Etape 04: Du Sauvage à Aumont-Aubrac par le GR65

Dans la majestueuse beauté des forêts de Margeride

 

Didier Heumann, Milena della Piazza

 

Nous allons entrer en Lozère, plus particulièrement en Margeride, de l’autre côté de la forêt. On redescend puis on remonte pour une lente transition vers le plateau de l’Aubrac. Dans le pays, le granite est partout, dans l’architecture carrée des fermes massives, dans les fontaines, dans les croix. Les vieilles maisons de granite avec leurs toits en ardoises se perdent dans les hameaux isolés. Elles défient les conditions les plus extrêmes de l’hiver, racontent l’histoire des habitants d’ici, d’un pays qui autrefois appartenait au comté de Gévaudan. La région est parmi les moins habitées d’Europe. Le paysage cependant est d’une grande beauté.

Le chemin s’en va à nouveau direction sud-ouest dans un paysage rural semé de collines boisées. Aujourd’hui, le chemin quitte la Haute-Loire pour la Lozère. La limite est près de la Chapelle St Roch. Il suit la vallée de la Limagnole, où coule une petite rivière qui passe près de St Alban-sur-Limagnole, avant de se jeter dans la Truyère. Après le pont sur la Truyère, aux Estrets, nous serons en Aubrac, tout près de l’autoroute A75 (E11), qui descend de Clermont-Ferrand vers la Méditerranée.

 

La Lozère est le département le moins peuplé de France, avec moins de 80’000 habitants, le plus pauvre aussi, pour ne pas dire très pauvre. De rares industries s’y sont développées, ne touchant en rien des paysages d’une rare beauté, où il fait bon pêcher la truite. Au Nord, sur les causses et les collines arrondies de l’Aubrac et de la Margeride, au Sud sur les pentes des Cévennes, au coucher du soleil, quand les vaches rentrent ou se couchent près des barbelés, l’âme vagabonde avec Virgile. La Lozère, comme on l’a précisé dans l’étape précédente, c’est en fait l’ancien Gévaudan, et, en remontant dans le temps encore plus loin, le pays des Gabales, farouches ennemis des Romains, qui avaient leur capitale à Gabalum, devenu aujourd’hui un petit village tranquille au centre du département sous le doux nom de Javols.

Le climat est aussi rude que les gens qui vivent ici. Et comme dans toutes les régions où la vie est difficile, le sens de l’hospitalité et l’attachement atavique au sol natal sont les règles pour des habitants, qui sont avant tout des paysans fiers de leurs terres. Pour le voyageur et pour le pèlerin, la Lozère, c’est une sorte de jeu de piste pour se retrouver nez à nez avec la Bête de Gévaudan qui est passée de vie à trépas un jour du mois de juin de l’année 1767. Mais combien d’entre eux n’attendent-ils pas la voir surgir à nouveau, lorsqu’ils transitent sur les chemins de terre, dans les sous-bois, entre chien et loup ?

Le département de la Lozère doit son nom à la principale montagne située sur son territoire, à savoir le Mont Lozère. S’il est constitué des territoires de l’ancien pays de Gévaudan, dans le Sud, il regroupe aussi des régions appartenant aux anciens diocèses de Uzès et de Alès, dans le Languedoc. Le GR65 ne passe pas dans le sud du département. Il ne fait qu’effleurer la Lozère au Nord, entre les départements de la Haute-Loire et de l’Aveyron. La Lozère présente un relief entièrement montagneux, traversé qu’il est par les Cévennes, mais aussi par ses contreforts que sont au Nord les montagnes, disons les grosses collines, de la Margeride et de l’Aubrac.

Le trajet n’est pas sans difficulté, quoique les dénivelés (+ 423 mètres/-683 mètres) restent encore assez raisonnables pour une si longe étape. Pendant de nombreux kilomètres, c’est avant tout de la descente sur de hauts plateaux couverts de prairies verdoyantes ou des landes de genêts et de bruyères, avec parfois de petites forêts. Par la suite, sur le parcours, deux bosses méritent tout de même attention. La première se situe juste après St Alban-sur-Limagnole, lorsque le chemin fait un détour vers Grazières-Mages. La seconde suit peu après lorsque le GR65 remonte sur le haut plateau près de Chabannes. Après une descente assez sévère sur les Estrets et une montée aussi sévère sur Bigose, le chemin remonte gentiment pour gagner Aumont-Aubrac, sur les bords du plateau de l’Aubrac.

Aujourd’hui, c’est une étape que les pèlerins apprécient. Très peu de goudron, ce qui est assez rare, il faut le dire:

Goudron: 7.5 km

Chemins: 21.3 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/du-sauvage-a-aumont-aubrac-par-le-gr65-29749447

 

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Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

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