Etape 03: De Sauges au Sauvage par le GR65

Attention à la Bête de Gévaudan

 

Didier Heumann et Milena della Piazza

 

Aujourd’hui le trajet traverse une grande partie du Gévaudan, un monde à part où la forêt côtoie les blocs de granite, où le paysage s’ouvre et se ferme parfois, près de hameaux isolés, au milieu des forêts et des pâturages rangés derrière des murs de pierre et des barbelés, la marque de fabrique de la Margeride et de l’Aubrac.

 Le chemin file presque plein Sud derrière le bassin de l’Allier. C’est une lente transition vers la Margeride, puis vers le plateau de l’Aubrac.

La région que nous traversons se distingue aisément du Haut-Allier et du Devès que nous venons de traverser. Ici, le relief est issu de la décomposition du granite du massif Central. C’est un massif de basse montagne, arrondi et drainé par les affluents de l’Allier et de la Truyère. Ce sont des terres arides, couvertes de sapinières assez denses, de pins et de hêtres (fayards, petits hêtres) et de genêts. Le pin sylvestre est l’espèce dominante, au milieu de landes à myrtilles et à genêts. Ici les transitions sont douces entre les espaces ouverts et les forêts. Sur les pentes, l’érosion a laissé affleurer des veines et de petits blocs de granite.

Comme le granite est la pierre normative de la région, les constructions en sont issues. Les alentours des villages occupent des espaces de petite taille, dans les endroits les plus accessibles de la vallée. Les parcelles sont souvent séparées par des frênes, des murets en pierre ou des fils de fer barbelés accrochés à de petits blocs de granite. Ici, la terre est pauvre et acide, à cause de la base granitique de la région. En conséquence, le pâturage est la ressource première. La sylviculture et la cueillette des champignons et des lichens complète la panoplie du paysan.

Il règne une certaine confusion entre Gévaudan, Margeride et Lozère. En fait, tout cela est assez synonyme, du moins au niveau des paysages. Autrefois, il y avait ici une grande province: le Gévaudan qui incluait la Margeride, l’Aubrac, une partie des Cévennes au sud et du Cantal au nord. Les arpenteurs modernes ont refondu ce large territoire pour créer un département, celui de la Lozère. Alors, le Gévaudan, c’est juste un peu plus vaste, car il inclut aussi une partie du sud de la Haute-Loire, que nous traversons aujourd’hui. De toute façon, le monstre du Gévaudan, lui connaissait parfaitement la cartographie, ayant usé ses griffes acérées sur ce vaste territoire.

L’étape est donc aujourd’hui entièrement en Haute-Loire. La nature est moins torturée aujourd’hui. Dans la première partie de la journée, le paysage est pastoral avec des prairies jalonnées de pieux de granite et des maisons du même matériel. Dans la deuxième partie, le paysage change pour s’enfoncer dans des forêts épaisses, d’épicéas et de pins en grande partie, avant d’atteindre le site majestueux du Sauvage, terme de l’étape.

L’étape est courte, 20 kilomètres, facile, avec des dénivelés plus faibles aujourd’hui (+512 mètres/-204 mètres). Il est bon de rappeler que le marcheur non expérimenté doit “acheter” le voyage et de raccourcir les étapes au début pour se mettre en jambes. D’ailleurs, si le trajet est court, c’est aussi parce que de très nombreux pèlerins désirent à tout prix s’arrêter au Sauvage. Mais attention! Le site ne peut recevoir que 41 personnes. En conséquence, de nombreux marcheurs continuent plus loin vers Lajo et St Alban-sur-Limagnole.

La journée débute par une montée aisée à travers la campagne vers le hameau Le Pinet, avant d’atteindre La Clauze, un village dominé par une tour située au sommet d’un bloc de granite. Puis, le chemin monte et descend pour traverser le ruisseau de La Virlange. A partir de Chazeaux, le marcheur entre dans la forêt des mystères, le Gévaudan, une région de la Margeride longtemps hantée par  la “Bête de Gévaudan”.

Aujourd’hui, les trajets sont nettement en faveur des chemins:

Goudron: 6.4 km

Chemins: 12.8 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-sauges-au-sauvage-par-le-gr65-29726048

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant