hélas, s’estompent souvent.

 

 

 

 

Puisque le parcours traverse des régions assez diverses, disons alors un mot ici des particularités géologiques de la région.

Jusqu’ici, nous avons foulé des sols et des roches basaltiques volcaniques dans le Velay, puis le granite de la Margeride. L’Aubrac est déjà plus complexe. Le socle, c’est du granite, mais la surface, c’est plutôt du basalte. L’Aubrac est un massif volcanique relativement ancien par rapport aux grands volcans d’Auvergne, qui sont nettement plus récents. Mais ici, contrairement à l’Auvergne, les coulées de lave se sont éclatées et les volcans ont disparu, décimés par les érosions. Car les glaciers sont aussi venus ici, permettant la formation de moraines, de dépôts d’alluvions ou la présence de blocs de granite erratiques que l’on voit en masse sur le plateau de l’Aubrac.

En géologie, il en est presque toujours ainsi. Sous la pression, le granite se transforme en roches dites métamorphiques, que sont les schistes ou les gneiss. Ainsi, une partie du socle granitique de l’Aubrac s’est-il transformé en ce type de roches. Ceci se voit à la sortie de l’Aubrac, dans cette région qui descend de St Chély vers Espalion, dans le pays où les boraldes, de petits torrents ou rivières, ont entaillé les schistes et les gneiss. Plus en amont, vers Espalion et Estaing, dans la vallée du Lot, règnent les roches tendres que sont les grès et les calcaires, qui sont des dépôts marins, quand la mer arrivait jusqu’ici, bien après l’éclosion granitiques des montagnes.  Alors ici, du granite est aussi apparu, mais pas charrié par les glaciers. Car le magma granitique, il y a 300 millions d’années, par endroits a réussi à percer le tapis de calcaires et de schistes.

Voici les roches principales que vous êtes appelé à rencontrer ces prochains jours. Le fait de les découvrir procurera peut-être une certaine émotion au curieux.

Tiens! Aujourd’hui, c’est la première fois que le chemin remonte vers le nord. Si le but de l’étape du jour est Golinhac, il y a une alternative au chemin. A partir d’Estaing, on peut pendre le GR6 ou le GR65, qui se rejoignent à Campagnac, peu avant Espeyrac, et se loger entre Champagnac et Espeyrac.

Les dénivelés aujourd’hui (+854 mètres/-520 mètres) laissent supposer une étape assez difficile. Que voilà une étape casse-pattes, quelle que soit la variante que vous choisirez! Évidemment, ce n’est pas insurmontable, mais le chemin monte et descend toute la journée. Il y a par exemple ici, après St Pierre, une petite grimpette de plus de 25% de pente sur moins de 1 kilomètre. Et que dire de cette interminable montée vers Golinhac ou Campuac? Et même, le long du Lot, sur le GR65, c’est loin d’être plat. La descente sur Estaing, depuis Briffoul, peut aussi être difficile par temps pluvieux.

 

Vive le goudron! Une manière de limiter les dégâts est de prendre le GR6 à partir de Estaing:

Goudron: 17.3 km
Chemins: 9.4 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-espalion-a-golinhac-par-le-gr65-29925055

 

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant