Arbres et arbustes du Chemin de Compostelle

 

A l’école, nous avons appris des formules mathématiques, dont personne ne se sert vraiment, des dates historiques que l’on a de la peine à situer dans le temps, des verbes irréguliers, que l’on ne trouve plus que dans les mots croisés spécialisés, l’usage de l’imparfait du subjonctif, et nous voilà perplexe devant un arbre ou un buisson qui nous paraît aussi étranger que le latin ou les anciennes civilisations précolombiennes. La botanique n’est jamais vraiment au programme des écoles. Alors ne serait-il pas le temps de retourner un peu plus à l’école sur le chemin de Compostelle ? Pour de nombreux randonneurs, la botanique fait partie de leur musette. D’autres n’y attachent aucune importance. Mais il y a la foule du milieu. Alors, et nous en avons souvent fait l’expérience, il est fort agréable, quand on passe des semaines sur le chemin de Compostelle, entre forêts, haies et sous-bois, de lever les yeux vers la cime des arbres, de scruter leur feuillage pour pouvoir mettre un nom sur la nature qui nous entoure. C’est réconfortant, comme un jeu de piste qui abrège le chemin.

Nous avons donc tenté de faire un petit cours de botanique élémentaire, en présentant la grande partie des arbres et des arbustes que vous trouverez sur le chemin en Suisse et en France. Nous avons insisté sur quelques pièges à éviter dans la reconnaissance de ces espèces. Dans ce court exposé, la majorité des photos a été extraite du site Web Sorbonne Université: reconnaissance des arbres par les feuilles, de Wikipedia ou de sites généralistes. Nous nous excusons auprès des auteurs d’avoir emprunté ces photos, sans les citer, car pour la plupart ils nous sont inconnus. Notre site n’est en rien commercial, il n’est destiné qu’à aider les pèlerins sur le chemin de Compostelle.

On pourrait se dire naïvement que la Suisse et la France sont si proches que l’on devrait retrouver les mêmes espèces d’arbres dans les deux pays. Mais ce n’est pas le cas. En Suisse, les conifères sont les arbres les plus fréquents (70%), les feuillus ne représentant que 30% du volume de bois. Les épicéas dominent le paysage (44% total des arbres) par rapport aux sapins (15% total des arbres). La troisième espèce dominante est le hêtre (18% total des arbres). Suivent le mélèze (5%), le frêne (4%) et l’érable (3%). En Suisse, contrairement à la France, les chênes, les charmes et les pins sont des espèces assez discrètes. On dira en résumant mal que la Suisse, du moins les régions où passe le chemin de Compostelle, c’est le monde des épicéas et des hêtres.

Puis, quand on suit alors la Via Gebennensis de Genève vers le Puy-en-Velay , au niveau des arbres , on est encore un peu en Suisse, mais à mesure que on se rapproche des contreforts du Massif Central, le biotope change, et alors débarquent les pins, les charmes et les chênes. Car, en forêt française, il y a plus de feuillus (70%) que de résineux (30%). La France est la première forêt feuillue d’Europe avec 10,3 millions d’hectares, nettement dominée par les chênes. Voici, le volume de bois en % des diverses espèces.


Les feuillus

1. Comment distinguer les hêtres des charmes?

 

Souvent, ces deux arbres apparaissent dans le même biotope. Le hêtre pousse un peu partout, étant peu difficile quant à la nature du sol, même s’il préfère les terrains calcaires ou légèrement acides. Il préfère les climats un peu plus humides. Aussi, le trouve-t-on surtout en France, dans le nord-Est, où il représente 10% des essences en France (après le chêne pédonculé et le chêne sessile). En Suisse, pays plus humide, il représente 20% des espèces de feuillus. C’est un arbre de plaine et de basse à moyenne montagne. Sur le Chemin de Compostelle, vous le trouverez en présence marquée, partout en Suisse, en Bourgogne et en Franche-Comté, mais plus rarement dans le sud, et alors, sur les collines les plus élevées.

Le charme est une espèce très commune de nos forêts. Il peut pousser de manière isolée, mais le plus souvent en haies, en taillis. Il préfère le climat continental, les sols frais, argileux ou limoneux, jusqu’à 1300 mètres d’altitude. En Suisse, il est rare, en France, il occupe 6% des forêts. Le charme appartient à la même famille que l’aulne, le bouleau et le noisetier. Il n’existe que peu de charmaies pures, comme on peut trouver parfois des hêtraies assez pures. Le charme est souvent associé aux chênes pour former des chênaies-charmaies ou à des hêtres pour donner alors des hêtraies- charmaies, ou encore des forêts où les trois espèces se mixent avec bonheur, la majorité des forêts de France du Nord-est. Dans ces cas, souvent le charme représente la state arbustive, que l’on baptise souvent du nom de charmille, de petits charmes en buissons en quelque sorte. Bien évidemment, ces espèces coexistent avec les conifères.

Le hêtre aussi appelé fayard, possède une écorce grise et lisse, contrairement aux charmes qui ont une écorce plus crevassée, comme les chênes. Le charme peut être un arbre isolé, droit, mais souvent on le trouve en allure de buisson. Un grand hêtre, vous le reconnaîtrez aisément à son tronc gris, lisse et clair. Pour un hêtre plus jeune, c’est plus difficile, car, lorsqu’ils sont jeunes, souvent tous les troncs des arbres se ressemblent.

Hêtre

Charme

Le hêtre et le charme on des feuilles qui se ressemblent. Elles sont toutes les deux simples, alternes, c’est-à-dire disposées successivement à droite et à gauche du rameau (si les feuilles sont en face l’une de l’autre sur un rameau, on dit que les feuilles sont opposées). La feuille du hêtre est lisse et porte souvent des poils, quand elle est jeune. La feuille du charme possède des bords dentés, comme une petite scie. A l’œil, les feuilles du charme paraissent plus vertes que les feuilles de hêtres. Il y a un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir: “Le Charme d’Adam, c’est d’Hêtre à poils“.

Mais attention ! Un aulne possède des feuilles très semblables au charme.

Feuilles de hêtre

Feuilles de charme

Au niveau des fleurs, si vous marchez au printemps, vous aurez de la peine à distinguer les deux espèces, les fleurs étant représentées par des chatons pendants, que l’on voit aussi sur les noisetiers, les chênes, les aulnes, les noyers, les saules ou les peupliers. En automne, le charme a tendance à fructifier abondamment. Il produit de nombreuses graines ailées, appelées “samares“ qui sont dispersées par le vent. Ce sont des akènes regroupés en grappes pendantes. Ils sont mûrs entre septembre et octobre.

Les fruits des hêtres sont des “faines“, également des akènes qui ressemblent à des châtaignes plates. Ces fruits, mangés par les animaux, étaient autrefois aussi consommés par les humains, mais ils sont assez toxiques en fait.

Fruits du hêtre

Fruits du charme

2. Des arbres au destin tragique: l’orme, et bientôt le platane.

 

Les ormes regroupent aussi de nombreuses espèces dont la principale dans nos forêts est l’orme champêtre, qui est assez voisin du charme. Il faut souvent regarder les feuilles pour les différencier.

Orme

Charme

Les feuilles de l’orme ressemblent à celles du charme. Il faut bien les observer pour trouver la différence. Les feuilles du charme sont parfaitement symétriques au niveau de l’insertion du pétiole, tandis que celles de l’orme sont très légèrement dissymétriques.

Feuilles de charme

Feuilles d’orme

Les fleurs apparaissent au début du printemps en inflorescences massives. Les fruits sont des akènes comparables aux samares des érables.

Fleurs d’orme

Fruits d’orme

Mais, si on vous dit cela, c’est pour ceux qui par hasard croiseront un de ces arbres magnifiques sur le chemin. Car pour l’orme c’est une tragique histoire. Ces arbres peuvent vive près de 500 ans, mais 97% d’entre eux ont disparu à jamais. Dès le début du XXème, il a été touché par la graphiose, une maladie causée par un champignon microscopique, Graphium ulmi, transporté par un coléoptère, le scolyte, qui l’introduit dans l’arbre en mordant les rameaux. La graphiose a connu deux grandes vagues. En 1914-1918, le champignon a fait disparaître 40 % des deux principales espèces, l’orme champêtre et l’orme de montagne. Dans les années 1970, la seconde vague due à un champignon, de la même famille mais encore plus agressif, arrive en Europe via des agrumes infectées provenant des États-Unis et détruit les ormes adultes restants. Les scientifiques des Pays-Bas, se mobilisent. Le scolyte creuse des galeries sous l’écorce et inocule le champignon dans les vaisseaux, empêchant la circulation de la sève. Comme l’orme se reproduit aussi par bouturage, il se forme de jeunes rejets. Mais dès que les rejets grandissent, ils sont repérés à leur tour par les scolytes qui injectent le poison. Alors, un espoir maintenant. Depuis quelques années, la population de scolytes a régressé. Vive les insecticides, sans doute ! Il y a de nombreuses tentatives, comme celle d’utiliser des clones de vieux arbres résistants ou de jouer avec la génétique pour trouver des clones résistants au champignon. Mais, vous imaginez aisément que cela prend du temps, quand on sait que ces arbres peuvent vivre près de 500 ans.

Et des champignons microscopiques ravageurs, il y en a ailleurs aussi. Ces microorganismes étaient là, longtemps avant nous, les hommes. Leur objectif, comme le nôtre, est de trouver de la nourriture pour se reproduire. Alors, gagnons cet extraordinaire Canal du Midi, salué par l’UNESCO. Il y a dix ans, on comptait 42 000 platanes, plantés au milieu du XIXème siècle, le long du canal. Mais depuis 2006, environ 20 500 platanes ont été abattus, 3 200 uniquement sur l’année 2017. Le drame ici, c’est aussi un champignon microscopique, le chancre coloré, qui dévore et détruit l’arbre à petit feu. L’abattage est la seule solution, car il n’y a aucun traitement efficace.

On a déjà recommencé à planter d’autres espèces, dont des chênes, des pins parasols, des érables, et aussi des peupliers. Mais voilà maintenant que les peupliers sont touchés par une nouvelle maladie. Il s’agit d’un papillon, la sésie, qui installe ses larves entre l’écorce et le bois et qui tue l‘arbre à petit feu en suçant la sève. C’est l’équivalent du bostryche, qui s’attaque aux épicéas souffrant de sécheresse. On n’est pas sorti de l’auberge.

3. Saurez-vous reconnaître un aulne?

 

L’aulne (aune) blanc dit aussi aulne rugueux, aulne de montagne ou varne, est un arbre assez fréquent en moyenne montagne, dans les zones humides, les bords de ruisseaux, les marécages et les taillis humides. Il peut monter à plus de 10 mètres, mais comme il se bouture facilement, on le trouve souvent en peuplements serrés. Son tronc est souvent tordu et courbé à la base est couvert d’une écorce lisse brun rougeâtre portant de nombreuses aspérités orangées.

Plus commun est l’aulne glutineux, appelé aussi aulne noir, aulne poisseux ou encore vergne. L’aulne et la rivière sont inséparables. La rivière lui apporte l’eau et l’aulne tient les berges avec ses puissantes racines. L’écorce de l’aulne est verte ou gris-brun lorsque l’arbre est jeune, brun-noir et crevassée quand il est vieux.

Mais il faut dire aussi qu’au cours des dernières décennies, l’homme est passé par là, et qu’il a rasé de nombreux aulnes et frênes qui s’exprimaient le long des ruisseaux.

Aulne blanc

Aulne glutineux

Comme on l’a dit plus haut, les feuilles de l’aulne ressemblent à celle du charme. Elles sont dentées, vert foncé dessus, vert plus clair dessous. Les jeunes feuilles sont couvertes d’une sécrétion qui les rend collantes, gluantes, donnant son nom à l’arbre (“glutinosus“ veut dire gluant).

Feuilles d’aulne blanc

Feuilles d’aulne glutineux

4. Comment distinguer les chênes?

 

Les chênes regroupent plus de 500 espèces, mais on ne trouve guère plus d’une dizaine d’espèces en Europe. Ce qui définit la famille, c’est la présence de glands. Les plus répandus sont le chêne pédonculé, le chêne sessile et le chêne pubescent. Vous ne verrez pas de chênes lièges ou peu de chênes verts sur le Chemin de Compostelle. Vous aurez de la peine à distinguer un chêne pédonculé d’un chêne sessile, juste à observer le port de l’arbre. Le Chêne pédonculé (Quercus robur) possède un port majestueux quand il est isolé. On le confond souvent avec le Chêne sessile appelé aussi chêne rouvre. Le chêne sessile, on le dira ainsi, est encore plus droit, plus élancé que le chêne pédonculé. Ce sont les grands chênes. De plus, ces deux espèces s’hybrident facilement.

Le chêne pédonculé a souvent un aspect tourmenté, avec un tronc droit se divisant en grosse branches tortueuses coudées. C’est une espèce de lumière qui a besoin d’espace autour de lui pour se développer. Il préfère les sols riches et nécessite une alimentation en eau constante. Le chêne sessile possède une ramification régulière, avec des branches diminuant à mesure que l’on monte et se terminant en éventail. Il est plus frugal, résiste mieux à la sècheresse et supporte bien la concurrence de ses voisins.

Chêne pédonculé

Chêne sessile

Tout le monde sait reconnaître des feuilles de chênes, mais elles ne sont pas identiques. On n’entrera pas ici sur la spécificité des nervures, de la dentelure, qui permet de préciser les deux espèces. Mais, ce qui les distingue surtout, c’est le gland. Pour le chêne pédonculé, les glands sont portés par de longs pédoncules, d’où le nom de « pédonculé ». Pour l’autre espèce, les glands ont un pédoncule très court , d’où le nom de “sessile“.

Gland de chêne pédonculé

Gland de chêne sessile

Il existe encore une espèce très répandue, celle du chêne pubescent. C’est un arbre qui a besoin de plus chaleur. C’est l’arbre le plus répandu des causses, préférant les terres calcaires, avec une croissance lente. Plus petit que ses congénères, il possède le plus souvent un tronc et des rameaux assez tortueux, voire rachitiques. Mais on peut le trouver aussi sous forme élancée, alors il faut regarder les feuilles pour le distinguer des autres espèces.

Chêne pubescent

Chêne pubescent des causses

Il doit son nom, qui veut dire “poilu“, au fin duvet de poils blancs qui pousse sur les jeunes rameaux et feuilles, au printemps. C’est ce qui permet de reconnaître le chêne pubescent des autres chênes.

Feuilles de chêne pubescent

Rameaux de chêne pubescent

5. Comment distinguer les châtaigniers?

 

Le nom latin du châtaignier est Castanea, avec une dizaine d’espèces à travers le monde. La plus répandue chez nous est Castanea sativa, le châtaignier commun ou châtaignier d’Europe. Il fait partie de la même famille que le hêtre et le chêne, à savoir les Fagacées. Originaire d’Asie Mineure, d’Arménie selon les uns, de Turquie selon d’autres, voire d’ailleurs, l’arbre serait arrivé́ chez nous via la Grèce et l’Italie dès le premier siècle après J.C. L’arbre aime les terres acides, bien exposées, pour une bonne pollinisation. Il n’aime pas la moyenne montagne, devenant rare au-dessus de 700 métrés. Il est sensible aux grands froids, et de nombreuses ont souffert durant les hivers rudes.

S’il est facile de reconnaître un exemplaire de vieux châtaignier solitaire dans la campagne, le long des chemins, par contre, il est plus difficile de se fier au tronc pour reconnaître les fûts serrés et droits dans les châtaigneraies sauvages des bois. Là, les châtaigniers poussent souvent en grappes. Les beaux châtaigniers ont un port majestueux et un tronc, très strié, avec l’âge, épais et court. Ils peuvent atteindre 35 mètres de haut et vivre près de 1000 ans. Mais, lorsqu’ils sont jeunes, l’écorce peut être complètement grise et lisse, comme celle des hêtres.

Châtaigniers sauvages

Châtaigniers greffés

La châtaigne, a été́ au cours des siècles, le plat de base de nombreuses populations paysannes. Les châtaigniers sauvages ne fournissant que des fruits de caractère médiocre, on s’est orienté très tôt vers la culture d’arbres de meilleur rapport, dits « à fruits », produisant des châtaignes de qualité́. Ainsi, on a pérennisé par la greffe les meilleures variétés. Mais, encore dans de nombreuses régions de France, où on se contente de ramasser des châtaignes sauvages, et ces régions sont nombreuses sur le Chemin de Compostelle.

Dès lors, si on ne peut se fier au tronc pour reconnaitre les châtaigniers, il est aisé de les diagnostiquer grâce à leurs grandes feuilles vertes allongées, pointues et dentées. Et le diagnostic est encore plus aisé au printemps, quand leurs fleurs, en chatons caractéristiques, tombent au sol et font de véritables tapis, comme des chenilles. En automne, pas de problème. Dans les châtaigneraies, vous marcherez sur des tonnes de bogues.

Fleurs et feuilles de châtaignier

Bogues de châtaignier

6. Des érables, il n’y en a pas qu’au Canada!

 

Dans le monde, on compte environ 125 espèces d’érable (Acer) dont les deux tiers poussent en Chine. C’est l’emblème du Canada, avec surtout l’érable à sucre, l’érable rouge, l’érable noir et l’érable argenté. La plupart des érables peuvent atteindre entre 10 et 45 m de hauteur. Les autres sont plus des arbrisseaux, mesurant moins de 10 m. Chez nous, les trois représentants principaux sont l’érable plane, l’érable sycomore et l’érable champêtre. Plus rares sont l’érable de Montpellier ou l’érable argenté. En France, l’érable sycomore est plus présent dans le nord, plus particulièrement dans le nord-est, mais on en retrouve aussi de nombreux spécimens dans le Massif central. Il est plus rare dans le sud-ouest. L’érable plane est moins représenté, surtout au nord. L’érable champêtre se retrouve un peu partout dans le pays. L’érable de Montpellier est un arbre du sud, l’érable de la Méditerranée et de l’Espagne du nord. Sur le Chemin de Compostelle, vous n’en verrez guère. Il est encore une variété plus rare que vous verrez, l’érable argenté et ses magnifiques feuilles. Cet arbre est souvent un arbre d’ornement, à l’instar du platane.

L’érable plane ou érable platane est proche de l’érable sycomore ou érable faux-platane, mais s’en distingue par la forme de ses feuilles. La forme des feuilles est par contre très semblable à celle du platane, mais les fruits et l’écorce sont bien différentes. C’est au niveau des fruits que les différences entre platanes et érables sont marquées. Les érables froment des samares (akènes ailés) alors que les platanes forment des boules d’akènes poilues et serrées.

Erable plane

Tronc de platane

Samares d’érable plane

Fruits de platane

L’érable sycomore ou faux platane peut se présenter sous forme d’un grand arbre élégant, mais aussi souvent bifurqué à la base, à cause des rejets. Ces rejets peuvent être de grande taille, mais le plus souvent de petite taille, comme des buissons.

Erable sycomore droit

Erable sycomore branché

L’érable champêtre est souvent rustique, dense, à la lisière des bois, comme son nom l’indique. L’érable argenté, dit aussi érable de Virginie, à cause des son origine, est un très bel arbre d’ornement avec ses magnifiques feuilles très découpées.

Erable champêtre

Erable argenté

On reconnait assez aisément les érables à leurs feuilles et à leurs fruits. Mais, on ne dispose pas toute l’année des fruits. Alors le critère principal reste la feuille. Les formes sont diverses, mais bien reconnaissables, quoique certains arbres plus rares, peuvent avoir des feuilles assez similaires. La plus belle feuille est celle de l’érable argenté, très découpée.

Feuilles d’érable plane

Feuilles d’érable sycomore

Feuilles d’érable champêtre

Feuilles d’érable argenté
 Chez tous les érables, les fruits sont des disamares. Pour l’érable plane, les deux ailes sont pratiquement à 180 degrés. Chez l’érable sycomore, les deux ailes sont plus rapprochées. Les fruits des autres espèces sont aussi assez caractéristiques.

Samares d’érable plane

Samares d’érable sycomore

Samares d’érable champêtre

Samares d’érable de Montpellier

7. Le frêne est vraiment un bel arbre, dont l’avenir reste menacé.

 

Membre de la famille des Oléacées, le frêne est l’un des plus grands feuillus européens, pouvant monter jusqu’à 40 mètres. Son nom vient de “ fraxinus“, qui veut dire “lance “, et c’est de son bois qu’on faisait les lances. En fait on dit frêne mais il y a plus d’une vingtaine d’espèces. Dans nos pays, c’est le frêne commun, le grand frêne, le frêne élevé qui est nettement le plus répandu. En France, le frêne est surtout présent dans le nord-est du pays, près des contreforts du Masssif Central et dans les Pyrénées.

Adepte des sols frais et plutôt humides, il est souvent présent le long des cours d’eau et des lisières des forêts. En association avec le chêne, il forme des futaies appelées “chênaies-frênaies“ . Mais, il est aussi souvent associé à des aulnes près des points humides. On le trouve pour ainsi dire jamais dans les forêts serrées, mais à la lisière, quand il a de l’espace, il pousse, étroit et allongé, avec une belle ramure. Quand l’arbre est jeune, l’écorce du tronc est lisse, gris clair, mouchetée de tâches blanchâtres. En vieillissant, l’écorce se crevasse de profondes gerçures.

Frêne

Tronc de frêne
Les bourgeons sont très caractéristiques, noirs, et permettent à eux seuls d’identifier l’arbre. Les feuilles sont opposées, l’une en face de l’autre. Les feuilles de robinier leur rassemblent, mais, elles sont alternes sur la tige, c’est-dire décalées. Les feuilles sont vert foncé et glabres sur le dessus, un peu velues sur le dessous.

Bourgeons et feuilles de frêne

Feuilles de frêne
En été et en automne, vous n’aurez pas de difficulté à discriminer les frênes des autres feuillus, en regardant les fruits. Ce sont des samares plates, groupées en touffes. Et, de plus, elles restent sur les arbres en hiver, ce qui aide à reconnaître. Autrefois, le feuillage du frêne faisait partie de l’alimentation hivernale du petit et du gros bétail.

Samares de frênes

Samares de frêne

Nul ne sait pourquoi le frêne est un arbre sensible attaqué par de nombreux parasites sur la planète. Est-ce parce que c’est un arbre apparu assez tardivement sur terre ? Aux États-Unis, c’est l’agrile du frêne, un petit insecte parasite d’origine asiatique, gros comme une pièce de 1 cent, qui a déjà détruit des millions d’arbres. Selon les scientifiques, il faudra plusieurs décennies avant de l’éradiquer.

En Europe, au début des années 90, des dépérissements de frênes communs sont signalés en Pologne et en Lituanie. Il fallut attendre 2006 pour trouver l’origine du massacre. Le dépérissement est depuis attribué à un champignon, le Chalara fraxinea. Depuis, l’épidémie s’est épandue à toute l’Europe. Le premier foyer français est détecté en 2008 en Haute-Saône. Un deuxième foyer distinct est signalé dans le Pas-de-Calais en 2009. Progressivement, les zones contaminées se rejoignent et 39 départements sont touchés en 2012. La progression se poursuit toujours vers l’ouest, avec la découverte récente d’un nouveau foyer dans le Cotentin et de nombreux signalements en Grande-Bretagne. Il est déjà des régions, où tous les frênes ont disparu.

L’épidémie de chalarose impacte durablement les frênes, et compromet à court terme sa sylviculture. Pour l’instant, il n’y a pas d’antidote, et raser les arbres malades ne diminue en rien l’épidémie. A plus long terme, le maintien de l’espèce sur le territoire dépendra de sa capacité à vivre avec le pathogène. Ainsi, dans des peuplements fortement infectés, si certains individus sont constatés durablement exempts de symptômes, il est important de les signaler et de les préserver. Ces survivants pourraient devenir les fondateurs de prochaines générations capables de survivre en présence de la chalarose. La balle est aujourd’hui dans la main des chercheurs. Ces derniers savent que certaines souches génétiques sont plus résistantes que d’autres. Pour eux, les arbres résistants vont survivre, les autres périr. Ils prétendent que si la chalarose aura un impact économique et écologique majeur, cela ne remette sans doute pas la préservation de l’espèce. Affaire à suivre…

8. Dans le monde confus des acacias.

 

Acacia est un genre d’arbres et d’arbustes de la famille des Fabacées. Mais, c’est un mot qui prête à la confusion totale. En France, on désigne sous le nom “acacia“ un arbre totalement éloigné de cette famille, le robinier faux acacia de l’espèce Robinia pseudoacacia, et une autre espèce d’acacia est appelée mimosa des fleuristes, alors que cette dernière ne fait pas partie du genre Mimosa. Et pour corser le tout, en Suisse, on appelle souvent “acacia“ le sorbier des oiseleurs. Allez comprendre!

En fait, le nom acacia vient du mot grec akis signifiant pointe ou épine car de nombreuses espèces du genre, dont le robinier, ont des rameaux épineux.

Robinier

Sorbier des oiseleurs
Le nom latin de Robinia, adopté par le célèbre botaniste du XVIIe siècle, Linné, rend hommage à l’un de ses confrères parisiens, Jean Robin.

Le robinier peut atteindre 20 à 30 mètres de hauteur, avec souvent des branches tortueuses. Très souvent drageonnant, il peut aussi former des bosquets envahissants. Son tronc est de couleur gris-brun, avec une écorce épaisse profondément crevassée. Les jeunes branches sont épineuses et le feuillage caduc, assez dense, se forme tardivement et tombe tôt, laissant l’arbre complètement dépouillé la moitié de l’année. Les fleurs sont blanches, en grappes pendantes parfumées et mellifères. Comme les Fabacées sont les Légumineuses, les fruits sont des gousses aplaties, contenant plusieurs graines, comme le petit pois par exemple.

Feuilles de robinier

Fruits de robinier

Le sorbier des oiseleurs, qui fait partie de la famille des Rosacées, est présent dans toute l’Europe ou presque. Il est largement répandu même en haute altitude. En Suisse, il colonise les espaces des épicéas. Plus que tous les autres feuillus, le sorbier des oiseleurs est principalement répandu dans les forêts résineuses. Les deux tiers de ses individus colonisent les peuplements d’épicéa. Les fruits sont de petites drupes de couleur rouge vif. Vous ne pouvez le rater sur le chemin s’il porte des fruits.

Fruits de sorbier des oiseleurs

9. Sorbier ou alisier?

 

Les sorbiers et les alisiers appartiennent au genre Sorbus, de la famille des Rosacées. Ce sont des arbres de collines et de petites montagnes. Comment les distinguer? Les alisiers ont des feuilles simples, les sorbiers des feuilles composées.

Le sorbier torminal, appelé aussi alisier des bois, à un écorce gris- brun, fissurée. Il mesure entre 15 et 25 mètres, possède des fleurs blanches, donnant des graines appréciées par les blaireaux. L’arbre n’est pas rare, mais il est localisé de façon très éparse, associé à des chênes, des frênes ou des hêtres.

Le sorbier des oiseleurs est voisin du cormier, le sorbier domestique, rare sur les chemins de Compostelle, plus présent dans le midi, qui produit de petits fruits, appelées “cormes“, rassemblant à des poires.

Sorbier torminal

Sorbier cormier

Feuilles de sorbier torminal

Feuilles de sorbier des oiseaux

10. Finissons la ronde des principaux feuillus trouvés sur le chemin.

 

Les saules, les peupliers, les bouleaux, les sureaux, les noisetiers, tout promeneur connaît bien ces espèces. On trouve aussi parfois des pommiers sauvages, et des merisiers, qui sont des cerisiers sauvages. Alors, citons-encore le tilleul, qui existe aussi à l’état sauvage. On le reconnaît aisément à ses grandes feuilles en cœur, mais surtout à ses fleurs.

Le peuplier tremble, appelé souvent aussi “ tremble“ est un arbre de taille moyenne quoi doit son nom au mouvement de ses feuilles au vent. Au moindre coup de vent, les feuilles scintillent au vent, changeant de direction. On entend un bruissement général de l’arbre. L’État du Colorado en est couvert.

Tilleul

Tremble

Feuilles et fleurs de tilleul

Feuilles de tremble

Les conifères

 

Comme l’indique son nom, le conifère est un arbre qui porte ses fruits dans une enveloppe en forme de cône. Il en existe 650 espèces environ. Le pin, le genévrier, le cèdre, le cyprès, le mélèze, le thuya, le pin, le séquoia, l’if, le sapin et l’épicéa sont les plus connus et les plus présents d’une classe apparue sur terre bien avant les feuillus, il y a 300 millions d’années. Certains spécimens peuvent atteindre 5’000 ans d’âge, voire plus. Les suédois pensent avoir le record de longévité pour un vulgaire épicéa qui ne dépasse pas 4 mètres de haut, mais qui accuse tout de même 10’000 ans !

La plupart des conifères porte des cônes mâles et femelles sur le même arbre (monoïques), mais quelques-uns sont dioïques, voire trioïques. Le pollen est produit par les cônes mâles. Tous sont pollinisés par l’action du vent. Les graines des conifères se développent à l’intérieur des cônes femelles. Les cônes mettent de trois mois à trois ans pour atteindre leur maturité. Les cônes mûrs restent sur l’arbre pendant un temps très variable avant de tomber sur le sol. A partir de là selon les arbres, il y a divers procédés pour libérer les graines: le vent, les oiseaux.

1. Comment distinguer les sapins pectinés des épicéas?

 

Le sapin porte une bonne demi-douzaine de noms, mais c’est toujours le même arbre, de la famille des Pinacées. On l’appelle aussi souvent sapin blanc ou sapin commun. Le sapin pectiné est l’arbre européen le plus haut, pouvant monter jusqu’à 80 mètres. Il peut vivre jusqu’à 500 ans, avec un diamètre atteignant 2 mètres. On peut le retrouver jusqu’à 1800 mètres d’altitude. Le sapin a besoin d’humidité atmosphérique pour vivre. Il est souvent mélangé à des épicéas, des hêtres, des pins, voire à des mélèzes en altitude. La cime est d’abord conique, pointue puis ovoïde, comme le classique sapin Nordman, le sapin de Noël. Puis, en grandissant, il s’étale. Le tronc est droit, les branches horizontales. L’écorce est grise et lisse chez les jeunes pousses, puis elle se brunit et se crevasse avec l’âge, avec souvent de la présence de poix.

Dans l’esprit populaire, on confond sans vergogne épicéa et sapin. L’épicéa appartient aussi à la famille des Pinacées. C’est un conifère de grande taille à port pyramidal, dont à de la peine souvent à le distinguer du sapin, mais de manière générale, ses branches pendent en éventail. Autrefois, c’était le sapin de Noël classique, mais comme il perd ses épines une fois coupé, on lui préfère aujourd’hui le sapin de Nordman.

Sapin pectiné

Epicéa
Vous arriverez à distinguer les deux arbres en considérant les aiguilles. Les aiguilles de l’épicéa piquent, celle du sapin non. Le sapin produit des cônes mâles et femelles. Ce sont les cônes femelles qui sont grands et dressés, ce qui permet bien de distinguer le sapin d’un épicéa, où les cônes sont pendants. Chez l’épicéa, les deux cônes, mâle et femelle, pendent. Lorsque vous vous promenez dans la forêt et que vous voyez des pives, ce sont toujours les épicéas à l’origine. Les sapins ne produisent que des écailles. Alors, levez la tête, et vous verrez que sur le Chemin de Compostelle, aux altitudes où le chemin passe, ce sont surtout des épicéas, et non des sapins, que vous verrez.

Cônes de sapin

Cônes d’épicéa (pives)

2. Connaissez-vous le sapin de Douglas?

 

Le pin de l’Orégon ou « sapin de Douglas » comme il est également appelé à tort, ne fait pas partie de l’espèce des sapins (Abies). Il a été introduit en Europe au XIXème siècle par un pépiniériste britannique qui lui a laissé son nom : David Douglas

De la famille des Pinacées, comme les pins et les sapins, ce résineux est originaire des Rocheuses d’Amérique du Nord, mais qui était également présent en Europe avant l’ère glaciaire. Cette espèce fut découverte par un botaniste en 1792 dans une expédition scientifique. L’arbre peut atteindre 60 mètres de hauteur, faisant partie des arbres les plus hauts d’Europe. Il a une croissance rapide et peut également vivre jusqu’à 700 ans. Évidemment, les Douglas d’Europe n’ont pas cet âge canonique, ayant été importés assez récemment.

Du fait de sa croissance rapide et de ses nombreuses performances, des portions entières de forêts ont été entièrement plantées avec cette espèce. On en trouve encore peu en Suisse, mais beaucoup plus dans certaines parties de la France. Quand vous passerez près d’une de ces forêts, vous aurez l’air d’un nain, le regard collé au ciel. Ses aiguilles sont souples et arrondies, ne piquent pas et de plus diffusent lorsqu’on les frotte un parfum qui fait penser au citron. Les cônes sont allongés, et pendent comme ceux de l’épicéas. Les écailles sont plus longues et plus claires. Les écailles s’ouvrent comme chez tous les conifères pour libérer les graines.

Sapin de Douglas

Cônes et aiguilles de Douglas

3. Des pins, il n’y a guère qu’une seule espèce sur le chemin de Compostelle.

 

Sur le chemin de Compostelle, vous allez croiser nettement plus de pins sylvestres que de pins maritimes, avant de rejoindre les Pyrénées. Et encore, des pins maritimes, vous n’en verrez guère. Le pin sylvestre, de la famille des Pinacées, peut se confondre avec le pin maritime. A l’œil, à première vue, c’est le même arbre, mais il s’en distingue par deux caractères morphologiques faciles à observer: la taille des aiguilles et celle des cônes femelles.

Pin sylvestre

Pin maritime
Chez le pin sylvestre, les aiguilles sont groupes par deux, comme chez le pin maritime. Mais elles sont plus petites (5 à 6 cm au lieu de 10-15 cm), et surtout elles sont tordues.

Aiguilles de pin sylvestre

Aiguilles de pin maritime
Les cônes mâles et femelles sont généralement plus petits chez le pin sylvestre que chez le pin maritime.

Cône mâles du pin sylvestre

Cône mâles du pin maritime

Cônes femelles de pin sylvestre

Cônes femelles de pin maritime

D’autre pins comme le pin parasol ou le pin mugo, vous n’en verrez pas. Pour les pins parasols, il faut descendre au midi et même plus bas, à Rome par exemple. Le pin mugo est un pin rabougri, qui pousse comme un buisson sur les montagnes.

Les arbustes

 

Quand on estime le nombre de plantes des campagnes et des sous-bois à près de 2’000 espèces, évidemment on n’en fera pas le tour. Mais certaines reviennent en plus grande fréquence, du moins à ce que voit l’œil. Bien évidemment, l’aspect de ces plantes, et des plantes en général, les arbres y compris, peut être très différent d’une période à l’autre. Cela dépend du moment où vous les rencontrerez, au printemps, en été ou en automne.  Alors, regardons d’un peu plus près quelques arbustes que l’on verra souvent le long des chemins.

1. Buissons et arbustes épineux

 

A tout seigneur, tout honneur. Débutons avec la ronce que l’on trouve en abondance dans les haies et les champs mal entretenus, plus rarement dans les forêts denses. Par bonheur, les chemins de Compostelle sont bien entretenus, sinon ils seraient envahis par les ronces en de nombreuses régions. La ronce est une rosacée, une famille nombreuse qui réunit plus de 3’700 espèces, comprenant plusieurs genres, qui ont tous la particularité de posséder des feuilles dentées et une fleur à cinq pétales, porteurs d’étamines soudés à la base. Avec une définition si botanique, on ne voit guère ce qu’il y a de commun entre une ronce et une pomme. Et pourtant! Les fraises, les mûres, l’églantier, la rose et la plupart des arbres fruitiers sont des rosacées. La plupart des espèces porte des fruits, mais ce n’est pas le cas de toutes.

La ronce se développe par marcottage naturel, les tiges secondaires se réimplantant au sol pour donner de nouvelles plantes. Son intérêt et bien sûr qu’elle produit des mûres sauvages, très appréciées des oiseaux et des promeneurs.

Ronce

Feuilles de ronce

Fleurs de ronce

Fruits de ronce (mûres sauvages)
Le framboisier sauvage ou cultivé est aussi une rosacée, proche des ronces et des mûriers, le cultivar des ronces. Certes, il pique moins que la ronce, mais il pique aussi. On le trouve souvent en association avec les ronces dans les talus denses.

Framboisier

Feuilles de framboisier

Fleurs de framboisier

Framboises
Il existe plus de 400 espèces d’aubépines, qui sont aussi des rosacées. Certaines sont des cultivars, mais de nombreuses espèces poussent à l’état sauvage en lisière de bois, dans les haies. Leur aspect épineux est assez rebutant. Ses fruits sont des baies rouges, les cénelles, qui arrivent à maturité en septembre, très appréciées des oiseaux. On utilise les fleurs et les fruits pour des sirops ou des tisanes pour les maux de gorge ou pour le cœur.

Aubépine

Feuilles d’aubépine

Fleurs d’aubépine

Fruits d’aubépine
L’églantier est aussi une rosacée. Cet arbuste épineux, que l’on nomme aussi Rosier des chiens, se trouve surtout dans les haies et les talus. Il produit une fleur délicate, l’églantine, et le cynorrhodon, le fruit que tout le monde connaît.

Eglantier

Feuilles d’églantier

Fleurs d’églantier

Fruits d’églantier (cynorhodons)
Le prunelier, dit aussi épine noire, épinette, pour les appellations principales, est encore une rosacée. Comme l’aubépine, il peut former des haies et des taillis inextricables. Les bovins et les ovins n’apprécient ni les épines ni les fruits, qui font le régal des oiseaux. On utilise parfois cet arbuste comme porte-greffe pour les pêchers et les abricotiers.

Prunelier

Epines de prunelier
On inclura aussi dans cette catégorie d’arbustes épineux, le genévrier. Le genre Juniperus, appartenant à la famille des Cupressacées, est un conifère. Il comporte une bonne vingtaine d’espèces aux aiguilles piquantes ou avec des feuilles en écailles. Dans nos régions, ce sont surtout deux espèces qui dominent, le genévrier commun et le genévrier oxyèdre, dit aussi genévrier cade.

Le genévrier commun va d’un buisson touffu étalé et irrégulier à celui d’un arbuste élancé de quelques mètres à port conique. On le trouve partout sur le chemin de Compostelle. En France, on ne le trouve pas en Bretagne, mais dans les garrigues où il peut se confondre avec le genévrier cade, souvent un cousin de taille plus élevée, le genévrier roi des maquis méditerranéens. A première vue, les deux arbres se ressemblent, mais il y a un moyen de les différencier, car la face interne des feuilles du genévrier commun n’a qu’une bande claire, celle du genévrier cade deux. Ensuite, les baies sont différentes. En fait, ce ne sont pas des baies au sens botanique du terme, car une baie est juste un fruit charnu avec une graine, un pépin ou un noyau. Le genévrier étant un conifère produit des “cônes“, mâles qui sont petits, et femelles plus gros. Ces derniers étant fécondés, les écailles du cône se soudent pour former un cône vert qui bleuit avec le temps. Les “baies“ du genévrier commun sont bleues, presque noires à maturité. Ce sont les baies de genièvre du commerce, les baies de la choucroute, des fumets de poisson. Utiles aussi pour la digestion. Les baies du genévrier cade, sont plus grosses et brun rouge à maturité. Les deux baies entrent dans la composition d’alcool, de genièvre et de gin en particulier.

Genévrier commun

Genévrier cade

Baies de genévrier commun

Baies de genévrier cade

D’autres arbrisseaux épineux, dont certains nerpruns sont plus rares ou plus discrets sur le chemin de Compostelle. Ils sont plus présents dans les garrigues. Les ajoncs couverts d’épines acérées, vous n’en verrez pas sur le chemin. Il faut aller en Bretagne ou en Méditerranée pour les trouver. Les figuiers de Barbarie, vous n’en verrez pas non plus dans les régions traversées.

2. Buissons et arbustes bienveillants

 

Le charme est une espèce rustique et une essence forestière importante. A l’état sauvage, il forme des taillis serrés et peuple les sous-bois de forêts. Évidemment, les graines des samares permettent l’expansion de l’espèce et la formation de nouveaux arbres isolés. Mais il y a un fait additionnel important pour la formation des haies et des taillis dans les sous-bois ou à la limite des sous-bois. En effet le charme rejette très bien de souche. Et dès lors, dans les régions où l’espèce abonde, il constitue dès lors la majeure partie des arbrisseaux des taillis. C’est ce qu’on appellera “ charmille“, même si la définition d’une charmille n’est pas claire et suppose plutôt une haie organisée de petits charmes. Et le plus souvent, ces charmilles accompagnent les chênes et les hêtres. Comme les pousses de charmes sont résistantes aux parasites et au gel, elles ont tendance à étouffer les jeunes semis de chênes, dans les futaies. De plus, comme la fructification est quasi annuelle, abondante et facilement dispersée par le vent, le charme a tendance à éliminer les essences de lumière comme le chêne. Il n’y a que l’homme qui puisse intervenir en limitant les charmilles des taillis pour favoriser la sylviculture d’autres espèces. Mais, pour le randonneur, c’est un plaisir de marcher le long des taillis de charmes. C’est de loin l’arbuste le plus répandu sur le chemin de Compostelle, dans de nombreuses régions.

Charmille

Charmille
Les buis, tout le monde les connaît dans les parcs et les jardins. Mais, il est de nombreuses régions sur le chemin de Compostelle qui sont couvert par ces arbustes. Il existe plus de 100 espèces de cet arbuste. Chez nous, c’est le buis commun qui se trouve partout.

Buis

Feuilles de buis
Les cornouillers appartiennent à la famille des Cornacées (durs comme la corne). Il existe 30 à 50 espèces de ce genre, le plus souvent utilisées pour décorer les haies des jardins. Le plus connu est le cornouiller mâle (Cornus mâle). On ne sait pourquoi on l’appelle ainsi, puisqu’il n’y a pas de cornouiller femelle. On l’appelle aussi cornouiller sauvage, corbier ou encore cornier. C’est souvent un arbre mais il peut aussi se présenter en buisson. On le trouve partout en Suisse et en France, dans les bois et dans les haies. De nombreuse vertus thérapeutiques, diurétiques et stimulantes naissent de ses fruits rouges, des drupes à noyau.

Comment peut-on repérer les cornouillers, si on ne les connaît pas ? Les espèces de cornouiller présentent des différences importantes au niveau du port, des fleurs et des fruits, mais leurs feuilles sont construites sur un plan très constant. La feuille est ovale avec une nervure médiane très visible d’où partent des nervures secondaires arquées qui se rejoignent presque à l’extrémité de la feuille. Une caractéristique des feuilles que l’on peut expérimenter sur place est la suivante: si on tient la base de la feuille et que l’on tire sur la partie distale pour la casser, les deux morceaux se séparent mais restent accrochés par de fins filaments.

Cornouiller mâle

Feuille de cornouiller
Voici deux autres représentants de cette famille nombreuses, qui sont le plus souvent des buissons. Le sanguin, on l’appelle ainsi car ses feuilles deviennent rouges en automne. Il est rare sur le chemin.

Cornouiller rugueux

Cornouiller sanguin
Le troène appartient à la famille des Oléacées et comprend plus de 50 espèces. Aujourd’hui, comme il est devenu une plante de haies, on trouve de nombreuses espèces importées de l‘étranger, car elles restent vertes toute l’année. Mais il existe une espèce de chez nous, le troène commun, une espèce qui adore les sou-bois et les chênes. Vous en verrez en nombre sur le chemin.

Les feuilles sont ovales, lancéolées et assez luisantes, caduques. L’arbrisseau fleurit en juin et produit des fruits toxiques pour l’homme.

Troène

Feuilles de troène
Les viornes, qui appartiennent à la famille ses Adoxacées, sont aussi souvent présentes à la limite des sous-bois, des bois clairs et des broussailles. Aujourd’hui de nombreux cultivars de ces espèces sont présent dans les jardineries à cause de leurs fleurs. Les plantes, contenant plus de 200 espèces dans le monde, font partie du genre Viburnum (du latin, lier, fixer), car on a utilisé longtemps les rejets de ces plantes en vannerie ou pour la confection des flèches. La viorne obier peut être un arbuste de haute taille, avec de larges feuilles. Les fleurs blanches forment des ombelles de mai à juillet, et les fruits sont des baies rouges non comestibles. La viorne lantane qui possède des rameaux très flexibles, est aussi utilisée en vannerie. Les feuilles, caduques, sont ovales et dentées, de couleur vert grisé. Leur face inférieure est recouverte de poils

Viorne obier

Viorne lantane
Nul n’est besoin de commenter sur d’autres arbustes que vous connaissez sans doute et que vous verrez de temps à autre, comme le lierre sauvage, les genêts, les petits saules, le houx, le chèvrefeuille ou le sureau. De la bruyère, vous n’en verrez pas tous les jours. Par contre des cistes, des arbousiers, des euphorbes, des pistachiers, des filaires, des lentisques, vous n’en verrez pour ainsi dire pas sur les Chemins de Compostelle présentés ici. Ce sont des plantes de maquis méditerranéennes ou parfois des côtes de Bretagne.

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