Etape 02: De St Privat d’Allier à Saugues par le GR65

Sous le pont Eiffel coule l’Allier

 

Didier Heumann, Milena della Piazza

Les Gorges de l’Allier sont la frontière naturelle entre les couleurs sombres basaltiques du Devès à l’est et les teintes granitiques claires de la Margeride, à l’ouest. Aujourd’hui, nous sommes en Haut-Allier, un pays de transition entre les monts du Velay et la Margeride. L’Allier est un cours d’eau sauvage dont les gorges donnent au paysage un cachet aussi magnifique que vertigineux. La vallée du Haut-Allier se présente ainsi avec ses paysages creusés dans de profondes découpures.

Le chemin file direction sud-ouest et traverse le bassin de l’Allier. L’étape est entièrement en Haute-Loire. La nature est profondément torturée ici.L’étape est courte mais très exigeante, une ses étapes les plus pénibles du Chemin de Compostelle en France.

Entre Loire et Allier, sur les pentes du Mont Devès, les volcans ont répandu leurs coulées de laves modifiant les lits des rivières. Ils ont modelé le paysage, pour obtenir parfois de profondes entailles et des fonds de vallée très étroits, comme à Monistrol-d’Allier. L’Allier a taillé dans le granit de la Margeride, les roches les plus anciennes du Massif Central. Les méandres complexes du Haut-Allier sont le résultat des efforts qu’a fait la rivière pour contourner les obstacles occasionnés par les coulées volcaniques du Devès qui sont venues barrer son lit.

Des forêts épaisses de résineux et de feuillus ont poussé sur les versants moins exposés des vallées. On trouve surtout le pin sylvestre et le chêne commun, parfois des saules et des aulnes près des rivières. L’Allier est, à certains endroits, presque inaccessible. De l’autre coté des vallées, des prés ou des landes de bruyères et de genêts ont tapissé les falaises de basalte et les replats, formant des balcons suspendus au-dessus de la rivière, qui ont permis aux hommes de s’implanter. Les villages, petits et isolés, hésitent entre les basaltes mats et les granits brillants. Le chemin de fer a marqué aussi la vallée. Le train Paris-Marseille, baptisé le Cévenol en 1955, traverse la Haute-Loire par les gorges de l’Allier.

Avant de prendre la route, un petit mot de géographie. Les rivières ne font-elles pas partie intégrante du paysage rencontré sur le chemin ? Comme nous allons suivre ou traverser nombre d’entre elles, entrons un peu dans les détails. De cette région de confrontation entre le granite du Massif Central et les coulées de basaltes que vomirent les volcans, des grandes rivières de France on pris naissance ici. Il est assez curieux de constater que de très grandes rivières de France ont leurs sources dans une région de petites montagnes. La Loire, le Lot, l’Allier, la Truyère, toutes naissent au sud du Velay et dans les Cévennes lozériennes, près de Mende. L’Allier, où nous sommes aujourd’hui prend sa source au Moure de la Gardille, puis coule vers le Nord, en passant par Brioude, Issoire, Clermont-Ferrand, Moulins et Vichy, pour se jeter dans la Loire près de Nevers. Il faut noter aussi que cette région est la ligne de partage des eaux entre l’Atlantique et la Méditerranée. En fait, seule l’Ardèche gagnera le bassin méditerranéen.

Lot, Tarn, Allier, mais aussi de fleuves moins conséquents comme le Bès ou la Truyère ont leur source en Lozère. Seule la Loire naît un peu plus à l’est.

L’étape est courte mais éprouvante, avec des dénivelés importants (+678 mètres/-606 mètres) pour une étape si courte. La journée commence par une légère montée vers Rochegude. De là-haut, on admire la faille remarquable que présente la vallée profonde du Haut-Allier. Puis suivra une descente sévère dans les rochers et les racines vers Monistrol, où le chemin traverse la rivière Allier. Quand le chemin descend vers Monistrol d’Allier, le regard ne peut s’empêcher de voir en face Escluzels, surplombant la falaise, où il faudra monter. Et c’est vrai! D’aucuns prétendent que cette courte ascension est un des efforts les plus redoutables du Chemin de Compostelle. Heureusement, à partir de Montaure, la pente se fait plus douce. On entre alors en terre de mystères, le Gévaudan, cette région de la Margeride longtemps hantée par la terrible bête du Gévaudan.

Les passages sur route goudronnée ou sur chemins de randonnée sont assez voisins:

Goudron: 10.0 km
Chemins: 9.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Nous avons divisé le parcours en tronçons, pour en faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent le parcours, les pentes trouvées sur le chemin et l’état des chemins. Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-privat-dallier-a-saugues-par-le-gr65-29678071

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

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