Etape 01: Du Puy-en-Velay à St Privat d’Allier par le GR65

Une bonne mise en jambes

De très nombreux pèlerins et randonneurs débutent le chemin de Compostelle au Puy-en-Velay. La première étape n’est pas une promenade de santé. Ne met-on pas le marcheur dans une situation difficile, avec des forts dénivelés, avec un sac souvent trop lourd ou des chaussures peut-être mal adaptées à la marche? Pour le sportif, c’est une étape ordinaire. Mais, existe-il vraiment des étapes ordinaires? Le chemin change chaque jour, et chaque jour est un nouveau jour.

Le Velay est né de l’érosion de volcans complexes qui ont surgi dans un socle de granit. C’est une longue histoire. Les volcans ont explosé sur un socle granitique primitif de mille mètres de hauteur, épanchant laves sur laves jusqu’à 2500 mètres au moins de hauteur. Puis, lorsque Vulcain et Héphaïstos, c’est selon, décidèrent de stopper leurs vomissements convulsionnaires, l’usure s’installa. Chaque millénaire vit le paysage plus bas, moins compact, fragmenté en puys, en abîmes et en précipices, rongé par les rivières. Sur ce socle de scories et de cendres volcaniques, les rivières et les glaciers ont charrié petit à petit des sédiments tendres, comme les marnes et les calcaires lacustres, lissé le paysage pour créer de vastes plateaux. Mais, le basalte est résistant comme fer. La nature a difficilement raison de sa puissance. Les petites collines arrondies de puys ont résisté à l’usure progressive et les trois célèbres rochers du Puy, le rocher Corneille, le rocher Saint-Michel et le Mont Anis sont encore les aiguilles visibles de ces cheminées volcaniques d’autrefois.

L’agriculture, particulièrement l’élevage, est omniprésente. Les champs et les prés de dimension modeste se succèdent. Ce paysage agricole laisse peu d’espace à la forêt, bien que de nombreux petits bosquets sillonnent la région.

Le plateau s’est formé par l’empilement de larges coulées volcaniques basaltiques successives. De petites collines volcaniques s’élèvent parfois au-dessus du plateau. On les appelle ici des “gardes, couvertes de terres fertiles avec, au sommet, des pins ou des landes. En raison de la présence de nombreux cratères volcaniques, des tourbières se sont créées dans le Devès. Le Lac de l’Oeuf, où le GR65 passe, en est un exemple saisissant. Le Devès est dominé par l’agriculture et l’élevage. Les cultures sont plus rares. Les fermes sont souvent marquées de haies vives de noisetiers et de frênes. Les paysans ont ôté les blocs de pierre gênants pour favoriser le labourage, en faisant de petits murets, qui agrémentent le bocage.

Les villages sont relativement compacts, articulés autour d’une église ou d’un château, organisés autour d’une place ou d’un “couderc. Le “couderc, un espace public, traduit, comme sur le territoire de la Margeride voisine, une tradition communautaire marquée par la présence d’un four à pain, des lavoirs, des fontaines, des métiers à ferrer les bœufs. Pour les maisons, les hommes ont choisi la pierre volcanique, le matériau disponible sur place. Les pierres sombres et mates donnent une touche austère aux villages.

Le chemin file du Puy direction sud-ouest, du bassin de la Loire à celui de l’Allier. Nous sommes sur les plateaux du Devès, dans le Velay, là où les extrémités sont profondément entaillées, par la Loire à l’est et par l’Allier à l’ouest. Peu de vallées taillent un paysage assez horizontal. L’étape est entièrement en Haute-Loire. Nous sommes déjà dans les paysages typiques du Massif central, faits de petites montagnes boisées, mais avec parfois aussi des gorges profondes. La nature est profondément torturée ici.
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Dans cette étape, les dénivelés sont relativement conséquents, mais la pente est progressive et assez supportable (+649 mètres/-389 mètres). Ce sera une montée progressive vers les Monts du Devès. De là-haut, on devine au loin la Margeride, et plus loin encore, l’Aubrac. Pour un départ sur le Chemin de Compostelle, c’est un bon début, non? 23.2 km de marche et 600 mètres de dénivellation positive pour atteindre les Monts du Devès. Une descente, pas toujours légère, conduit le pèlerin à St Privat d’Allier.

 

Dans cette étape, les passages sur chemin dépassent ceux sur le goudron. Ce n’est pas toujours le cas sur le Chemin de Compostelle:

Goudron: 9.5 km
Chemins: 13.7 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/du-puy-en-velay-a-st-privat-dallier-29068056

 

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant