GR651 Etape 4 – texte compact

Retour par le causse et le Lot à Cahors

 

Didier Heumann

Milena della Piazza

A Bouziès, nous quittons le GR651 pour une embrouille de chemins dont le GR36, le GR46 et de nombreux raccourcis,  fléchés ou non. Il y a vraiment de quoi se perdre, si on ne sait pas où on va ! Alors, un peu de nomenclature, s’il vous-plaît. A Figeac passe le GR65, qui se confond aussi avec le GR6 depuis St Chély d’Aubrac. Le GR6 vient du Gard et remonte vers le nord, en passant à Rocamadour depuis Figeac. Vous connaissez bien maintenant la variante de la vallée du Célé qui est le GR651 qui s’achève à Bouziès. Alors voici le problème posé par le GR36/46, une fois que le GR36 et le GR 46 fusionnent peu après Varaire.  En fait ce chemin est commun dans la région. Puis les deux chemins se séparent à nouveau. Le GR46 remonte vers le nord, via Rocamadour. Le GR36 passe à Cahors et continue vers l’ouest.

Depuis Bouziès, l’étape classique qui va vers Cahors rejoindre le GR65 du Chemin de Compostelle se pratique avant tout sur le GR36.

Aujourd’hui, les dénivelés ne sont pas très élevés pour une si longue étape (+653 mètres/-665 mètres). Mais, il faudra à nouveau affronter le causse, même si une variante par la voie de chemin de fer permet d’éviter le premier causse. Mais, le deuxième causse est inévitable. Une fois le causse passé, ce n’est plus qu’une descente et une  longue promenade le long du Lot jusqu’à Cahors.
Faites attention à vous logements sur cette étape. Il n’y en a que trois jusqu’à Cahors.

A la sortie de Bouziès, le GR36/46 suit sur le goudron le long de la voie ferrée désaffectée et de la rivière.

Ici, c’est la campagne ouverte, avec quelques bouquets d’arbres, dans une poésie qui n’est que réalité. Les prairies succèdent aux  prairies, les champs d’asperges succèdent aux champs de tournesol et de colza. De l’autre côté de l’eau, derrière les arbres qui longent la voie de chemin de fer, on aperçoit Bouziès Bas.

Près de Bajouve, la route fait faux bond à la campagne pour le sous-bois. Nous cheminons dans la plaine, en longeant le Lot, assez sale ici. A côté, la voie ferrée se meurt de sa belle mort, sous les buissons qui l’envahissent petit à petit.

Puis, à l’approche de Port Lalèque, la campagne reprend un peu ses droits. Ici, les champs se diluent dans un horizon qui s’ouvre et s’étend sous les petites collines du causse.

On y voit même de la vigne. Ce n’est sans doute pas ici que l’on dégustera les meilleurs Cahors. Par contre, pour les asperges, c’est une autre histoire. On les dit succulentes. Les bordures du Lot sont riches d’ondulations noires où se cachent les asperges. La plaine n’est pas très fertile, plutôt sablonneuse, légère et bien drainée, soit le terreau adéquat qui permet à ces longues tiges souterraines de s’allonger à la recherche du soleil. Mais, si on leur laisse trop prendre le soleil, leur tête tourne au vert-violet. Alors, les amateurs d’asperges blanches sont désappointés. Que faire ? Hélas, la solution, ce sont ces horribles bâches de plastique noir qui défigurent les berges au printemps.

Peu avant Port Lalèque, le GR36/46 quitte le goudron pour un petit chemin forestier au bord du Lot. Derrière les entonnoirs de verdure que font les chênes, la lumière joue avec l’eau calme de la rivière, où brillent rarement quelques saules et quelques aulnes.

Nous arrivons à Port Lalèque. De l’autre côté de la rivière, c’est le village des Masseries.

Peu après Port Lalèque, près du pont du chemin de fer, voici que se présente un carrefour stratégique.

C’est ici que le GR36/46 se décide à quitter la plaine et à remonter sur le causse. Et le causse, ici, ce n’est pas rien. Il culmine à 350 mètres, l’altitude la plus élevée sur la variante de la vallée du Célé. De nombreux marcheurs optent pour une autre solution: la voie ferrée, qui est ici désaffectée. C’est une option. Après deux ou trois jours de chemin casse-pattes, certains trouvent plus raisonnable de cheminer à plat. Une voie de chemin de fer, quelle que soit la topographie des lieux, c’est plat, cela ne monte pas sur les causses. Cela traverse les rivières sur des ponts. Sans détours ! Cela vous fait gagner des kilomètres. Il suffit de poser ses pieds sur les traverses de chemin de fer et avancer.  Et puis, c’est un nouveau type d’expérience, non ? C’est tout à la fois grandiose, ludique, et décapant. Alors, allons-y gaiement et laissons aux vrais amateurs le plaisir d’affronter encore une fois un autre causse, les montagnes russes sur les cailloux du sentier.

La voie ferrée, oui, mais voilà !  La végétation, personne ne l’arrête, si ce n’est le jardinier. Laissée à elle-même elle pousse lentement, mais inexorablement, jusqu’à envahir et enterrer  le travail des hommes.

Au début, tout semble facile. Le pied trouve rapidement son rythme, à marcher d’une traverse de chêne à l’autre. Les rares buissons ne gênent en aucune manière la progression.

Bientôt, la rivière s’annonce devant soi. Sincèrement, peut-on imaginer rien de plus exaltant que cet amphithéâtre de beauté qui se dessine derrière les arches du pont sur la rivière? La forêt de chênes descend du causse pour mourir dans le fleuve. Le Lot, qui serpente en dormant, tend ses bras aux douces collines touffues. Le vert épais de la forêt fait un contraste frappant avec la luminosité de la rivière, sur laquelle le ciel vient se pencher amoureusement jusqu’à l’épouser. Oui, ici l’âme s’étend avec le regard.

A la fin du pont, sur le rail, les affaires ne s’arrangent pas, plutôt se gâtent. D’ici quelques années, plus personne ne passera ici. Il faudra faire un usage extensif de la machette, à moins que les autorités chargées du tourisme y fassent une intervention salutaire. Mais oui, il y a une voie de chemin de fer ici ! Si vous ne voyez plus le rail, concentrez-vous sur les cailloux du ballast ! Si vous trouvez le chemin trop encombré (et ce sera le cas….), vous pouvez tout aussi bien suivre la départementale qui longe la voie de cemin de fer, dès que vous la rejoindrez.

Mais souvent, le rail reste visible. Ce petit jeu dure jusqu’à atteindre Le Pont. Ici, il faut impérativement quitter le rail et rejoindre la route. A partir du Pont, c’est juste infaisable de suivre la voie de chemin de fer. C’est du moins ce que conseillent les habitants sur l’étape.

Depuis Le Pont, une route goudronnée permet de traverser  le Lot sur l’autre rive, là où le GR36/46 redescend du causse dans la campagne ouverte.

Et toujours, la magie de cette majestueuse rivière, que nous allons quitter pour remonter une dernière fois sur le causse.

Le GR36/46 part sur une petite route goudronnée au-dessus des berges avant de monter plus rudement sur Pasturat, petit village agricole au bas du causse.

On peut se loger à Pasturat. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 4: logements, restauration).

Le GR36/46 fait quelques virages dans le village, monte au-dessus du village en suivant une petite route goudronnée, puis un sentier caillouteux, en direction du causse de Pasturat. Il grimpe dans la forêt,  au milieu des chênes, droits comme des fantassins. Ce n’est pas pour autant que la pente va fondre. C’est assez raide, pour dire vrai.

Le chemin va remonter vers une altitude avoisinant les 300 mètres. A mesure que l’on monte, le paysage s’élargit et le causse s’évase, comme à son habitude, dans le vert riant des prairies, les arbres et le buis qui se dispersent. Nous sommes au causse de Pasturat, là où le GR36/46 prend la direction des Mazuts.

Cette éminence n’est pas escarpée, mais ronde et large, partout ombragée par les bois. Au printemps, la nature fait éclore ici sur les collines une multitude de fleurs aux couleurs variées. Pour certains marcheurs, l’amour de la campagne et de la forêt devient une passion effrénée. Nul n’est besoin d’être botaniste pour humer l’odeur des fleurs, pour sentir au printemps l’odeur des bourgeons qui embaume les forêts.

Le GR36/46 va longer la crête, tourner dans une boucle du Lot, direction Béars et Vers. Aucun signe de vie humaine dans ces grandes landes austères couvertes de buis et de chênes. Les chemins appartiennent au pèlerin, entre des arcades de chênes où la lumière ne passe guère et  les clairières qui, de loin en loin, trouent cette grande nappe touffue.

Pour parvenir à  apercevoir la vie en-dessous, dans la vallée, il faut grimper sur les murets recouverts de mousse, ou alors écarter de ses bras les branches des chênes.

Alors, le chemin en a fini de musarder sur la crête et se met à descendre  franchement vers de nouveaux horizons. Et ce sont  à nouveau les genoux qui craquent, les pieds qui souffrent sur les rudes pierres du chemin.

Parfois, la roche affleure et les chênes font toujours face à ces rudes paysages. D’ici, on jouit des sinuosités hardies que fait le bois en descendant des hauteurs.  Puis, la forêt s’ouvre presque brusquement et la lande refait surface. Dans la plaine, coule le Lot, presque immobile.

Nous sommes près de Béars que l’on aperçoit tout proche. Nous avons atteint l’endroit où les deux chemins se séparent. Le GR46 passe à Béars, file au Nord via Vers et Rocamadour. Le GR 36 s’éloigne du Lot, part direction les Mazuts, vers Cahors.

De la bifurcation de Béars, le GR36 redescend dans la vallée sur un large chemin caillouteux en suivant la crête. Des chemins de cette espèce, maintenant votre rétine les a fixés pour toujours. Immuables, entre des sentinelles de chênes des deux côtés. Dans la vallée, il  rejoint le goudron, autre caractéristique fréquente qu’il faut apprivoiser aussi sur le chemin. Il n’y a jamais ici d’horizon ouvert, que la répétition de collines boisées qui se perdent indéfiniment d’un causse à l’autre.

Il nous faut monter pour rejoindre les Mazuts. Alors vive le goudron et les sentiers en sous-bois. Parmi ces derniers, il  en est un qui mérite le Premier Prix des Chemins de la variante du Célé.  A 35% de pente, sur les petits cailloux blancs, au milieu des herbes folles et des orties, avec juste l’espace qui permet de poser ses semelles, tout cela ne mérite-t-il pas un prix ?

Au sommet du causse, le sentier rejoint la route goudronnée qui mène à Les Mazuts, et aussi la départementale D8 qui mène à Cahors, en passant par Arcambal.

Aux  Mazuts, on peut aussi trouver à se loger. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 4: logements, restauration).

Depuis le carrefour, le GR36 part en forêt en descente légère, et souvent sur un chemin assez caillouteux, au milieu des chênes et des herbes folles. Il y a même un petit passage sur le goudron. Cela vous permettra d’aplanir vos cloques, si vous en avez !

Les gros cailloux de calcaire gris et ocre, vous les avez déjà appréciés à la montée. A la descente vous allez  être comblés. Il n’y a pratiquement que cela. Mais, la forêt est belle, généreuse, au milieu des chênes et des frênes, bien que la pente ne soit pas toujours, elle, généreuse.

Le GR36 va rester sur les cailloux jusqu’à rejoindre une petite clairière. Les chevreuils tiennent-ils conseil ici ?

Alors, le chemin devient plus large et plus sage, dans la forêt. La pente, plus douce, aussi. Les hêtres et les frênes prennent de plus en plus la place des chênes. Décidément, les chiens apprécient la compagnie des pèlerins. Souvent, ce sont les Golden Retrievers les plus grands amateurs. Ici, ce sera un bâtard qui nous fera un brin de causette, des kilomètres durant.

