Etape 10a: De Conques à Livinhac-le-Haut par le GR65

Retour vers le Lot et ses calmes méandres

Nous avons déjà quitté le Haut Rouergue et ses vallées verdoyantes pour la vallée du Lot, mais notre chemin est encore pour quelques jours dans le nord de l’Aveyron, au milieu des hêtres, des chênes et des châtaigniers. Les pentes boisées, les bocages et les herbages entrecoupés de ruisseaux font progressivement laisser leur place à des espaces plus ouverts avec des terres assez pauvres, où le charbon domine.

Nous sommes toujours en Aveyron, longeant la vallée du Lot sur les hauteurs, direction ouest.

Donnons ici un petit aperçu du département de l’Aveyron que nous traversons dans sa partie Nord. Après avoir passé l’Aubrac et la région du Vallon, où nous étions à Conques, aujourd’hui le chemin remonte la vallée pour redescendre sur le Bassin houiller de Decazeville. Puis, il gagnera les Causses du Quercy via Livinhaceac et Cahors. Le pays de Conques, placé entre le bassin de Decazeville et la vallée du Lot, est un ségala dont les sols acides étaient synonymes autrefois de seigle, de châtaigniers et de landes. Depuis, les cultures ont progressivement évolué. Ici, l’enchevêtrement des couches géologiques, entaillées par le Lot et le Dourdou donne une grande variété de roches. Si les schistes et les granites composent l’intérieur de ce plateau ondulé, on voit aussi des calcaires et des grès qui créent des effets de rouge ou de jaune sur le vert des prairies. Dès lors, dans la région, les villages sont faits de schistes ou de granites gris, de grès rose ou de calcaire jaune.

 

Le bassin houiller de Decazeville fut l’un des principaux de France. Pendant la Grande Guerre, plus de 15’000 salariés y extrayaient le charbon, le produit d’accumulation et de fossilisation des déchets végétaux. Ici, les mines datent de 1828, mines qui s’étendaient sur un périmètre de 50 kilomètres carrés. Au début des années 1960, le bassin minier connut une grève retentissante. Plus de 1500 mineurs restèrent plus de 2 mois au fond. La dernière mine fut fermée définitivement en 2001.

L’étape du jour est devenue plus ambiguë, car il y a deux chemins, le GR65 et le GR6, qui parfois se confondent, parfois s’entrecroisent. Ces dernières années, le GR65 et le GR6 se sont juste inversés !! Nous reviendrons dans un prochain chapitre sur cette histoire. Aujourd’hui, nous suivrons le GR65, ce que fait la majorité des pèlerins, car quand on leur dit Chemin de Compostelle, ils vont presque à tout coup sur le GR65. C’est une étape difficile, mais les pèlerins qui ont déjà plusieurs jours de marche derrière eux, passeront l’épreuve sans problème. Comme l’étape est longue, et en conséquence, certains pèlerins coupent la poire en deux, en faisant halte à Decazeville. Aucun pèlerin ne dira que cette étape est l’étape la plus excitante du Chemin de Compostelle. Loin de là!

Les dénivelés aujourd’hui sont très importants (+763 mètres/-849 mètres). En fait, c’est une des étapes avec le plus de dénivelés du GR65. L’étape d’aujourd’hui est pénible dans sa première partie, puis avant d’arriver à Livinhac. Il faut sortir du vallon de Conques pour gagner le bassin de Decazeville, avec plus de 300 mètres de dénivellation. C’est avec la montée de Briffoul et celles d’Escluzels et de Roncevaux, le parcours le plus pénible du GR65, peut-être le plus éprouvant. Par la suite, l’essentiel du parcours se résume à une grande balade sur la route jusqu’à Decazeville. Par endroits, la descente est sévère. Finalement, une montée assez longue et rude jusqu’à St Roch, se termine en descente vers Livinhac-le-Haut, au pied du Lot.

 

Dans cette nouvelle donne du GR65, vous allez aimer le goudron, pour sûr! Vous plaisantez, diront les organisateurs du chemin! Ce n’est pas du goudron, c’est une bande d’herbe ou de terre le long du goudron:

Goudron: 16.3 km
Chemins: 8.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur la Via Podiensis. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Pour vous aider à reconnaître les arbres, reportez-vous au petit résumé de botanique en introduction générale du chemin (dans le menu sous Articles récents).

Il est très délicat de préciser avec sécurité l’inclinaison des pentes, quelle que soit le système que vous utilisez. Les montres GPS, qu’elles mesurent la pression barométrique ou l’altimétrie, ne sont guère plus convaincantes que les estimations basées à partir des profils cartographiés. Il existe sur Internet très peu de sites qui permettent d’estimer des pentes à partir de cartes (3 au plus). Comme ces logiciels reposent sur une approximation et une moyenne autour du point recherché, il peut y avoir de grandes variations d’un logiciel à l’autre, en fonction de l’état des lieux ou de la variation entre deux points (par exemple un trou suivi d’une bosse très proche). En voulez-vous un exemple? Sur le GR36 qui longe la côte bretonne, l’altitude n’est que rarement supérieure à 50 mètres au-dessus de la mer. Mais, le chemin ne fait que monter et descendre. Pour un parcours d’une vingtaine de kilomètres, un logiciel vous donnera 800 mètres de dénivelé positif, un autre 300 mètres. Qui dit vrai? Pour avoir fait plusieurs fois le parcours, les jambes disent que le dénivelé est plus proche de 800 mètres! Alors comment procéder? On peut s’appuyer sur les logiciels, mais, il faut être prudent, faire des moyennes, ne pas tenir compte des pentes données, mais seulement des altitudes. A partir de là, ce n’est que de la mathématique élémentaire pour déduire les inclinaisons, en tenant compte de l’altitude et de la distance parcourue entre deux points dont on sait l’altitude. C’est cette manière de faire qui a été utilisée dans ce site. D’ailleurs, rétrospectivement, quand on fait en vrai le parcours estimé sur cartographie, on constate que cette manière de faire est assez proche de la vérité du terrain. Quand on marche souvent, on a assez rapidement le degré de pente dans l’œil.

Les parcours ont été dessinés sur la plateforme Wikilocs. Aujourd’hui, il n’est même plus nécessaire de se balader avec des plans détaillés dans la poche ou dans le sac. Si vous êtes équipé d’un téléphone mobile ou d’une tablette, vous pouvez aisément suivre les trajets en direct. Pour ce parcours, voici le lien:

 

 

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-conques-a–le-haut-par-le-gr65-42542373

Cliquez ici pour commencer l’étape sur le premier tronçon. Avant

Si le parcours ne vous intéresse pas, mais que vous voulez trouver le détail des logements présents sur le parcours, Vous pouvez le faire ici.

Cliquez ici pour le détail des logements. Avant