Etape 07: De St Chély d’Aubrac à Espalion par le GR65

Ici, le plaisir absolu, c’est la vierge de Vermus, bien au-dessus du Lot

 

Didier Heumann, Milena della Piazza 

 

Aujourd’hui, nous allons laisser l’Aubrac derrière nous, presque à regret. Mais le Chemin de Compostelle est si varié que d’autres horizons attendent le pèlerin. Le Lot n’en finira pas de tourner dans le centre de la France.

Nous sommes en Aveyron pour plusieurs jours. Et la direction demeure toujours sud-ouest. L’étape est entièrement en Haute Rouergue, la région Nord de l’Aveyron, coincé entre le Cantal du Massif central auvergnat et les causses du sud de l’Aveyron. Le chemin passe sur les hauts de la Boralde de St Chély, qui se jette dans le Lot près de St Côme d’Olt. Puis, le chemin descend le Lot vers Espalion, direction ouest.

Nous sortons de l’Aubrac pour le pays d’Olt. Alors Olt ou Lot (il faut prononcer le t) est-ce la même chose? Vous imaginez ben que les étymologistes se sont penchés sur la question. Et pourtant, rien n’est bien clair. Car il faut remonter aux origines celtiques, gauloises, occitanes, et autres de ces pays que traverse la rivière. Certains experts penchent pour une origine gauloise/celte, ollosignifiant grand. Sous les romains, ollo va devenir oldo,puis olto. Et puis en ancien français olt. D’autres experts pensent plutôt que ollo ferait allusion à Ollodio, le dieu Jupiter, le plus grand. Quelle qu’en fût l’origine, Olt bascula un jour en Lot, par un phénomène connu en linguistique sous le beau terme de métathèse. Pour des questions de prononciation, on se met à inverser les lettres, le plus souvent les consonnes! Alors ne soyez pas surpris que la vallée du Lot s’appelle encore aujourd’hui Vallée d’Olt. Quoi qu’il en soit, si olt veut dire grand, on ne peut qu’abonder dans le sens des étymologistes, car la rivière et la vallée sont sans doute parmi les plus belles de France.

Dans ces régions, l’élevage (bovin et ovin) prédomine, dans un paysage géologiquement complexe, dans un réseau de petites rivières. C’est le pays des “boraldes”, de petites rivières ou torrents rapides qui coulent dans des vallons très encaissés. Ces petites rivières ont entaillé le socle de l’Aubrac, qui est ici formé de schistes et de gneiss, qui sont des roches transformées à partir du granite, le socle de base de l’Aubrac, qui lui est, en surface, recouvert de roches volcaniques basaltiques. La vallée du Lot forme nettement une frontière vers le Sud de l’Aveyron.

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Les dénivelés aujourd’hui (+436 mètres/-928 mètres), sont importants, surtout en descente. C’est donc une étape difficile, pour de nombreux pèlerins retraités ou peu sportifs. Le début de l’étape, c’est une petite montée raisonnable sur le haut plateau. Puis, l’étape est une longue descente vers la vallée du Lot sur des chemins caillouteux vers la végétation exubérante de la Boralde de Chély. Nous partons tout de même à plus de 800 mètres d’altitude à St Chély d’Aubrac pour arriver à Espalion à moins de 400 mètres. En fin de parcours, attendez-vous à un petit effort quand vous atteindrez la montée casse-pattes de la Madone de Vermus, près d’Espalion. Certains esprits fâcheux diront, avec un léger parti pris, que ce n’est pas la plus belle étape du Chemin de Compostelle. Mais, les forêts ici sont belles ainsi que le détour à la Vierge de Vermus, près d’Espalion dans le désordre des broussailles.

L’étape du jour est nettement à l’avantage des passages sur chemins:

Goudron: 8.6 km
Chemins: 15.1 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-chely-daubrac-a-espalion-par-le-gr65-29911252

 

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

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