Un peu plus bas, le GR36 sort de la forêt en arrivant à Galessie Bas. Le chien est déterminé à continuer plus loin.

A Galessie Bas, nous sommes à deux pas du Lot. Un chemin descend dans les herbes, les buissons et les feuillus vers la rivière. Ici, nous sommes à 1.7 km de l’écluse d’Arcambal, juste après l’autoroute.

Juste un peu plus loin, une direction est donnée pour la mairie d’Arcambal. Pourquoi aller à Arcambal alors que le chemin n’y passe pas?  Ici, on trouve aussi à se loger. Le restaurant semble aujourd’hui fermé. Il y a un point d’eau aux WC publics et une boulangerie, parfois ouverte (attention aux horaires !). Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 4: logements, restauration).

A partir d’ici, c’est la plaine jusqu’à Cahors. Les champs d’asperges se multiplient sur la plaine, au bord de la rivière. C’est l’asperge blanche la plus cultivée. La récolte se fait sur une courte durée, d’avril à fin mai, pour ne pas épuiser la plantation. La durée d’une aspergerie est d’environ 8 ans. Ici, les jeunes griffes viennent surtout de Hollande. Il n’y a pas de vraie récolte avant 3 ans. La cueillette est totalement manuelle, au petit matin, quand on relève légèrement la bâche. Tout ceci explique le prix relativement élevé de ce légume.

Aspergeries et champs se succèdent jusqu’à l’autoroute. L’autoroute A20, l’Occitane, qui descend de Limoges, via Brive et qui va vers Toulouse passe ici, près de Cahors. Le chemin passe sous les piliers du pont de l’autoroute sur le Lot.

La paix règne un peu plus loin  à l’écluse d’Arcambal. Seules les cannes à pêche viennent troubler l’eau calme du fleuve. Parfois, un éclusier est à l’oeuvre pour remonter ou descendre les bateaux.

Attention ! Ici, près de l’écluse, il faut choisir la variante du GR36 qui longe la rivière. Le GR36, lui, contourne Cahors. La variante s’enfonce dans les sous-bois, le long de la rivière. Les maraîchers occupent l’espace quand la forêt se retire.

Mais le plus souvent, le petit sentier longe les arbres fruitiers ou de  grands champs,  en labour au printemps.

Sur le bord de la plaine, le vert des frondaisons se noie dans le dégradé des bleus et des verts profonds du Lot qui respire et s’étire, tranquille et  paresseux.

Parfois, mais rarement, le sentier remonte en sous-bois. Ici, un paysan  a peur pour ses poules.

De l’autre côté de la rivière, on passe près de Laroque-les Arcs, qui  semble un assez beau village au bord de l’eau, avec quelque chose qui ressemble à des ruines d’un château.

Le bourg de Laroque-des-Arcs disparaît alors progressivement de la vue.  Encore une écluse sur la rive et quelques pêcheurs. On nous dit que c’est le coin idéal pour taquiner la carpe, le sandre ou le brochet. D’autres leur préfèreront la perche ou le poisson-chat.

Cahors s’annonce, du moins sa périphérie. On voit s’activer les jardiniers du dimanche. De véritables paradis au bord de l’eau.

Voici à nouveau la voie ferrée. Cahors, terminus ! Ne vaut-il pas mieux utiliser un moyen de locomotion plus sûr pour arriver à la ville ?

Bientôt arrivent les faubourgs plus habités de Cabessut, mais ici les maraîchers ont encore leur mot à dire, au milieu des petits pavillons qui se multiplient.

Sur la droite du fleuve, la cité de Cahors se profile. Il n’est que de traverser le pont de Cabessut pour entrer en ville, près de la cathédrale.

Pour une visite de Cahors, et pour les logements dans la cité, reportez-vous à l’étape normale du GR65: De Vaylats à Cahors.

Pour revenir aux détails du parcours.

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